vendredi 31 octobre 2008
En route pour le sabbat




via Sexy Witch
jeudi 30 octobre 2008
Du retable à la pala
Niccolo di Liberatore
Retable du couronnement de la Vierge
Pinacothèque vaticane.
Les éditions Hazan viennent de rééditer L'homme en perspective que le tant regretté Daniel Arasse avait publié en 1979. Dans cet ouvrage de commande, où alternent pages d'essai et analyse rapprochée des œuvres, il s'attache à montrer toute la modernité des primitifs italiens. Le livre, du style cristallin habituel à l'auteur, est construit autour de la thèse selon laquelle, à travers leurs expérimentations picturales, les peintres du Trecento et du Quattrocento "montrent un homme qui prend progressivement possession de son espace et de son corps : l'idée de liberté est figurée dans les images avant d'être pensée, avec toutes ses conséquences, dans le texte". L'image précède la mise en mots d'une conscience nouvelle : celle de l'individu perçu comme acteur et créateur du sens humain du monde.
Daniel Arasse isole un moment crucial : la transformation progressive du polyptyque (grand ensemble de panneaux détachables) en pala, panneau unique de grandes dimensions où sont réunis dans un même espace les personnages auparavant juxtaposés.
"Le travail des peintres "modernes" porte sur une meilleure définition des rapports que l'on peut vraisemblablement supposer entre le personnage peint et le lieu qu'il est censé occuper. Dans le polyptyque, c'est d'abord par rapport au cadre que la question se pose. Traditionnellement, la figure occupe le plus pleinement possible l'espace de son panneau ; l'or détermine, sur le fond, une limite immatérielle, et l'encadrement sculpté pose, vers la spatialité profane du spectateur, une limite analogue. Le XIVe et le XVe siècles visent à définir plus précisément la façon dont la figure occupe l'espace qui est supposé se développer au-delà d'un cadre, de plus en plus conçu comme "encadrement" d'une fenêtre ouverte : le personnage s'installe dans un espace tridimensionnel que le geste contribue à dessiner. "
Ainsi dans la pala de Saint Zénon, Mantegna pousse le raffinement novateur jusqu'à lui-même dessiner le cadre, piliers sculptés redoublant l'effet de profondeur de l'espace architectural peint.
Le cadre n'est plus limite infranchissable isolant le sacré ; il est frontière, il est histoire.
Andrea Mantegna, pala de San Zeno, Verone
mercredi 29 octobre 2008
Bulletin de vote
Mon cher petit frère avait inscrit en secret le Divan fumoir pour les Blog awards 2008 organisés par la Deustche Welle et j'ai eu l'heureuse surprise de le voir sélectionné parmi les onze finalistes de la catégorie "Meilleur blog en français".
Ce sont les lecteurs qui mènent désormais le jeu.
Si vous avez quelques secondes, vous pouvez voter ICI
(et découvrir des blogs du monde entier en en sélectionnant un dans chaque catégorie)

Mille mercis à toutes et à tous !
Matériel de vote trafiqué
à partir d'un cartouche de Hans Vredeman de Vries
présenté par PK
mardi 28 octobre 2008
Le réconfort de la spirale

Photo de Conor Ashleigh
L'art aborigène australien m'est à peu près totalement inconnu. Mais une amie très chère m'a rapporté un petit dillybag de son voyage, acquis lors d'une exposition, Weaving lives together at Bawaka à la Macquarie University de Sydney, où des femmes de la terre d'Arnhem exposaient leurs œuvres en vannerie. La lecture de la petite brochure éditée à cette occasion est enthousiasmante. D'abord parce que ces artistes expliquent comment pour elles monter des paniers revient à élaborer un récit où couleurs et nœuds sont autant de scansions narratives. Ensuite parce l'une d'elle, Lak Lak Burarrwanga délivre une passionnante vision du temps, au cœur de la figure de la spirale.
"La spirale montre le cycle du temps, nous raconte comment un bébé grandit, comment ses artères et son moi se forment, à la fois à l'intérieur du ventre et une fois qu'il en est sorti. Comment la petite fille devient mère et transmet son savoir à ses enfants : la spirale continue. Comment la femme devient grand-mère : la spirale continue. Et ainsi de suite. Il n'y a pas vraiment de mort, la vie continue de s'enrouler en spirale à travers les générations".
Même si le cycle de vie est une image qui ne nous est évidemment pas étrangère, elle n'est en tout cas pas familière pour représenter la succession des générations promises ici à des proximités réconfortantes que rend impossible la figure de l'arbre généalogique.
Grand merci à Mrs D.
lundi 27 octobre 2008
Echappées nordiques : rue de l'espérance

A Roubaix, en sortant de La Piscine, on tombe sur cet impressionnant patchwork de briques et de peintures, vestige d'une maison d'habitation et d'une usine, comme un raccourci de l'histoire du Nord industriel.


Echappées nordiques : Roubaix

Depuis 2001, la piscine municipale de Roubaix, chef-d'œuvre des années 30 de l'architecte lillois Albert Baert, a été transformée en un éblouissant musée d'art et d'industrie : La Piscine. Les déambulations dans les espaces intimistes des anciennes cabines de douche, les galeries latérales des baignoires et la lumineuse salle du bassin procurent au visiteur un grand plaisir du regard. Aucune grande toile de maître, mais de charmants tableaux du XIXe et du XXe siècle et surtout des albums d'échantillons à foison.
Deux compositions d' André Maire, peintre voyageur,
auquel est consacrée une exposition jusqu'au 1er février
Et à la boutique du musée
les sacs acidulés d'Hope & Benson et les étoles subtiles de Wallace Sewell
Echappées nordiques : Lille
Des tablettes de chocolat de chez Méert à la liseuse de Carl Larsson , en passant par l'hospice Comtesse, les Merveilleux de Fred et les mises en scène de Vert mousse.

vendredi 24 octobre 2008
Old English Costumes


Un passé récent devient matière à collection muséologique et l'Angleterre édouardienne le met en scène à sa propre mode. En l'occurrence, il s'agit de la collection de Talbot Hughes : piètre peintre de genre et passionné de mode ancienne, il vendit sa collection à Harrods, qui en fit ensuite don au Victoria and Albert Museum.
On peut se plaire à imaginer une fraction de seconde un photographe introduit dans les failles du temps rapportant des clichés de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, quelques années seulement avant la première photographie, celle que Joseph Nicéphore Niépce, né en 1765, prit pendant l'été 1826 à la fenêtre de sa maison de campagne de Saint-Loup-de-Varennes.






jeudi 23 octobre 2008
Vae soli

Sur quelques millimètres, le regarde vide d'un homme disgracié.
Sur fond d'azur, en lettres d'or : Vae soli, "malheur à l'homme seul".
Un portrait posthume de Robert Devereux, deuxième comte d'Essex, ancien favori d'Elizabeth , décapité en 1601 pour haute trahison, peint sur vélin par Isaac Oliver.
Nicholas Hilliard et le portrait en miniature aux XVIe et XVIIe siècles.
à voir au Louvre, jusqu'au 15 décembre 2008
mardi 21 octobre 2008
Ronces et épines

Contes du temps passé, gr. par louis Marvy, ed. par Léon Curmer (1843)
Gustave Doré, planche pour Les contes de Perrault. Hetzel, 1867















