mardi 27 octobre 2009
La femme dans le coffre

Détail de la Venus d'Urbino du Titien
mercredi 6 mai 2009
Reporters Associati




Quelques clichés issus du fonds des Reporters Associati, agence photographique dédiée au cinéma, comportant des photos de tournages, ambiances de plateau, portraits posés et volés des stars du cinéma italien des années 50 et 60 , prises entre autres par Pierluigi Praturlon, Tazio Secchiaroli ou Franco Fedeli.

Voir Divas Italia, âge d'or, mythes et réalités du cinéma italien
au sous-sol du Bon Marché à Paris jusqu'au 13 juin.
lundi 2 février 2009
Attirer le regard

En ce jour d'août 1951, Ruth Orkin, jeune photographe américaine de retour de reportage en Israël, s'amuse avec sa compatriote et amie rencontrée à Florence, la ravissante Jinx Allen Craig. A la faveur d'une conversation à la table d'un café, elles ont décidé de faire une série de clichés sur la vie des femmes voyageant seules, vendue plus tard à Cosmopolitan sous le titre Don't Be Afraid to Travel Alone. Par chance, piazza della Repubblica, Jinx, châle en guise de bouclier, tombe sur un amas de mâles italiens, Ruth se saisit de son appareil et surprend les jeux de regards. Il lui suffira de faire traverser la belle une seconde fois pour fixer l'image qui la rendra célèbre.
New York, début du siècle : Don Hewes (Fred Astaire), star de Broadway, a besoin d'une nouvelle danseuse pour son show, après avoir été lâché par sa partenaire. Il décide d'engager une inconnue, Hannah Brown (Judy Garland). Pour parfaire son allure, il lui offre une nouvelle garde-robe. A cette occasion, il lui demande si les hommes la regardent dans la rue. Devant sa confusion, il la fait marcher devant lui pour savoir ce qu'il en est.
Extrait de Easter Parade de Vincente Minelli (1948)
mercredi 2 avril 2008
Incandescence


Depuis son plus jeune âge, Fulvio Romiti a décidé de se consacrer aux lieux abandonnés comme un art de vivre. Faufilez-vous en sa compagnie à travers les ruines incandescentes d'une Italie interdite.

lundi 24 mars 2008
Giardini

Juste une envie de rêver à Ninfa

via Giardini di Ninfa- groupe Flickr
mercredi 12 septembre 2007
Cachettes et passages secrets



Images en noir et blanc issues du site consacré à La musica della Mafia , trilogie controversée initiée par Francesco Sbano, image du milieu : Tom Vos
"Lors de leur raid du 30 août, les policiers pensaient avoir arrêté tous les membres de la famille Giorgi, appartenant au puissant clan Vottari-Pelle, dans leur maison de Bosco Sant'Ippolito, un hameau en contrebas de San Luca, au coeur des montagnes de l'Aspromonte.Ce n'est que plus tard, en sondant les murs de la cave, qu'ils découvrirent trois hommes cachés dans un bunker. L'entrée était invisible derrière un mur de bouteilles de vin. Un pan de la paroi en brique coulissait sur deux gros rails grâce à une commande électrique. Une pratique utilisée depuis longtemps par les 'ndranghetistes entrés en clandestinité dans leur propre maison.
Dans l'Aspromonte, où les parrains qui brassent des affaires désormais "globalisées" ont besoin d'aller de temps à autre se "ressourcer", c'est tout le village qui prend la surveillance en charge. Un nombre incongru de jeunes motocyclistes sillonnent chacune de ces routes isolées pour signaler l'arrivée de visiteurs "suspects". Et, en quelques instants, le village se vide comme un décor de théâtre. En apparence, il n'y a plus que des masures gauchement modernisées ; en fait, elles abritent des caches à la James Bond.
Il y a un peu plus de deux ans, après l'opération "Marina", qui avait permis de saisir tout un arsenal, les carabiniers nous avaient emmenés à Plati, un village qui monte dur sur les collines. Giuseppe Barbaro, le chef du clan dominant, en cavale depuis neuf ans, avait tout bonnement été retrouvé caché chez lui, avec sa femme. Un système astucieux. A l'aide d'une télécommande, les trois marches du perron s'escamotaient devant la maison, et un véritable studio avec lit et réfrigérateur était accessible en sous-sol. Le temps que ses poursuivants arrivent, le boss avait ainsi "disparu" plusieurs fois. A l'intérieur se trouvait une deuxième cache dans la cuisine. Un banal évier encastré dans le mur pivotait, donnant accès à un dédale de tunnels souterrains débouchant, en pleine nature, dans le lit d'une petite rivière.
A Plati, il n'y a ni cinéma, ni bibliothèque, ni terrain de jeu. L'un de nos guides avait expliqué que "dans ces villages où il n'y a rien, à 6 ans, les gamins savent se servir d'un pistolet ; à 15, ils volent ; à 22, ils font partie des commandos de tueurs ; à 30 ans, ils sont chefs de clan. Il faudrait cinq à six générations pour tout changer". Une poignée de carabiniers opiniâtres et célibataires ("Qui risquerait la vie de sa femme ici avec nous ?") survivaient dans un bunker isolé.
A côté, la petite église Santa Maria, impeccable et déserte. Au pied d'un grand Christ étaient déposés, ce jour-là, à même le sol, des billets de banque que personne ne se hasardait à voler. Le Padre Emmanuelle Maggiore, un homme du Nord aguerri par des années au Zaïre et au Congo, nous avait confié : " Ici ? C'est pire que d'être missionnaire en Afrique ! Les enfants n'ont pas de modèle, l'Etat est absent ou, quand ses représentants se déplacent, c'est qu'ils viennent arrêter quelqu'un. Un sentiment d'abandon terrible." Et l'un des carabiniers, Massimiliano, avait renchéri : "Je vois tous ces gosses l'air buté. Je voudrais leur parler, rien à faire. Mon seul contact a été les cailloux qu'ils ont jetés sur mon pare-brise le jour de mon arrivée..."
Au cours de l'opération "Marina", on découvrira que l'administration de la mairie de Plati était asservie au clan Barbaro. On trouvera même une copie de délibération communale allouant des fonds au "secteur de l'aide aux fugitifs"."
Jean-Jacques Bozonnet et Marie-Claude Decamps
Le Monde, 5 septembre 2007
mardi 11 septembre 2007
Mensurations
San Remo, 1949, concours de Miss Italia.
A l'occasion de la cinquième édition du concours de Miss Italia, l'institut d'éducation physique Physicol s'était proposé de procéder à des relevés anthropométriques sur les candidates afin d'établir les proportions idéales de la Vénus du XXe siècle.
vendredi 7 septembre 2007
Sur l'ocre jaune

A Venise, il y a le Calle Amor dei Amici ; à Lucques, au pied de la surprenante Torre Guinigi, le Vicolo della Felicità. On peut se demander s'il ne s'agit pas d'une invention récente, à en juger par les trous affleurant sur le mur, traces d'une ancienne plaque. Reste qu'attribuer un tel nom à un cul de sac donne à réfléchir.

Deux images issues du site Luccavirtuale qui offre la possibilité de visiter toute la ville en suivant ses tracés antiques,
de la via Fillungo, ancien cardo, à la piazza dell' Anfiteatro, qui épouse les formes de l'ancien amphithéâtre,
à la Piazza San Michele, ancien forum
C'est surtout cette inscription sur le mur d'un petit village des collines pisanes qui m'a ravie. Via Gramsci - communisme rural toscan oblige -, argentée sur ocre, elle n'est guère lisible mais pour la jeune fille qui s'est réveillée un beau matin en la découvrant, elle sautait aux yeux :
BUON GIORNO PRINCIPESSA ...!

A moins que ce salut amoureux n'ait été destiné à la princesse endormie de la maison abandonnée non loin.

Addendum : grâce à Anna, l'inscription "Buongiorno Principessa" se lit sous un nouveau jour. Loin d'être l'invention isolée d'un habitant de ce petit bourg, c'est ni plus ni moins le salut qu'adresse Roberto Benigni à Nicoletta Braschi dans La vie est belle. Une phrase devenue culte en Italie !
Quant aux trous sous la plaque lucquoise, en voici l'explication.
jeudi 6 septembre 2007
Ombra della sera
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Cette statuette, vieille de 2300 ans, est l'une des pièces maîtresses du musée étrusque Guarnacci de Volterra : "Ombra della sera", ombre du soir, comme la nomma d'Annunzio après son "invention" , qui se déroula en plusieurs étapes et dans de curieuses circonstances. La légende veut qu'un jour de mars 1879, l'archéologue Henry Polsen, pris dans une giboulée de fin d'après-midi aux alentours de Poggio alla Rocca, chercha refuge chez un paysan. Ce dernier accueillit l'étranger par un bon feu, dont il entretenait les flammes méthodiquement. Le regard du savant finit par se fixer sur les va-et-vient mélodieux du tisonnier. Il ne mit pas longtemps à s'apercevoir que cette pièce métallique n'était autre qu' une très précieuse statuette votive étrusque, trouvée, aux dires de son propriétaire, dans un champ alors qu'il labourait.
Je crois me souvenir - mais je n'en ai pas gardé trace - qu'une semblable aventure arriva aux paléontologues Brigitte Senut et Martin Pickford, qui furent abasourdis d'identifier une calotte cranienne d'hominidé (qui n'était cependant pas Millenium Man) sur le bureau d'un géologue minier : elle lui servait de bougeoir.
mercredi 5 septembre 2007
Libro della cucina di Ada B.
Dans la cuisine de ma maison de vacances, j'ai trouvé ce livre de cuisine : La Scienza in Cucina, édition de 1924 du grand classique publié en 1890 par Pellegrino Artusi, qui l'élabora à l'aide de tout un réseau de correspondantes zélées prêtes à lui envoyer recettes et secrets depuis les régions d'une Italie unifiée quelques dizaines d'années auparavant.
En le feuilletant, je pensais prolonger ma lecture du beau livre de Massimo Montanari et Alberto Capatti, La cuisine italienne, histoire d'une culture, que j'avais emporté dans mes bagages. Mais c'est un tout autre monde qui s'est présenté à moi, celui vivant, sensuel de la nourriture en train de se faire, des taches d'aliments, des traces de plats, de l'enfant qui gribouille sur la table à côté, intrigué par de mystérieuses figures, des souvenirs glissés entre deux pages, des croix sur la recette du prochain repas familial, de l'usure des pages manipulées au fil des ans par la mère puis la fille. Le monde d'Ada B. pour laquelle je ne puis m'empêcher d'avoir une pensée émue.














