ailes




Comment l'ange apparut à Simon ?

Ce pourrait être le sous-titre de L'Angelo delle scarpe, album hors normes de quatre vingts pages où s'entrelacent la prose poétique de Giovanna Zoboli et les dessins en apesanteur de Joanna Concejo. Le lire, le regarder, exige un état d'esprit particulier, car il s'agit ni plus ni moins d'accueillir  le merveilleux et de faire place  au mystère. Tout comme Simon.

Petit garçon triste, enfermé dans un palais dédié au culte commercial de la chaussure, il sait un jour voir un homme qui brille sa fenêtre : un ange. Il sait faire venir son père obnubilé par son travail : "Papa, regarde c'est une ange".  Il sait, contre son père incapable d'écouter les pensées des autres, imposer le silence.

Après avoir refermé l'album, vous ressentez, tout interdit, la curieuse impression de ne l'avoir pas vraiment lu, pas vraiment vu. Vous attendez  quelques heures, quelques jours pour  y revenir.  Et chaque fois, vous sentez l'ange un peu plus proche de vous.



Era come quand in una siepe
non si vedono
che rami fra i rami
foglie fra le foglie
e poi qualcuno
- qualcuno con un occhio molto acuto,
qualcuno bene allenato a guardare -
improvvisaimente, dice :
"Ehi, guarda, un nido !"
E tu guardi et devi
prima i rami,
poi le foglie,
infine il nido e,
dentro, 
qualcosa di bianco
e perfettamento ovale.



C'était comme quand dans une haie,
on ne voit que des branches entremêlées
des feuilles entrelacées,
et puis quand quelqu'un
- quelqu'un de très observateur,
quelqu'un de très entraîné
à regarder -
dit d'un seul coup :
" Eh, regarde un nid !"
et qu'on regarde et que l'on voit
d'abord les branches,
puis les feuilles,
et enfin le nid
et à l'intérieur
quelque chose de blanc
et parfaitement ovale.

(traducteur inconnu)



fen_tre

d_s

Joanna Concejo réussit encore une fois un tour de force : suggérer le fourmillement des pensées


yeuxtristes

transparences

effets de transparence où affleurent feuilles de papier quadrillé, calculs et factures, les figures du père


fin







Un nouveau miracle accompli par les éditions Topipittori.
Que grâce soit rendue à Paolo Canton.


Espérons que la foire de Bologne soit l'occasion de voir ce livre édité en français.
Nous attendons avec impatience les impressions d'Anna