La mère et l'araignée : voyage
A l'exposition Venise et l'Orient, à l'Institut du monde arabe, une araignée tisse sa toile sur la mère. Elle est entourée de limbes, un tympan, deux tympans se superposent. Qu'est-ce ? Pietro Querini le sait, mais à quoi cela lui a-t-il servi ? En avril 1431, il quitta Candie pour les Flandres, sur la nef Querina, avec à son bord soixante-huit hommes. Dix-huit mois plus tard, seuls onze rescapés emplis d'effroi revinrent à Venise. Poussés par des tempêtes incessantes, en plein Atlantique, après des semaines de dérive sur un navire en désagrégation, bientôt abandonné pour de frêles chaloupes, ils échouèrent, au cœurc de l'hiver boréal, sur une île déserte de l'archipel des Lofoten, au nord de la Norvège. Là, ils durent supporter un mois d'une vie caprine et animale, avant d'être secourus par des pêcheurs habitant une île proche. Trois mois dans le "premier cercle du paradis" avant de regagner Venise, par voie de terre, fuyant les cauchemars des mers froides et des abysses.

