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Au petit matin, vendredi  1er février, le premier étage de la boutique Deyrolle a été ravagé par un incendie qui s'est déclaré dans la salle d'entomologie. Fondée en 1831, cette maison sise dans un hôtel particulier bâti et décoré par Germain Boffrand en 1744,  s'était fait une spécialité des collections d'histoire naturelle : mobilier et matériel didactique, collections entomologiques, géologiques, minéralogiques, préparations anatomiques et taxidermie. Après le déclin de la maison Boubée, elle était devenue un specimen unique en Europe. Même si, depuis la  malheureuse reprise par Louis-Albert de Broglie, les vitrines arrondies du rez-de-chaussée  avaient été détruites pour laisser place à la bimbeloterie du "Prince jardinier", le premier étage était resté presque intact, offrant le spectacle époustouflant d'un XIXe siècle figé dans toute la grâce de ses ordonnancements.

Les animaux naturalisés ont-ils trouvé là une seconde mort ? Je me plais, au contraire,  à imaginer qu'ils ont été ramenés à la vie par les flammes : tigres, girafes et ours polaires ont fui à travers Paris ; une nuée de papillons mêlés aux oiseaux exotiques  s'est envolée des fenêtres du 46 rue du Bac .



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Deux photos prises l'année dernière, dans la lumière d'automne
Une  autre fenêtre parisienne pour GC.