Volgare

Une page d'un registre des morts classés par quartiers, noms de famille et dates de naissance écrite par un employé des Offices de Florence en 1601.
La présentation de la police Volgare créée en 1996 à partir de la cursive florentine par le designer typographe Stephen Farrell.
Transformer une écriture manuscrite ancienne en police pour l'ère digitale suppose de réinterpréter un geste privé ancré dans le corps d'un individu du passé. Sur le papier, la plume a enregistré sismographiquement les états changeants du scripteur : vigueur, fatigue, rêveries, concentration, lassitude. Là rapide et alerte, ici appuyée et traînante, autant de traces de la corporéité d'une main vivante. Que deviennent ces marques physiques quand une écriture est transformée pour un usage collectif, régulier, répétable, mécanique ?
Stephen Farrell explique qu'il a dû traiter la source comme un standard à partir duquel élaborer une variation: effacer certaines caractérisitiques pour en accentuer d'autres. Il a ainsi augmenté la vitesse de l'écriture et, dit-il joliment, le son de la plume grattant sur la surface rugueuse du papier.
L'écriture manuscrite digitale, souligne-t-il encore, permet un bien étrange exercice : se glisser anonymement dans la main d'un autre - un mort - comme si l'on enfilait un gant et ce faisant, détacher l'écriture de cet individu de l'acte qui en est à l'origine pour l'inscrire dans une autre temporalité.

Autres œuvres de Stephen Farrell
via Cartolleria
Commentaires sur Volgare
- Ah! l'écriture manuscrite ?

Dans nos sociétés où la vitesse est de rigueur et ou l’illettrisme est un fléau, je trouve rafraîchissant de voir un graphiste tenter de recréer une écriture du 15ième siècle avec, en plus, dans la tête le son que fait une plume - d’oie (je suppose) - sur le papier ; par contre, je ne crois pas un instant que l’utilisateur de ce graphisme puisse pénétrer dans l’âme de l’auteur original, le clavier est un outil mécanique sans âme justement, rapide, efficace, c’est tout ce qu’on peut lui accorder.
J’écris beaucoup, tous les jours : je corrige, j’efface, je reviens en arrière, je recommence, le produit fini est nickel, alors que si je l’avais écrit à la main, on verrait les ratures, les fautes d’orthographe, les hésitations, les biffures, le texte serait illisible, mais oh ! combien humain ?
Sur un écran ou dans un livre on voit le produit fini, et non pas la somme d’efforts que cela représente.














Un cordial saludo.