samedi 26 septembre 2009
Noir et blanc vesperal

"J'ai vécu l'Istanbul de mon enfance comme un lieu en deux teintes, à moitié obscur, couleur de plomb, dans le style des photographies en noir et blanc ; c'est ainsi qu'il m'en souvient. [...]
"En hiver, dans la pénombre du soir précoce, les teintes noir et blanc des gens qui rentrent chez eux à pas précipités me procurent le sentiment que j'appartiens à cette ville et que je partage quelque chose avec eux. Et j'ai l'impression que l'obscurité de la nuit va recouvrir le dénuement de la ville, des rues et des objets et que, en inspirant et en expirant à l'intérieur des maisons, dans les chambres et sur les lits, nous allons tous nous retrouver confrontés aux rêves et aux illusions issus de l'ancienne richesse d'Istanbul désormais bien lointaine et de ses bâtisseurs et légendes perdues."
Orhan Pamuk. Istanbul, souvenirs d'une ville. Ch. V, "Noir et blanc". Gallimard 2007


Exposition Ara Güler : Lost Istanbul, 1950-1960 (un peu maigrichonne eu égard aux immenses archives conservées au-dessus du Café Ara) à la Maison européenne de la photographie jusqu'au 11 octobre
Riche portfolio publié par Milliyet ici
Là pour feuilleter le livre d'Ara Güler et Orhan Pamuk publié aux éditions du Pacifique
vendredi 10 juillet 2009
Reine de la nuit

Elene Usdin pour l'affiche de la Flûte enchantée à l'Opéra national du Rhin
mercredi 1 juillet 2009
Valise

"Une femme où qu'elle aille, sauf à l'hôpital, emporte toujours son maquillage, son parfum et ses bijoux. "
(à propos du voisin qui fouille dans le sac à main de femme censée être partie en voyage)

- "Vous m'avez dit que je devrais faire l'expérience de vivre avec une seule valise
[cf début où Jeff parlant à Lisa des contraintes de la vie de reporter
lui dit : "dans ce métier, tu n'emportes qu'une valise" ]. Je parie que la vôtre n'est pas si petite"
- "C'est une valise, ça ?"
- " Oui, une Overnight case de chez Mark Cross"
- "Ah "
- "Compacte mais amplement suffisante..."




Fenêtres sur cour, Rear Window, 1954
un film de valises et de sacs
jeudi 28 mai 2009
Bleu nuit




Illustrations de Al Parker pour diverses revues féminines américaines des années 50
Ladies Home Journal, Cosmopolitan, Good Housekeeping, Mac Call Magazine.
Issues de la série collectée par leifpeng sur flickr
mardi 31 mars 2009
Les mouettes de Whistler

Fils d'un major devenu ingénieur ferroviaire, James McNeill Whistler passa deux ans à West Point sans succès. Il se plaisait à raconter que s'il n'était pas devenu général, c'était à cause de son échec à un examen de chimie. Ses talents artistiques furent néanmoins repérés par le professeur de dessin de l'académie militaire et il put entrer en 1854 sur sa recommandation à l'U.S. Coast Survey, chargé d'établir une cartographie des côtes à l'usage des marins.
Employé au service du dessin topographique, où il ne fit pas vraiment preuve d'une grande rigueur mathématique, il fut ensuite transféré au service de la gravure. Après un premier essai, il élabora cette gravure de l'île d'Anacapa mais, passant outre toutes les conventions de représentation qui prévalaient, il ne put s'empêcher d'ajouter plusieurs groupes de mouettes en vol et prit un soin maniaque à individualiser chaque brin d'herbe en haut de la falaise balayée par le vent.

Il fut congédié peu après. Sans doute à cause de ses libertés artistiques mais aussi en raison de sa nonchalance roublarde (il avait fait l'achat de deux chapeaux identiques pour pouvoir en laisser un accroché dans son bureau, afin de rassurer ses supérieurs sur sa présence, tandis qu'il se gobergeait à la taverne du coin).
Les mouettes furent bien vite effacées des cartes maritimes. Lui-même finit par bannir tout souci du détail de sa peinture.

Une partie du ciel du Nocturne in Black and Gold, Falling Rocket, Detroit Institute of Arts
mardi 2 décembre 2008
Chambre des cauchemars





Chambre des cauchemars de Blanquet
Cette année, le salon du livre de jeunesse de Montreuil avait pour thème la peur et autres frissons. Au sous-sol, six artistes étaient conviés à mettre en scène l'effroi avec force claquements de dents : David B, Beatrice Alemagna, Michel Galvin, Joëlle Jolivet, et Stéphane Blanquet. Le projet de Joëlle Jolivet de rassembler dans un même ventre tous les personnages ingurgités au fil des contes et légendes (Jonas, Gepetto, Pinocchio, le Chaperon rouge, la Chèvre de M. Séguin, etc..) était fort séduisant mais le résultat plutôt décevant. En revanche, je me suis délectée de la chambre des cauchemars de Blanquet : une mignonne chambrette, nimbée de la douce lueur d'une veilleuse ; négligemment assis sur le lit de bois, caressant les froufrous du petit oreiller carré, vous pivotez brusquement vers un espace caché derrière le mur, un cabinet des horreurs empli de monstres dont les silhouettes menaçantes dansent autour de vous tandis que votre regard tente de se raccrocher à la présence rassurante d'une peluche, qui n'est autre qu'un ours dont les quatre yeux exorbités ne vous seront d'aucun secours. Je n'ai malheureusement pas pu tester l'efficacité de la scénographie sur des enfants. Il était amusant de découvrir un peu plus tard l'exact opposé du projet de Blanquet, d'un point de vue tant graphique que narratif, dans le livre Alexis Deacon, Quand tu t'endors ( Kaleidoscope ) où de gentils doudous passent la nuit à chasser les cauchemars et s'assurer du bien être d'une petite endormie.
Forêts, loups, nuits, monstres et démons, ogres et sorcières ponctuaient comme autant d'étapes d'un parcours initiatique les déambulations du visiteur.
Notons la belle sélection Tout petit, tu lis construite autour du maître-livre de Wolf Erlbruch, Allons voir la nuit. Et inspirons nous du cahier d'images rouge.

La Petite Sirène d' Alexandra Duprez (Esperluète, 2007)

Une adaptation de Dracula illustrée par Blutch, Nathan


Gravures de Isabelle Vandenabeele pour Frisson de fille (Ed. du Rouergue)

Enfin, une page de l'album Hansel et Gretel de Susanne Janssen (Ed. Etre)
magistralement analysé par Anna Castagnoli dans Le figure dei libri
samedi 4 octobre 2008
Mars attaque ?

Paris serait-il la proie d'une attaque extra-terrestre ?
C'est ce que laisse penser la contemplation de son ciel cette nuit.
A suivre...
samedi 28 juin 2008
Une étoile à ma fenêtre
* *
* Lonely Drifter Karen *
The Owl Moans Low
lundi 18 février 2008
Nyctalope



Voir la nuit ?
Frédéric Delangle en a fait un leitmotiv de son oeuvre. En 2005, il part pour Ahmedabad afin de dresser une typologie de son architecture. Le chaos du jour rend la ville invisible. Il décide d'attendre la nuit. Il hante alors ses rues labyrinthiques s'aidant de la lumière famélique diffusée par les lampadaires pour percer l'obscurité : cinq à dix minutes de pose pour réaliser une image, la ville devient décor de cinéma à l'aune de son regard. Et cette série le rendra célèbre.
Avec "Nyctalope", son plus récent travail, il
expose à la lumière des phares de sa voiture des territoires nocturnes
- bois, champs, bords de chemin - habituellement voués aux ténèbres.
Mais que voit-on la nuit ?

Nyctalope
Galerie Philippe Chaume, Marseille
22 février -29 mars 2008
lundi 21 janvier 2008
Prises nocturnes

Des villes, la nuit, à travers le monde. Ce pourrait être le thème d'un mauvais film collectif international, ce sont les magnifiques Night Views de Floriane de Lassée. Chacune irradie d'une lumière surnaturelle. La forme des nuages indique qu'elle utilise de longs temps de pose. Et curieusement, c'est moins à la vie des habitants que l'on serait tenté de s'intéresser qu'aux conditions mêmes dans lesquelles elle a pris ses clichés. Combien de temps reste-t-elle seule dans l'obscurité ? Comment choisit-elle ses points de vue ? Que voit-elle à l'insu de tous ? Se vêt-elle spécialement pour rester inaperçue ? J'irai jusqu'à la voir comme une super-héroïne du XXIe siècle, capable de figer des mégalopoles entières dans l'attente de sa venue, ivre de se trouver parmi des millions d'individus juxtaposés : si lointains et si proches. Mais la jeune femme blond vénitien que l'on aperçoit sur certaines de ses photos, ne serait-ce pas elle-même ?

Paris, 2005

Shanghaï, 2006

New York, 2005

Istanbul, 2006
Merci à Jane Librizzi pour sa lanterne magique
