jeudi 21 mai 2009
Raven Row

Tout récent centre d'art contemporain à but non lucratif créé par le collectionneur et mécène Alex Sainsbury, Raven Row est installé dans deux maisons construites au XVIIIe siècle pour des soyeux huguenots de Spitalfields, occupées par la suite par une boutique de thé, une épicerie et une fabrique de cigares.


Photos de la magnifique rénovation (agence 6a Architects) par David Grandorge
(dont le portfolio urbain est passionnant)
Sur l'histoire des occupants successifs des demeures de Spitalfiels,
voir les précisions du Survey of London, volume 27 édité par l'English Heritage en 1957
mardi 19 mai 2009
18 ou 19



Mon espoir de voir le 19 Princelet Street ouvert ayant été une nouvelle fois déçu, j'ai dû me rabattre sur le numéro 18. Charme des endroits inaccessibles.
Blitz


Quiconque marche quelque temps dans l'Est de Londres peut ressentir dans les discontinuités et les trous du tissu urbain les traces des bombardements allemands. En cherchant une carte des dégâts causés par le Blitz, j'imaginais trouver de vastes zones blanches comme autant de morceaux arrachés à la ville, "rayés de la carte", comme on dit. En découvrant les Bomb damage maps éditées par le London County Council juste après la guerre, j'ai été naïvement étonnée de constater que les destructions étaient représentées non par impact mais maison par maison, par un dégradé subtil de couleurs, allant du noir pour la destruction totale au vert clair pour les démolitions légères, selon un procédé en tous points semblable aux fameuses cartes de la pauvreté établies par Charles Booth, un demi-siècle plus tôt.
Ces cartes figurent non pas le vide, le néant, malgré le paysage de désolation de la ville, mais des creux à remplir : non la destruction mais la reconstruction en marche. Quelle nation prendrait le risque de se représenter détruite ? La destruction, ce sont ceux qui l'infligent qui la représentent.
Détail de la carte des destructions à Whitechapel
photo de William Vandivert pour Life, septembre 1940
dimanche 15 mars 2009
Secret Tea Room

Une photo de Ichigo Grrl sur flickr
prise dans le salon de thé des Petersham Nurseries
découvertes grâce à Emma Cassi, ainsi que Orange Pekoe
jeudi 12 février 2009
Victorian snapshots




Scènes londoniennes par Paul Martin, entre 1890 et 1905
En découvrant ces photos de Paul Martin sur Vintage Photographs, j'ai été saisie par l'exceptionnelle impression de vie qui s'en dégage. Ces Londoniens de la fin du XIXe siècle apparaissent non pas comme de rigides fantômes mais comme des hommes et des femmes en mouvement, marchant, courant, riant dans le flot de la grande ville. Certaines photos, comme celle du Caledonian Market avec ces jeunes garçons assis sur le trottoir entre ombre et soleil, donnent même la sensation de l'instant.
Certes d'autres photos de rue prises au XIXe siècle nous sont connues. Mais elles sont composées, soigneusement cadrées, voire mises en scène, à des fins commerciales comme pour le New York de la Byron Company ou à des fins politiques propres au réformisme social. Pensons aux quartiers pauvres de l'East Side de Jacob Riis ou aux rues de Londres de l'admirable Street Life in London (1877) de John Thomson et Adolphe Smith dont la photographie illustrant le chapitre" The Crawlers" est devenue une icône.
Si les photos de Paul Martin sont empreintes d'une telle spontanéité, c'est pour une raison très simple : elles n'ont jamais été posées mais toujours prises sur le vif grâce à appareil qu'il dissimulait sous son bras, camouflé en paquet, pour être précise un Facile de chez Fallowfield. D'un maniement aisé, cette ingénieuse boîte en bois ne nécessitait pas d'être ouverte pour le changement des plaques et un simple glissement de volet permettait de découvrir l'objectif .
Photographe amateur puis professionnel, graveur sur bois de formation, Paul Martin consacrait ses heures libres et ses vacances à sa passion, l'instantané, autrement dit "les gens et les choses tels que les voit l'homme de la rue". Dans son livre, Victorian Snapshots, il décrit le frisson d'excitation qui le parcourut la première fois qu'il prit en photo des gens sans être vu et le soulagement de ne pas être suivi par un petit gamin des rues ("street urchin") lui demandant de le prendre à nouveau : "Take me, guv'nor". Contre les hiérarchies de l'époque, qui plaçaient à leur sommet la photographie pictorialiste, pris dans les contraintes financières qui l'éloignaient d'une pratique luxueuse de la photographie, il revendiquait cette suprême liberté de ne pas contrôler ses sujets pour mieux se placer au plus près de la vie.



Le fonds Paul Martin est désormais la propriété de Getty Images
Attention : Vintage Photographs est un blog collectif russe [livejournal ] présentant des photos anciennes, privées ou publiques, presque toujours passionnantes mais certains envois ne sont pas exempts d'un voyeurisme complaisant (photos de camps, de prisonniers, de victimes du Ku Klux Klan, d'enfants morts entre autres)
samedi 29 novembre 2008
Orchestre et poulailler


Influencé par Degas, Walter Sickert a inlassablement capté, durant sa longue vie, l'incomparable lumière posée sur le visage des spectateurs des music halls et des théâtres, de Londres à Paris.

Noctes Ambrosianae, 1906,
Nottingham Castle
Spectators at the Old Bedford, 1897
Walker Art Gallery, Liverpool
Vesta Victoria at the Old Bedford, 1898
coll.privée
lundi 17 novembre 2008
Couleurs empoisonnées

"Cette indication de passer la langue sur une tablette de couleur , comme l'habitude qu'ont plusieurs aquarellistes de modifier la forme et la quantité de couleur de leur pinceau avec la bouche, soulève bien souvent la question de savoir si l'on ne court pas le risque de s'empoisonner en agissant ainsi.
Nous y répondrons que nous ne connaissons que deux couleurs capables, l'une de tuer, l'autre de purger : le vert Véronèse (Emerald Green) composé de cuivre, éminemment toxique, et la gomme gutte (Cambodge)".
Jean-Joseph Bonaventure Laurens, Instructions sur le procédé de peinture appelé aquarelle. Paris, Deslosges, 1861.

Boîtes d'aquarelle
en vente chez Green & Stone of Chelsea
une adresse de Feltbug
jeudi 16 octobre 2008
Suif et dentelles
Le petit ramoneur, court-métrage d'animation de 1935 de Lotte Reiniger
jeudi 14 février 2008
Tamise
En contemplant les bords de la Tamise, je repense au projet génial de Mark Dion, Thames Dig.
Les objets les plus triviaux, les détritus les plus divers (vieilles brosses à dents, cuillères en plastique, tessons de bouteille, etc) récoltés sur ses rives par une équipe de volontaires mis scrupuleusement en série et classés dans un meuble muséal monumental exposé à la Tate Modern. Un jeu sur les dispositifs classificatoires légitimes et leurs effets d'imposition.

Un tiroir du dispositif analogue du New England Dig
Un des derniers projets de Mark Dion : Travels of William Batram Reconsidered
E1 ------ N1

De Spitalfields à Islington via Ottolenghi










