samedi 23 mars 2013

Yakumo Saryo

 

 

 

 

 

yakumosaryo+jerome galland

 

bougeoirs

omatase

baishinka+satochi+flickr+fenêtre

 

produits

 

higa+mars

 

 

 

 

 

Dans un quartier résidentiel de Tokyo, Yakumo Saryo, le dernier restaurant du grand designer japonais Shinishiro Ogata, du studio Simplicity : de l'architecture intérieure aux boîtes plateaux en bois, des luminaires aux emballages cadeaux, des fenêtres à la composition des menus, de la végétation à la vaisselle, tout a été pensé dans le moindre détail comme un tout qui fait sens.  Au comptoir de dégustation Baishinka, on savoure en ce moment (une bouchée différente pour chaque mois), un petit gâteau à base brune recouvert d'un appareil blanc à l'intérieur duquel se love une tige verte : l'éclosion des fleurs sous la neige.

 

 

 

 

 

 

 

Voir le reportage très complet du blog australien, Upon a Fold.

Première photo empruntée à Jérôme Galland ; photos suivantes issues du site Yakumo Saryo et du compte flickr de  satoshi;

Voir aussi les pâtisseries et salons de thé de Shinichiro Ogata, Higashiya

 

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,



lundi 18 mars 2013

Les enchantements d'une carte japonaise

 

 

 

 

 

 

winged wheel

 

 

 

winged wheel2

 

 

 

winged wheel3

 

 

 

 

La carte de la papeterie Winged Wheel à Tokyo

 

 

Merci  à K et X.

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

dimanche 17 mars 2013

Archéologie téléphonique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

liste indicatifs téléphone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme une page arrachée à un roman de Modiano,

La correspondance entre numéros de téléphones et  centraux téléphoniques qui permettait de localiser chaque numéro par quartier de Paris. 

Certains affleurent encore sous les 01.

 

Posté par florizelle à 23:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 14 mars 2013

Fils de laine et dents de lait

 

 

 

tapis berbères+YSL+MAK

 

 

A l'entrée du  musée berbère à la somptueuse muséographie logé dans l'enceinte du Jardin Majorelle, oeuvre de la fondation Bergé-Saint-Laurent, est distribué un petit livret où l'on peut lire à propos des tapis :

"Tissés par les femmes depuis l'ère paléolithique, les tapis berbères déclinent un vocabulaire de signes et de techniques propres à chaque région. Langage symbolique, prophylactique, voire ésotérique, dont la signification s'est perdue au fil des siècles, mais dont la transmission a été assurée de mère en fille depuis des générations".

Une transmission des formes mais pas de leur sens originel.

Belle insistance sur la liberté d'interprétation au-delà de la pesanteur des significations premières qui enfermeraient les symboles dans l'archaïque et la codification rituelle :  est-ce à dire qu'il faut imaginer qu'à chaque génération, les femmes réinvestissent les motifs de nouveaux pouvoirs, nouant les phases de leur vie autour de cercles, chevrons, losanges, lignes et diagonales ?

Il est un objet dont j'aurais beaucoup aimé connaître l'histoire, c'est ce bracelet provenant de la région de Guelnim aperçu dans l'une des vitrines consacrées aux parures, sous une splendide voûte céleste :  sur des liens de cuir tressés,  étincelaient des dents de lait de petite fille fixées à intervalles réguliers.

 

 

 

 

 

 

Détail de photo issu du document pdf de présentation du musée berbère

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mercredi 13 mars 2013

Le travail du bleu

 

 

 

 

 

majorelle1

 

majorelle2

 

majorelle3

 

 

 

En 1937, six ans après avoir fait construire par l'architecte Sinoir une villa cubiste blanche dans une palmeraie à la périphérie de Marrakech,  le peintre Jacques Majorelle décide de la peindre un bleu, un bleu de sa composition, dont il recouvre d'abord les murs de son atelier puis tous les murs des bâtiments de sa propriété.

Un bleu outremer clair et intense qui porte désormais son nom : le bleu Majorelle.

Cette invention, inspirée dit-on de couleurs aperçues lors de ses voyages dans l'Atlas, peut se voir non comme une innovation radicale mais comme un hommage audacieux aux couleurs locales dont elle constitue une sorte de double inversé.  Ce bleu se situe chromatiquement à l'opposé de l'ocre omniprésent dans la ville et dans les constructions en terre . Il est aussi artificiel que l'ocre est naturel et suppose un entretien inversement proportionnel à celui de l'ocre qu'on laisse se délaver à la lumière du soleil  et sous la pluie. Pour garder au bleu Majorelle l' intensité qui fait son essence, il importe de repeindre fréquemment. Et je me demande selon quelle infime détérioration de sa nuance, il est décidé de sortir pots et  pinceaux.

 

 

 

 

 

 

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,



lundi 11 mars 2013

La sensation de l'ocre

 

 

 

 

mursaad

 

echelle et porte

 

rue

 

lanterne et fils

 

balais

 

 

enseigneassalam

 

medersamurocre

 

 

 

 

 

De l'orangé au rosé :  la sensation d'être enveloppé par l'ocre dans les rues et les cours de Marrakech.

 

 

 

 

 

 

 

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

vendredi 1 mars 2013

Au vert

 

 

 

 

 

 

 

 

le jardin+valérie barkowski

 

madeleine+union jack

 

jardin+isabelle arsenault

 

 

 

 

 

 

 

 

Au vert

...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une table du restaurant Le Jardin, à Marrakech, par Valérie Barkowski, avec un clin d'oeil à Anne

Une page du scrapbook de Madeleine E. Howes ( d'autres pages plus tard)

Un dessin d'Isabelle Arsenault,  talentueuse illustratrice de Montréal dont je vous recommande les formidables Jane, le renard et moi en collaboration avec Fanny Britt et Virginia Wolf avec Kyo Mc Lear, aux dynamiques éditions de la Pastèque

 

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 26 février 2013

Retour au Clärchens Ballhaus

 

 

 

 

1976

 

platine+homme

 

 

danse3

 

soldat

 

rodartedec2008

 

Un même lieu, le Clärchens Ballhaus à Berlin, une même photographe, Sibylle Bergemann, à trente ans de distance.

 

 

1976 : Berlin-Est,  travailleurs, officiels du régime, soldats, jeunes filles et vieux messieurs se mêlent à quelques visiteurs venus de l'ouest  dans ce dancing des années dix  à moitié coupé par les bombardements. Opacité, rêves, silences, regards, peur.

Sibylle Bergemann vient d'emmenager avec son mari, Arno Fischer, grand photographe est-allemand, dans un vaste appartement au 12 Schiffbauerdamm non loin du Berliner Ensemble, au bord de la Spree qui sépare la ville en deux : un appartement toujours ouvert aux amis, prêt à accueillir toutes les fêtes, une véritable oasis.  Helmut Newton, Robert Frank, René Burri, Henri Cartier-Bresson, Barbara Klemm, Joseph Koudelka y sont maintes fois passés tandis qu'eux étaient rivés à l'intérieur du rideau de fer, autorisés à faire de sporadiques voyages à l'étranger, parfois tentés de ne pas revenir, mais toujours poussés à repasser la frontière pour rejoindre famille, amis,  étudiants.

2008 : Berlin réunifié, la salle des glaces du Clärchens Ballhaus ne sert plus d'entrepôt à charbon, Sibylle Bergemann n'a plus à subir la censure et continue, entre autres, à faire des photos de mode, non plus pour Sibylle - feu le Vogue est-allemand -, mais ici pour Achtung. La belle Leonie pose dans des vêtements Rodarte, le regard perdu dans le reflet du miroir fêlé.

Quatre ans auparavant, le couple a fait une grande exposition de cinq jours  avant de quitter l'appartement du 12 Schiffbauerdamm déclaré insalubre : "Finissage", la fin d'une époque. Sibylle meurt en 2010, Arno en 2011.

 

 

 

 

ext76

 

 

 

 

Toutes les photographies de Sybille Bergemann sont issues du site de la Ostkreuz, l'agence photographique créée  en 1990 avec des amis.

Une de ses séries les plus connues, Das Denkmal, couvre sur dix ans la construction des sculptures de  Marx et Engels destiné au forum qui leur était dédié. Ou comment se coulant dans les contraintes de la commande publique, elle a réussi une oeuvre pleine d'ironie distanciée.

De Arno Fischer, voir en particulier la série de polaroïds, Der Garten,  consacrée à son jardin de sa modeste ferme de Gransee dont il avait fait son refuge enchanté.

Voir le beau travail d'Amélie Losier sur les derniers jours de l'appartement du Schiffbauerdamm 12.

 

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 22 février 2013

Siblings

 

 

 

Frères Le Nain+trois hommes+NG London

 

follower of william larkin+ 3sis+1620+denver art museum

katia mann +enfants

 

 

 

Frank Sulloway,  universitaire américain spécialiste d'histoire des sciences et de psychologie, statisticien émérite, a fait depuis sa plus tendre enfance une fixation sur Darwin.  Jeune chercheur, il est obsédé par une question : comment Darwin, moins ambitieux, moins imaginatif, moins érudit, moins vif que beaucoup de ses homologues est-il parvenu à une aussi grande découverte que la théorie de l'évolution ?  Une question que se posait Darwin lui-même.  Dans une lettre à son fils Horace, datant de 1871, il écrit : " Hier soir, je réfléchissais à ce qui fait qu'un homme découvre des choses non encore découvertes : un problème qui me rend très perplexe. Beaucoup d'hommes très intelligents - beaucoup plus intelligents que les découvreurs - ne découvrent jamais rien". Il était très conscient de manquer de cette forme d'intelligence suprême que l'on peut assimiler au génie. Dans son autobiographie, il note : "Je n'ai pas la grande rapidité de compréhension ou l'esprit qui sont si remarquables chez certains hommes très intelligents comme Huxley. Je suis par conséquent un critique médiocre : un livre ou un article, quand je le lis une première fois, suscite généralement mon admiration et ce n'est qu'après un effort considérable de réflexion que j'en saisis les points faibles".


Juste après avoir reçu son diplôme d'Harvard avec mention "summa cum laude", Frank Sulloway entame des recherches sur la créativité scientifique.  Une remarque incidente de l'un de ses professeurs, Jerome Kagan, le frappe : l'un des amis de Darwin se serait opposé à ses théories parce qu'il était un aîné.


Commence alors pour lui un chantier énorme auquel il consacrera vingt-six ans de sa vie : mesurer l'influence du rang de naissance sur le comportement et la personnalité. De son obsession darwinienne naît un questionnement plus large : Qu'est-ce qui fait que certains se rallient à des idées nouvelles quand d'autres les refusent ? Et si le fait d'être aîné ou puîné était corrélé avec la capacité à lancer ou accepter des changements radicaux dans la façon de penser ou d'agir ?

Il construit un appareil statistique ultra-sophistiqué dans lequel il fait entrer des millions de données biographiques s'étendant sur cinq cents ans, élabore des analyses multifactorielles croisant rang de naissance, écarts d'âge, sexe, taille de la famille, relations avec les parents, perte d'un parent et comportements face à la Réforme protestante, Révolution française, abolitionnisme,  théorie de l'évolution, etc.

Et là, il arrive à un résultat qui a, selon lui, la solidité d'un roc : le rang de naissance joue un rôle déterminant dans les changements historiques.

Il n'est pas cause mais facteur explicatif et indicateur prédictif. La probabilité pour qu'un puîné soutienne une révolution politique radicale est 18 fois plus forte que pour un aîné, la probabilité pour un puîné d'être martyrisé pour sa foi protestante a été 46 fois plus forte que pour un aîné, les puînés membres de la Convention ont été deux fois plus nombreux que les aînés à voter la mort du roi, la propension pour un puîné à embrasser les idées de Darwin a été 4,4 fois plus élevé que pour un aîné. Bref, les puînés sont surreprésentés parmi les champions d'un changement radical.

Pourquoi ? Parce que s'il y a un conflit qui joue un rôle moteur dans l'histoire, selon Sulloway, ce n'est pas la lutte des classes mais la rivalité entre membres d'une même fratrie  (l'anglais a ce mot que nous n'avons pas pour désigner l'ensemble des frères et soeurs : siblings). L'ordre de naissance est un facteur explicatif qui selon lui transcende classe, nationalité, sexe et siècles.


Loin d'être un bloc monolithique de valeurs partagées, la famille est une entité animée d'intenses dynamiques divergentes. Elle est constituée de multiples microenvironnements qui induisent un éclatement des perspectives : chaque membre la perçoit d'un point de vue différent - expérience que tout un chacun aura faite en confrontant un souvenir d'enfance avec un frère et une soeur. Les membres d'une même fratrie (sibship) suivent des stratégies de diversification qui tendent à minimiser les effets de la compétition destinée capter les ressources limitées que sont l'affection et l'attention des parents.

Chacun façonne une niche qui lui est propre. Aux aînés, la tâche est facile : ils n'ont qu'à occuper le terrain, à défendre le statu quo et maintenir leur domination ; aux puînés, le choix est aux contre-stratégies : il leur faut rechercher une niche non occupée et se démarquer dans des domaines où les autres membres de la fratrie n'ont pas encore établi leur suprématie afin d'éviter les comparaisons défavorables. Ainsi les aînés ont-ils une forte propension à s'identifier à l'autorité et au pouvoir, à vouloir à tout prix adopter les intérêts de leurs parents (ce sont souvent de bons élèves) quand les puînés sont enclins à faire preuve d'imagination, à  s'ouvrir à l'expérimentation, à  prendre des risques, à cultiver une grande diversité d'intérêts.

Ces stratégies intra-familiales expliquent pour Sulloway les énormes différences de personnalité et de comportement observables entre deux membres d'une même fratrie. Certains psychologues ont même établi qu'il y avait autant de différences entre frères et soeurs d'une même famille qu'entre deux individus pris au hasard. Elles sont au fondement de la propension de chaque individu à adhérer à des changements radicaux ou à en être à l'origine : les aînés ont tendance à vouloir maintenir l'ordre établi tandis que les puînés ont davantage tendance à le remettre en cause.

Si Darwin a pu se montrer si novateur, c'est qu'il a privilégié les questions par rapport aux réponses, la curiosité par rapport à la conviction, la persévérance par rapport aux prérogatives, mettant à profit ses prédispositions de cadet. Dans Born to Rebel, Frank Sulloway offre un magnifique hommage à son héros : il explique Darwin par Darwin en appliquant à sa personnalité ses propres théories évolutionnistes. Car ces stratégies de diversification qu'il met en valeur ne sont autres que celles du  principe de divergence établi par Darwin après avoir analysé l'évolution des becs de pinsons des Galapagos. Pour l'auteur, "Les enfants utilisent leur cerveau pour mettre en oeuvre la différenciation et l'adaptation que des espèces comme les pinsons de Darwin ont mis des millions d'années à accomplir".  L'enfance comme récapitulation de l'évolution des espèces, pas mal !

 

 

 

darwin finches gould beagle

 

 

 

 

Frères Le Nain, Autoportrait collectif présumé, National Gallery, Londres ; disciple de William Larkin, Trois soeurs, Denver Museum of Art ; Katia Mann et ses enfants, Klaus, Erika, Golo, Monika, Michael et Elisabeth, 1918 ; Pinsons des Galapagos, dans le  Journal of researches into the natural history and geology of the countries visited during the voyage of H.M.S. Beagle round the world, under the Command of Capt. Fitz Roy de Darwin, 1845

Frank Sulloway. Born to Rebel, Pantheon Books 1996. En français, le titre est traduit de manière racoleuse et fausse par Les Enfants rebelles, Odile Jacob, 1999.

Voir le superbe article de Robert S. Boynton, initialement publié dans le New Yorker, The Birth of an Idea: A profile of Frank Sulloway et en français la limpide compte rendu de Brigitte Steinmann dans Ethnologie comparée.

 

lundi 11 février 2013

La place du désordre

 

 

 

 

 

The Music Room of Fanny Hensel (nee Mendelssohn)

 

 

A Room in a Florentine Palace 1824

chambre france restauration

 

 

Au XIXe siècle, un genre mineur prend son essor : l'aquarelle d'intérieur,  portraits de pièces que princes, aristocrates et bourgeois aimaient à commander en guise de memento vivi. Tout y est consigné dans le moindre détail, avec des perspectives plus ou moins adroites selon la renommée du peintre. Quelques personnages y apparaissent parfois mais la plupart du temps, c'est le vide qui semble être le sujet principal, un vide glaçant. On rêve d'y voir apparaître les pieds d'un cadavre dépassant de sous un lit pour conjurer l'ennui que ne manque pas de distiller la contemplation de ces oeuvres.

 

Les belles photos de désordre domestique de Marine Gobled et Aurélie Lecuyer m'ont permis toutefois de comprendre une évidence. Le strict ordonnancement qui était donné à voir n'était pas forcément un effet recherché pour les besoins de la peinture ( l'équivalent de ce que serait les photos des revues de décoration de nos jours) : le désordre n'avait tout simplement pas sa place dans ces demeures où une large domesticité veillait à ce que tout soit à sa place à tout moment, effaçant comme une ardoise magique chaque aspérité afin de maintenir le décor inchangé de jour en jour.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dessins de la collection Eugene Thaw du Cooper-Hewitt, National Design Museum de New York : salon de musqiue de Fanny Hensel, née Mendelssohn, vers 1849, par Julius Wilhelm Helfft ;  salon d'un palais florentin vers 1835 ; chambre vers 1823, par Bouilhet.



  1  2  3  4  5    Fin »