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Des albums d'échantillons textiles, l'Europe et l'Amérique en ont produit des milliers et des milliers au XIXe siècle. Rien qu'en Angleterre, entre 1830 et 1840, pas moins de 30 000 motifs différents ont été crées dont 10 % pour une diffusion à grande échelle. Ces livres répondaient tout à la fois à des besoins de rationalisation de la production et de standardisation en une période de très forte industrialisation mais aussi à des impératifs de vente : sous forme de portefeuilles de cuir, ils sont devenus  l'instrument indispensable du représentant de commerce.

La passionnante exposition du Cooper Hewitt Museum Mutliple Choice : From Sample to Product montre que dès le XVIIIe siècle, l'industrie textile a eu recours à ce genre d'inventaire, qui plonge ses racines dans les livres de modèles  du Moyen Age et de la Renaissance. De la porcelaine aux papiers peints, des arts de la table à la peinture, des accessoires de couture à la papeterie, cette pratique s'est bien vite répandue et perdure aujourd'hui.

 

Mais plus encore que cette investigation historique sur les liens entre design, marketing et industrie, c'est l'extraordinaire fraîcheur des couleurs qui captive. Le parfait état de conservation des tissus, tel qu'il nous est délivré dans les feuilletoirs , nous met au défi d'imaginer non seulement que les robes empesées des dames  des daguerréotypes aient pu être rouge écarlate mais aussi - et c'est essentiel - neuves.  Et voici ces femmes, non plus condamnées à des costumes mangés par les mites, mais rendues à leur statut de soeurs humaines contemporaines d'elles-mêmes. Prises elles aussi dans le vertige du choix entre trois ou quatre imprimés.


 


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Cooper-Hewitt Museum, National Design Museum, New York
Mutliple Choice : From Sample to Product, jusqu'au 8 avril 2008