Le Divan Fumoir Bohémien

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mardi 8 septembre 2009

Motifs urbains



palimpseste1

fantome







Les villes, à travers le monde, déclinent les mêmes motifs -  superpositions et collages -  comme s'il existait des figures urbaines universelles. Ici, à Montréal.











D'autres surimpressions de Montréal glânées par Nathalie G. au fil de ses  superbes promenades  

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mercredi 24 septembre 2008

Surimpressions urbaines

surmpressions_seryikotik


L’autre matin, lorsque je suis sorti de l’hôtel, dans l’air frais, un peu brumeux devant une mer calme et grise, un Vésuve légèrement voilé, sur une via Partenope luisante d’asphalte poli par les pneumatiques, et vide, avec des rues qu’on sentait larges et vides tout à l’entour, et une station de taxis bien rangés au coin de la via Santa-Lucia, et quelques passants « de luxe » et quelques guides et chauffeurs idem à distance respectueuse des portes des hôtels, – j’ai songé aux grands quartiers de Londres à la même heure quasi matinale ; Grosvenor Square ou Picadilly transportés ici, et au lieu du Green Park, le Golfe de Naples. C’était le même air, le même silence de choix […]

Valery Larbaud, Journal, 24 février 1932.

 

 

C'est ainsi que commence le très beau billet de Locus Solus sur les surimpressions urbaines. Je ne saurais trop vous en recommander la lecture.


 

surmpressions_seryikotik2

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Photos issues du  magnifique portfolio de Seriykotik1970 sur flickr
un Anglais vivant à Moscou pour qui le passé est une matière vivante.

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lundi 21 janvier 2008

Prises nocturnes

Tokyo

Des villes, la nuit, à travers le monde. Ce pourrait être le thème d'un mauvais film collectif international, ce sont les magnifiques Night Views de Floriane de Lassée.  Chacune irradie d'une lumière surnaturelle. La forme des nuages indique qu'elle utilise de longs temps de pose. Et curieusement, c'est moins à la vie des habitants que l'on serait tenté de s'intéresser qu'aux conditions mêmes dans lesquelles elle a pris ses clichés. Combien de temps reste-t-elle seule dans l'obscurité ? Comment choisit-elle ses points de vue ? Que voit-elle à l'insu de tous ? Se vêt-elle spécialement pour rester inaperçue ? J'irai jusqu'à la voir comme une super-héroïne du XXIe siècle, capable de figer des mégalopoles entières dans l'attente de sa venue, ivre de se trouver parmi des millions d'individus juxtaposés : si lointains et si proches.  Mais la jeune femme blond vénitien que l'on aperçoit sur certaines de ses photos, ne serait-ce pas elle-même ?

montmartre


Paris, 2005


Shangha_


Shanghaï, 2006


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New York, 2005


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Istanbul, 2006



Merci à Jane Librizzi pour sa lanterne magique

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lundi 7 janvier 2008

Zones neutres


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Une rue fantôme de Delphine Roche de Montgrand

"J'ai éprouvé une drôle de sensation en marchant le matin square Cambronne, puisque c'est toujours la nuit que nous allions chez Guy de Vere. J'ai poussé la grille et je me suis dit que je n'avais aucune chance de le rencontrer après tout ce temps. Plus de librairie Véga boulevard Saint-Germain et plus de Guy de Vere à Paris. Et plus de Louki. Mais à la fenêtre du rez de chaussée, le lierre était là, comme dans mon rêve. Cela me causait un grand trouble. L'autre nuit, était-ce vraiment un rêve ? Je suis resté un instant immobile devant la fenêtre. J'espérais entendre la voix de Louki. Elle m'appellerait encore une fois. Non. Rien. Le silence. Mais je n'avais pas du tout l'impression que depuis l'époque de Guy de Vere le temps avait passé. Au contraire, il s'était figé dans une sorte d'éternité. Je me suis souvenu du texte que j'essayais d'écrire quand j'avais connu Louki. Je l'avais intitulé Les Zones neutres. Il existait à Paris des zones intermédiaires, des no man's land où l'on était à la lisière de tout, en transit, ou même en suspens. On y jouissait d'une certaine immunité. J'aurais pu les appeler les zones franches, mais les zones neutres était plus exact. Un soir, au Condé, j'avais demandé son avis à Maurice Raphaël puisqu'il était écrivain. Il avait haussé les épaules et m'avait lancé un sourire narquois : "C'est à vous de savoir, mon vieux...Je ne comprends pas très bien où vous voulez en venir...Disons "neutres" et n'en parlons plus...". Le square Cambronne et le quartier entre Ségur et Dupleix, toutes ces rues qui débouchaient sur les passerelles du métro aérien appartenaient à une zone neutre, et ce n'était pas un hasard si j'y avais rencontré Louki."

[...]

"Le plus curieux dans cette rue d'Argentine - mais j'avais recensé quelques autres rues de Paris qui lui ressemblaient -, c'est qu'elle ne correspondait pas à l'arrondissement dont elle faisait partie. Elle ne correspondait à rien, elle était détachée de tout. Avec cette couche de neige, elle débouchait des deux côtés sur le vide. Il faudrait que je retrouve la liste des rues qui ne sont pas seulement des zones neutres mais des trous noirs dans Paris. Ou plutôt des éclats de cette matière sombre dont il est question en astronomie, une matière qui rend tout invisible et qui résisterait même aux ultraviolets, aux infrarouges et aux rayons X. Oui, à la longue, nous risquions d'êtres aspirés par la matière sombre."


Patrick Modiano.  Dans le café de la jeunesse perdue.
Gallimard, 2007.
pp. 109-110 puis p. 120

"Le texte, par exemple, sur «les zones neutres» que Roland écrit correspond à une obsession que j'avais à vingt ans de la topographie en suspens, en transit, et dont j'ai tiré alors, non pas un vrai texte, mais une étrange liste de rues, de boulevards, de quartiers périphériques, et de lieux improbables, loin du centre de la ville, comme une caserne de cavalerie à Dupleix ou les abattoirs de Vaugirard."

Interview avec Jérôme Garcin, Nouvel Observateur, 27 septembre 2007.




Aux frontières du  4 place D. et du  19 rue C.

 

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vendredi 7 septembre 2007

Sur l'ocre jaune

vicoloplaque

A Venise, il y a le Calle Amor dei Amici ; à Lucques, au pied de la surprenante Torre Guinigi, le Vicolo della Felicità. On peut se demander s'il ne s'agit pas d'une invention récente, à en juger par les trous affleurant sur le mur, traces d'une ancienne plaque. Reste qu'attribuer un tel nom à un cul de sac donne à réfléchir.

vicolo1 vicolo2

Deux images issues du site Luccavirtuale qui offre la possibilité de visiter toute la ville en suivant ses tracés antiques,
de la via Fillungo, ancien cardo, à la piazza dell' Anfiteatro, qui épouse les formes de l'ancien amphithéâtre,
à la Piazza San Michele, ancien forum

C'est surtout cette inscription sur le mur d'un petit village des collines pisanes qui m'a ravie. Via Gramsci - communisme rural toscan oblige -, argentée sur ocre, elle n'est guère lisible mais pour la jeune fille qui s'est réveillée un beau matin en la découvrant, elle sautait aux yeux :

BUON GIORNO PRINCIPESSA ...!




buongiornorue


A moins que ce salut amoureux n'ait été destiné à la princesse endormie de la maison abandonnée non loin.



buongiornomaison


Addendum : grâce à Anna, l'inscription "Buongiorno Principessa" se lit sous un nouveau jour. Loin d'être l'invention isolée d'un habitant de ce petit bourg, c'est ni plus ni moins le salut qu'adresse Roberto Benigni à Nicoletta Braschi dans La vie est belle. Une phrase devenue culte en Italie !

Quant aux trous sous la plaque lucquoise,  en voici l'explication.

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lundi 16 juillet 2007

Rome temps réel

Realtimerome


Visualiser en temps réel les densités urbaines à tout moment du jour et de la nuit est  presque devenu une chose aisée avec la prolifération de l'usage des téléphones mobiles dont la moitié de l'humanité est pourvue. Des chercheurs du SENSEable City du  MIT, sous la houlette de Carlo Ratti, ont ainsi pu agréger les données anonymisées fournies par Telecom Italia (même en veille, un portable peut être localisé) pour retracer les flux de la vie de Rome, au plus des battements de son coeur, en de magnifiques cartes lumineuses visibles au pavillion italien de  la Biennale de Venise, dans le cadre de l'exposition   Real Time Rome. Tout le territoire urbain devient une plaque sensible d'où émergent des formes sociales dynamiques  où se lisent des usages de la ville, du tourisme de masse (numéros étrangers et numéros locaux peuvent être distingués)  aux déplacements de voisinage. On peut, par exemple, suivre le déplacement des fans saluant l'arrivée de l'équipe de foot nationale victorieuse de la Coupe du monde 2006, la dispersion des personnes venues assister au concert de Madonna ou encore voir les zones de résidence se dépeupler le matin pour se repeupler le soir.

La ville de Rome va probablement utiliser cette technologie pour réguler l'erratique trafic des bus de la régie publique ATAC. De multiples dérivés sont déjà envisagés : planification urbaine, vente d'informations sur la circulation, ciblage des affichages pour le marché publicitaire, affinage des implantations commerciales en fonction de la fréquentation de tel ou tel lieu. Emerge un nouveau mode de gestion des masses, qui s'apparente au système industriel du flux tendu,  just in time : la ville devient pure consommation de lieux et de services. Seuls échappent à cette indexation les personnes âgées, les enfants et les SDF.


realtimeromemouvements

Dynamique des déplacements des utilisateurs de téléphones mobiles à différentes heures de la journée dans une aire délimitée à l'ouest par  San Carlo alle Quattro Fontane, au nord, par les thermes de Dioclétien, à l'Est, par la  Piazza dei Cinquecento et, au sud, par la Piazza del Viminal.
 

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vendredi 6 juillet 2007

« IESU NASCENTI VIRGINIQ(UE) MATRI »

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Derrière le mur, voici ce qu'il y a : une apparition.
Un îlot de beauté classique et baroque  suspendu au-dessus du tissu urbain :

la Chapelle du Val-de-Grâce

Un ex-voto géant dédié à la Vierge par la reine Anne d'Autriche pour lui avoir accordé
la naissance d'un enfant mâle, le futur Louis XIV, après vingt-trois ans de mariage.


vuelointaine vuerue

 vuegale

En remontant la rue du Val-de-Grâce , c'est une très forte impression physique que ressent le promeneur : à mesure qu'il s'en approche, la chapelle lui paraît toujours plus lointaine et inaccessible, comme si elle faisait le vide autour d'elle, comme si elle appartenait à un autre espace-temps. Elle dégage une aura telle que l'on se sent lentement emporté vers l'empyrée en la contemplant. On n'est plus à Paris, mais  parmi les anges.


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Petit Roi de Grâce, 1643.   Gravure  anonyme d'après une statuette en bois à l'effigie du Dauphin

 

Mais c'est tout autant vers les profondeurs infernales que l'on pourrait se sentir ici attiré, car  sous l'église se trouve un réseau de carrières aussi dense qu'ancien, haut lieu de l'exploration cataphile où le curieux pourra se frayer un chemin de l'arche perdue au château des cloportes, du pavillon de la reine au  puits des bains, avant de gravir le fameux escalier Mansart, s'il ne s'est pas perdu dans les Bermudes.

Toute ville a ses discontinuités, ses seuils secrets, ses frontières invisibles et cette portion-là du cinquième arrondissement est , à n'en point douter, à placer dans la catégorie de ces zones urbaines hors du commun.

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Atlas  souterrain de la Ville de Paris, sous la direction de Th. Lorieux, ingénieur en chef des mines.
Imprimerie de la préfecture du département de la Seine. 1855


 

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vendredi 8 juin 2007

Voir d'en haut

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"Etre élevé au sommet du World Trade Center, c'est être enlevé à l'emprise de la ville. Le corps n'est plus enlacé par les rues qui le tournent et le retournent selon une loi anonyme ; ni possédé, joueur ou joué, par la rumeur de tant de différences et par la nervosité du trafic new-yorkais. Celui qui monte là-haut sort de la masse qui emporte et brasse en elle-même toute identité d'auteurs ou de spectateurs. Icare au-dessus de ces eaux, il peut ignorer les ruses de Dédale en des labyrinthes mobiles et sans fin. Son élévation le transfigure en voyeur. Elle le met à distance. Elle mue en un texte qu'on a devant soi, sous les yeux, le monde qui ensorcelait et dont on était "possédé". Elle permet de le lire, d'être un Oeil solaire, un regard de dieu. Exaltation d'une pulsion scopique et gnostique. N'être que ce point voyant, c'est la fiction du savoir.

Faudra-t-il ensuite retomber dans le sombre espace où circulent des foules qui, visibles d'en-haut, en bas ne voient pas ? Chute d'Icare. Au 110e étage, une affiche, tel un sphinx, propose une énigme au piéton un instant changé en visionnaire : It's hard to be down where you're up.

La volonté de voir la ville a précédé les moyens de la satisfaire. Les peintures médiévales ou renaissantes figuraient la cité vue en perspective par un œil qui pourtant n'avait encore jamais existé. Elles inventaient  à la fois le survol de la ville et le panorama qui la rendait possible. Cette fiction muait le spectateur en œil céleste. Elle faisait des dieux. L'œil totalisant imaginé par les peintres d'antan survit dans nos réalisations."

Michel de Certeau. L'invention du quotidien, Arts de faire. Union Générale d'éditions, 1980.


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mardi 15 mai 2007

Thé, cigarettes, vin, bonbons


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C'est en accompagnant son ami le grand peintre Liu Xiaodong pour filmer le documentaire Dong, que Jia Zhang-Ke a découvert le site des Trois gorges où est édifié le plus grand barrage du monde, sur le Yangtze.  De là est née l'idée de Still Life, le long métrage qui lui a valu de remporter le Lion d'Or à Venise en 2006.

A
vec pour ambition de "perpétuer une tradition chinoise qui donne une juste image de la réalité", il filme les quêtes parallèles d'un homme - un mineur -  et d'une femme - une infirmière-, tout deux partis de la province du Shanxi pour rechercher leurs conjoints perdus de vue depuis des années. Un bateau remonte le fleuve : on est "en pleine peinture ou poésie traditionnelle chinoise, dans un tranquillité et un calme absolus", puis arrivé à Fengjie, "tous les éléments sensoriels de la modernité" assaillent l'étranger.  Il s'égare dans la ville promise à l'engloutissement total : des ouvriers écrasés par le soleil  risquent leur vie à tout instant en la démolissant méthodiquement à coups de marteau. Des murs entiers s'effondrent, le paysage de ruines se modifie continuellement ( si rapidement que l'équipe a dû tourner très vite pour ne pas perdre le cadre de son décor d'une scène à l'autre). Des corps en mouvement et des panoramas urbains, la caméra glisse en plans figés sur les objets de la vie quotidienne - tables, intérieurs de placard, murs. "Cigarettes", "thé", "vin", "bonbons" : quatre idéogrammes rouges scandent le film, quatre denrées hautement symboliques de l'échange et du partage entre "bonnes âmes"  [en chinois, le film s'intitule Les bonnes âmes des Trois-gorges], au plus près des gestes et des pensées de ces humbles gens, de leurs rires et de leurs pleurs, de leurs conversations ( le portable a une grande importance) et de leurs silences, de leurs espoirs et de leurs nostalgies. Les deux personnages ne se croiseront jamais, mais leur lente recherche se poursuivra dans un entremêlement de destinées croisées, en perpétuel mouvement. En repartant dans sa province, le héros jettera un dernier coup d'œil à cette ville qu'il ne reverra sans doute jamais : entre deux immeubles en cours de démolition, un homme marche en équilibre sur un fil. Métaphore de la vie dans un pays occupé à détruire les traces de son passé.


hot_bed

Un des panneaux de Hot Bed 1, où Liu Xiaodong a mis en scène des ouvriers
se reposant sur le toit d'un immeuble de Fengjie,
autour d'un matelas les rassemblant comme sur une arche de Noë.

hotbed1action


C'est le pendant de Hotbed 2,
où il a peint , dans le même éclat des chairs, un groupe d'hôtesses de bar thaïlandaises autour d'un matelas rouge à motifs.


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hotbed2

Tang Contemporary Art-Bangkok.

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jeudi 10 mai 2007

Pionnier post mortem

En marge de la rétrospective Atget, sur le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France, signalons que Gallica permet de plonger dans le détail de plusieurs albums thématiques , riches de centaines de clichés :  six ont été constitués par le photographe lui-même [Enseignes et vieilles boutiques (1899-1902), la voiture à Paris (1910), Intérieurs parisiens, début du XXe siècle, artistiques, pittoresques et bourgeois (1910), les zoniers (1913) - un des plus beaux -, Paris, fortifications (1913), l'art dans le vieux Paris] ; trois par le département des estampes [métiers, boutiques et étalages de Paris (1912), Vie et petits métiers à Paris (1898), Documents pour l'histoire du vieux Paris.    (et une partie de sa banlieue), classées     globalement par arrondissement et par quartier (env.3200 épreuves)] ; auxquels s'ajoutent les épreuves topographiques de Paris, classées par arrondissement.

Petit détail pratique : cliquez sur le nom de l'album, puis sur l'unique image qui apparaît, attendez quelques instants puis choisissez de préférence la présentation en "chemin de fer". Enfin régalez-vous de ce que Walker Evans appelait l'"intelligence lyrique de la rue" d'Atget.


Ce mode de présentation privilégie le statut originel des oeuvres d'Atget : des "documents pour artistes", comme il les intitulait lui-même, lui  qui, après les déceptions d'une carrière dramatique ratée au sein de troupes ambulantes, s'orienta vers la photographie, sans aucune ambition esthétique affirmée,  pour fournir de la documentation aux peintres, aux illustrateurs, aux décorateurs, aux architectes, aux éditeurs et amateurs du vieux Paris. C'est après sa mort que son oeuvre a connu une extraodinaire fortune, "découverte" par Man Ray, propagée par les surréalistes, encensée par la Nouvelle objectivité allemande mais surtout propulsée au rang d'oeuvre pionnière par Berenice Abbott, inlassable divulgatrice, qui fit l'acquisition d'un énorme fonds envoyé aux Etats-unis en 1929, deux ans après la mort de l'artiste.

C'est sous les deux aspects du contexte historique et de la fortune esthétique que l'exposition de la BNF entend explorer l'oeuvre d'Atget. Elle fait suite à la belle exposition "Atget, le pionnier" présentée à l'hôtel de Sully en 2000, qui reposait sur la volonté de le dégager de sa gangue documentaire et de sa charge illustrative pour mettre en regard ses épreuves et celles d'artistes ayant directement été influencés par lui  (Bill Brandt, Walker Evans, Lee Friedlander, Dieter Appelt, les Becher, Bruno Réquilllart).


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Ambassade d'Autriche à Paris, 1910

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Allée du jardin de Versailles. Cliché récemment acquis par le  Metropolitan Museum of Art.

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Impasse des Bourdonnais, Ier arrondissement, 1908.

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Zone, près de la porte d'Italie, 1913

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chiffonniers, cité Trébert, 17 e arrondissement.

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Au Petit Bacchus. 1903

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Heurtoir, quai d'Orléans.

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Etalage de légumes aux Halles. 1910

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