olga

Olga stinks, Olga is a stinker  very much




dearjane

Dear Jane, yesterday I found out Jack loved you, then you treated him mean and he felt for another girl. (for real)
He goes around with her and says shes a dream.

La fondation Henri Cartier-Bresson, sise dans une belle villa d'une impasse du 14 e arrondissement de Paris, expose en ce moment une sélection de photographies de la merveilleuse Helen Levitt. Toujours en vie, cette New-Yorkaise de 94 ans a passé sa vie à arpenter les rues de sa ville, dans la mouvance d'un Walker Evans ou d'un James Agee, en se focalisant sur les enfants et leurs jeux, du noir et blanc à la couleur.

Lors de mon voyage à New York, j'avais adoré sa photo d'un dessin à la craie " button to secret passage" et c'est encore ses "chalk drawings" que j'ai préférés ici. Une très belle série prise entre 1938 et 1948, dans un quartier bien précis,  Spanish Harlem, où coexistaient Noirs et Blancs. Ce qui impressionne le plus, c'est la capacité des enfants à s'exprimer dans l'espace public : outre les dessins, ils couvraient les murs de phrases, qui n'avaient rien de laconiques obscenités ou d'insultes. C'étaient de véritables messages, parfois fort longs,  destinés à être lus par le voisinage et qui supposent toute une struture sociale révolue, une streetcorner society où vieux et jeunes étaient mélangés, vivaient dehors, sous le regard les uns des autres, dans un environnement pas encore ravagé par la violence. D'une écriture scolaire appliquée, avec des coquetteries typographiques, elles sont toujours très drôles.

Je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer quelques-unes.

- "PAUL IS A SORE LOSER. PAUL THINKS HE'S AN ATHLETE"
- Flash : Teresa Rondino loves Eddie Hubber. But he hates her. She is heart brocken.
- I AM A KILLER
- MAY AND JUNIOR WET OUT TO THE STOR AN SPENT 10$ A TREW STORY
- Starving companion
- A DECETIVE LIVES HERE


Cette façon de prendre au sérieux la pensée et l'imagination des enfants, sans en faire pour autant de petits rois visionnaires, a quelque chose de profondément réjouissant. Helen Levitt a une façon toute simple de parler de son choix : "c'était un bon quartier où prendre des photos, en ces temps d'avant la télévision". Et il est indéniable qu'aujourd'hui les "temps de cerveau"  des enfants sont utilisés ailleurs que dans la rue, le spectre du pédophile, agité par les médias, parachevant leur enfermement.




Exposition Helen Levitt.
Fondation Henri Cartier-Bresson
impasse Lebouis, Paris XIVe

Jusqu'au 23 décembre