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Lorenzo Mattotti n'a pas dessiné Venise sur le motif : ses œuvres sont avant tout des souvenirs de lieux, des reconstructions mentales élaborées selon un alphabet visuel recherché, sous l'influence revendiquée de Hockney et de Saul Steinberg. La ville, des millions de fois représentée, est devenue sous sa plume, son crayon, son pinceau, ses pastels une immense surface vierge où il a pu creuser autant de signes graphiques unificateurs. Plus de canaux, de ponts, de quais, de murs, de toits, de coupoles, de campaniles, mais des lignes horizontales, verticales et courbes, des pleins et des vides, des distorsions subtiles. Ce faisant, il suscite magnifiquement la sensation de Venise, celle du promeneur en mouvement, montant et descendant, accommodant  son regard à des espaces déjouant sans cesse son attente.


courbes








giudecca













escalier







Mattotti e Venezia. Scavando nell' acqua



Fondation Bevilacqua-La Masa
Galleria di San Marco
jusqu'au 17 mai 2009

angle











NB Le livre prétexte de l'exposition est édité par le consortium Venezia Nuova, maître d'œuvre des projets de sauvegarde de Venise, autour du très controversé MOSE (modulo sperimentale elletromecanico dont l'acronyme signifie aussi Moïse) , lequel prévoit la mise en place de digues mobiles aux limites de la lagune afin de protéger la ville des marées trop importantes. Sans remettre en cause l'autonomie de l'artiste, on est en droit de penser que son travail est aussi né d'une contrainte : représenter une Venise triomphant de l'engloutissement.   Ainsi est-il cité entre deux dessins : "L'acqua è solida, per questa voglio intitulare il libro Scavare nell'acqua, a volte è scura, una grande superficie non sempre riflettente, e anche Venezia è solida."