Le Divan Fumoir Bohémien

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samedi 31 janvier 2009

Archéologie du futur







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"Archéologie du futur", c'est le titre qu'a choisi Li Edelkoort pour  présenter à l'Institut néerlandais  vingt années de travail, vingt années où elle a contribué à structurer l'activité de chasseuse de tendances, en quête des indices du futur dans le présent. L'ancienne étudiante des beaux-arts d'Arnhem est devenue une redoutable femme d'affaires, ayant transformé son flair et son goût très sûr en empire au service de l'industrie et des services,  à travers la vente de cahiers de tendances, de consultations, d'expertises, de conférences et de séminaires mais aussi de revues  aussi splendides que ruineuses comme Bloom  ou View on Colour.





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Cahier de tendances d'Imke Klee , collaboratrice de Trendunion




Bien sûr, il ne faut pas espérer avoir des précisions sur ses méthodes de travail. L'exposition est construite autour de douze thèmes (flore/ faune, rural/ urbain, âme/ corps, local/global, tribal, narration, alchimie, armure, amour, rose , robe, teddy bear mania) représentatifs des tendances lourdes des deux décennies passées, accompagnés de textes d'un tel niveau de généralité qu'ils tournent parfois à la prophétie  pompeuse.

 



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Des analyses élaborées dans le secret de son studio parisien, boulevard saint jacques, on ne  saura rien. Les interviews et les textes de Li Edelkoort laissent deviner une observation fine du quotidien alliée à un décorticage conceptuel poussé. Le postulat de départ est que des domaines que nous avons tendance à considérer comme séparés doivent être pensés comme étant au contraire fortement intégrés : architecture, nouvelles technologies, urbanisme, mode, tourisme, alimentation, décoration, loisirs. Ainsi lui est-il possible de bâtir des prévisions autour des notions  d'encapuchonnement (hooded) ou  de sans fil (unplugged).

Dans de petites pièces ou de plus grands espaces, sont mis en scène pièces de design (avec une prédilection pour les créateurs hollandais, cela va sans dire), vêtements,  livres, photographies, objets de la vie quotidienne, sculptures tels ces superbes  pains, hommage  de Marcia Nolte à la Venus de Willendorf ,ou les tapis aux motifs surdimensionnés de la facétieuse Kiki van Eijk.





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Mais l'aspect le plus fascinant de son travail réside sans doute dans ses vidéos de présentation des tendances, diffusées sur de discrets écrans. Deux images mises côte à côte défilent sur fond musical  : le regard est aimanté. Entourée des meilleurs photographes et des meilleurs graphistes, comme Anthon Beeke, elle a su, semble-t-il, tirer l'essentiel de sa force de la mise en scène de l'image.

 

 

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Une double page de la revue Bloom. Photo  : Philippe Munda / stylisme : Nelson Sepulveda


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Romain Lienhardt. Bloom #12




 

jusqu'au 8 mars, à l'Institut néerlandais, 121 rue de Lille, Paris VIIe

pendant la durée de l'exposition, les numéros de Bloom anciens et nouveaux  sont vendus pour la modique somme de 35 euros au lieu de 75 !

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lundi 26 janvier 2009

Paris en ballon



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Difficile de résister à l'envie de s'arrêter sur chaque plan du Ballon Rouge : Albert Lamorisse fait éclater les couleurs du Paris des années cinquante  sur fond de grisaille bleutée, des recoins labyrinthiques de Menilmontant aux larges carrefours haussmanniens.  Cinquante ans après sa consécration au Festival de Cannes, le film,  de gentille histoire d' amitié entre un petit garçon et un ballon de baudruche, s' est presque mué en documentaire historico-esthétique sur la capitale. Forme des plaques de rue, allure des passants, étals des boutiques, serpillières des caniveaux, alignement des rues, noms des commerces,  affiches,  murs lépreux, couleurs des immeubles, tout semble faire partie d'une ville désormais engloutie, étonnamment proche des photos  en couleur prises à la même époque par Ihei Kimura. Etait-ce déjà un Paris désuet, dont les habitants pressentaient l'imminente disparition ?  Un Paris qui avait moins changé en cent ans qu'il ne changerait en deux décennies.



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Pour une confrontation saisissante entre le Paris d'avant et d'après  les rénovations de Malraux et l'urbanisme pompidolien,
voir la galerie où Piet Schreuders retrace ses promenades sur les pas du garçonnet en 1988 et 1998


Se souvenir que  Perec passa et repassa dans ce même quartier pour son projet commun avec Robert Bober,

En remontant la rue Vilin,sur les lieux de son enfance



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vendredi 23 janvier 2009

Art de la repartie

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Illustrations de George du Maurier  trouvées dans une vieille pile de Punch


ou l'art de mettre en scène le langage, la théâtralité de la vie quotidienne, les dialogues qui font mouche, les reparties acérées, les jeux de mots et les bons mots, mais aussi les dissonances de la conversation, les mots déplacés, les choses que l'on aurait aimé dire autrement,  les compliments désajustés,  les mesquineries suaves et les amabilités félines .










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[Voici "répartie" délesté de son accent malencontreux, sur les conseils d'Adoré Floupette, qui serait sans doute horrifié par le laxisme du Robert]

 

mercredi 21 janvier 2009

Bruyère, lichen et brouillard





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Rêverie écossaise : de l'aéroport, prendre un cab puis un ferry pour venir se réfugier sur l'île de Jura -  200 habitants, 5000 cerfs -,   établir ses quartiers au Jura Lodge, écouter le bruit du vent dans  un bain chaud, s'envelopper d'un châle de chez Anta pour se promener sur la lande, transporter de pièce en pièce un sac rempli de livres et se perdre dans la contemplation de la lumière dorée d'un verre de whisky,  dos à la cheminée.




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Pour fabriquer son propre tartan couleur bruyère, lichen et brouillard






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dimanche 18 janvier 2009

Jeux d'échelle



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Google et le musée du Prado se sont associés pour numériser quatorze chefs-d'œuvre du musée madrilène à un degré de résolution telle (14 milliards de pixels ) que l'on pénètre au cœur des fibres de la toile, au-delà de ce que l'oeil du  visiteur peut saisir.


La présentation (plutôt hideuse) de Google Earth est conçue comme un simple emboîtement d'espaces : d'une vue surplombante de la planète terre, on s'approche, grâce au petit curseur situé à droite, de l'Europe, puis de l'Espagne, puis de Madrid, puis du musée lui-même. Là, petite discontinuité, une page blanche où sont présentés les quatorze tableaux sous forme   d'icônes. Vous cliquez sur l'un d'eux, qui s'affiche ensuite dans son entier et selon le même principe de zoom, vous vous approchez de plus en plus près, vous promenant d'un bout à l'autre de l'espace du tableau.

Mais à chaque avancée dans le minuscule, ce qui paraissait à l'étape précédente un détail devient à son tour une totalité et ainsi de suite, à la manière de structures gigognes. Le point de vue d'ensemble se disloque, le sujet se dissout peu à peu et, fin de la descente vertigineuse, vous touchez, au sens propre du terme, le fond du tableau. Le détail devient irreconnaissable.

A cette plongée verticale s'ajoute l'arpentage de la surface plane du tableau. Cette expérience sensorielle troublante vous fait d'abord perdre tout repère puis vous vous prenez à parcourir cette étendue comme il en serait d'un continent inconnu, apprenant peu à peu à en dresser une cartographie, trouvant vos propres marques pour y cheminer, tout au plaisir simple de l'exploration.

Le tableau est matière où apparaissent les gestes même du peintre en action, les traces du pinceau long de Velazquez, les amas de peinture, la concentration de pigments, les effets de flous, les superpositions minutieuses de Rogier van der Weyden, les surfaces accidentées, la transparence de Bosch, les touches de lumière de Rembrandt. Il est objet où  l'état  du support se manifeste dans sa dimension physique : dégradations, détériorations du vernis, changements des couleurs, craquelures, bords abîmes, assombrissement.

Surtout le tableau est surface de jeu, où se perdre dans le luxe des détails, où créer des mondes, où dérégler son regard.

 




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Trois détails du Jardin des délices de Bosch;  Palette de Velazquez dans les Ménines ; Manche d'Artemis de Rembrandt; plumet du Charles-Quint de Titien ; fourrure et voile de Le Vierge de la Descente de Croix de Rogier van der Weyden

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jeudi 15 janvier 2009

Syncrétisme



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Mme L., marchande de fruits et légumes et épicière, aime à entourer ses vierges de Lourdes en plastique de petites offrandes, à la manière des autels bouddhistes du Vietnam de sa jeunesse.



 




 

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mercredi 14 janvier 2009

Robes Fortuny





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Les robes Fortuny en papier d'Isabelle de Borchgrave ont voyagé de Venise au musée des tissus de Lyon où vous pourrez les toucher des yeux jusqu'au 26 avril.



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Photos prises à partir du catalogue édité par Skira

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mardi 13 janvier 2009

Devant l'âtre




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Me voici très vexée de n'avoir pas remarqué ces détails plus tôt dans cette image cent fois vue. Il m'a fallu le ricanement espiègle d'une petite fille pour noter que sous le toit qui fume, les trois paysans devant l'âtre, offerts à notre regard par la vue en coupe, avaient vraiment besoin de se réchauffer. 


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Mois de février du calendrier des Très riches heures du duc de Berry
(cabinet des livres du château de Chantilly-Institut de France)

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dimanche 11 janvier 2009

Fantômes et papier peint


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Certaines personnes âgées ne s'achètent plus d'habits neufs et se figent au fil des ans dans des tenues vestimentaires d'un autre temps, enrobées dans leur passé. Il en va de même de certaines maisons, demeures familiales plus vraiment entretenues, dont personne ne songerait à changer les papiers peints de peur d'altérer les souvenirs nés de la contemplation de leurs motifs par des générations d'enfants ou d'incommoder leurs fantômes.

C'est cette ambiance si particulière que Patricia de Gorostarzu a su saisir, dans des tons sépia où chaque craquelure est auréolée de nuances de gris rosé.





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A la galerie Agathe Gaillard,
jusqu'au 31 janvier

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jeudi 8 janvier 2009

Coffret de papier







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Une page du Kleinodienbuch de la duchesse Anna de Bavière (vers 1550), livre de bijoux dans lequel  Hans Mielich a peint plus de soixante-dix pendentifs, broches et châtelaines sur fond de couleur foncée rehaussé de cadres décoratifs aux entrelacs subtils.








Découverte de l'inestimable Peacay de Bibliodyssey.


(conservé à la Bayerische Staatsbibliothek)

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