samedi 24 octobre 2009
Le saut du loup

"Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.
Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la Mère-grand. "
Une photo de Jose Luis Rodriguez,
Wildlife Photographer of the Year, 2009
jeudi 16 juillet 2009
Objets narratifs

Tord Boontje. Armoire figuier. 2008
Une armoire arbre, un lit cabane, une chaise de princesse, un bateau baignoire, un tapis mare de sang. Des objets inventés autant pour être utiles et beaux que pour raconter des histoires.
Une tendance du design contemporain que le Victoria and Albert Museum met en lumière et en ombre dans l'exposition Telling Tales, Fantasy and Fear in Contemporary Design.

Niels van Eijk, Miriam van der Lubbe. Pantoufles taupes. 2004

Jurgen Bey. Linnenkasthuis. 2002
dimanche 28 juin 2009
Contes

"Je m'aperçois de plus en plus que, lorsque j'écris de la fiction, j'aime que ce que j'écris possède, à un certain niveau, la structure forte et impersonnelle des contes. Je viens de terminer un roman - The Children's Book - dans lequel de nombreux êtres humains ont des histoires qui participent plus ou moins de la trame des contes de fées - dans ce cas en particulier les effrayantes histoires de pères qui tentent d'épouser leur fille, Peau d'âne, Toutes-Fourrures, Catskin. Il existe un niveau anonyme de toutes vies où nous ne sommes que narration. Ce niveau est celui de l'inquiétante étrangeté - une réalité irréelle qui nous interroge, nous attire, nous terrorise et nous satisfait tout à la fois."
A.S. Byatt." Inquiétante et délicieuse étrangeté des contes".
Le Monde des livres, 25 juin, à l'occasion de la publication de la nouvelle traduction intégrale des contes des frères Grimm chez José Corti
Photographie de Cara Barer "Fairy Tale", 2006, via La main gauche , dont Greg a retrouvé l'usage
mardi 21 octobre 2008
Ronces et épines

Contes du temps passé, gr. par louis Marvy, ed. par Léon Curmer (1843)
Gustave Doré, planche pour Les contes de Perrault. Hetzel, 1867
Bois dormant

Le Prince n'est jamais parvenu jusqu'au château et n'a pu réveiller la Belle au Bois dormant.
Le monde s'est recouvert d'un enchevêtrement de ronces et de toiles d'araignée
pour toujours.
Chiharu Shiota s'y est frayé un chemin.

Œuvres de 2008 exposées à la galerie Goff + Rosenthal à Berlin
jeudi 8 mai 2008
Pièges de verre

Piège à rongeurs, 2007
Maïssa Toulet élabore des boîtes hermétiquement closes mais toujours transparentes. Fermées et ouvertes tout à la fois. Elle n'y cache nul secret, elle n'y scelle nul trésor ; elle ordonne pour l'éternité de menus objets, selon des logiques empruntées aux dispositifs muséographiques et aux pratiques votives. La vue sans le toucher.
Que nous donne-t-elle à voir que nous ne saurions atteindre ? Ne s'agirait-il pas de l'activité de la pensée même, de son mouvement saisi pour toujours. Plus que des univers miniatures ou des collections, des cages à rêves, des pièges à associations d'idées, des prisons pour pensées fugitives. Il ne nous reste plus qu'à imaginer le bonheur de celui qui les trouvera intacts.

Prisonniers, 2007
"Dans les murs on avait creusé des cavités où étaient posés des vases de verre transparents remplis d'alcool coloré ou d'une fumée bleutée. Sur le sol, il y avait deux grands coffres de verre placés l'un en face de l'autre qui excitèrent immédiatement sa curiosité. En s’approchant de l'un d'eux, il vit à l'intérieur une belle construction semblable à un château entouré de dépendances, d'écuries et de granges, ainsi que d'une foule d'autres choses de ce genre. Tout était petit mais exécuté avec infiniment de soin et d'élégance et paraissait sculpté par une main habile avec une extrême précision. Il aurait contemplé‚ encore longtemps ces merveilles si la voix ne s'était pas à nouveau fait entendre. Elle l'engageait à se retourner et à regarder l'autre coffre de verre. Quel ne fut pas son étonnement d'y voir une jeune fille de la plus grande beauté ! " Extrait du Cercueil de Verre des frères Grimm.

L'atelier de Maïssa se situe
89, rue de Charonne dans le 11ème arrondissement à Paris.
Si vous voulez prendre rendez-vous avec elle,
vous pouvez la contacter à cette adresse : mtoulet@yahoo.fr,
lundi 3 décembre 2007
"Quand ils se réveillèrent, il faisait nuit noire"






Sous le pinceau de Lorenzo Mattotti,
Hänsel et Gretel,
débarrassés de toute trace de sucre,
rendus à la terreur d'être seuls dans une forêt la nuit.
Six planches à l'encre de Chine
présentées dans le cadre d'une 'exposition au Metropolitan Opera
via Endicott Studio
Même régime pour le Hansel et Gretel de Susanne Janssen
primé à la Biennale de Barreiro, aux éditions Etre
mardi 9 octobre 2007
Dans une coquille de noix
Que peut-on loger dans une coquille de noix ?
Des têtes de bébé
Dessin de Julie Morstad
Une toute petite fille

Illustration de William Heath Robinson
"« Quelle jolie fleur ! » dit la femme en déposant un baiser sur ces feuilles rouges et jaunes ; et au même instant la fleur s’ouvrit avec un grand bruit. On voyait maintenant que c’était une vraie tulipe ; mais dans l’intérieur, sur le fond vert, était assise une toute petite fille, fine et charmante, haute d’un pouce tout au plus. Aussi on l’appela la petite Poucette.
Elle reçut pour berceau une coque de noix bien vernie ; pour matelas des feuilles de violette ; et pour couverture une feuille de rose. Elle y dormait pendant la nuit ; mais le jour elle jouait sur la table, où la femme plaçait une assiette remplie d’eau entourée d’une guirlande de fleurs."
HC. Andersen. Poucette.
Des robes
Dans la version de Peau d'Ane par les frères Grimm, l'héroïne, grâce à sa fée marraine, peut garder ses robes dans une petite coquille de noix, qui lui fait office de coffre. Je verrais volontiers une prolongation de ce geste dans la scène de Fenêtres sur Cour où Grace Kelly fait sortir un superbe deshabillé d'une minuscule valise.
"Voyant qu’il n’y avait pas moyen de changer le cœur de son père, la pauvre fille résolut de s’enfuir. Durant la nuit, quand tout dormait, elle se leva et s’en fut à l’endroit où étaient enfermés ses bijoux ; elle en prit trois : une bague d’or, un rouet d’argent et un petit dévidoir en or. Les trois robes couleur de soleil, de lune et d’étoiles, elle les serra dans une coquille de noix ; elle revêtit le manteau de mille fourrures et se noircit la figure et les mains avec de la suie. Alors elle se recommanda à Dieu et partit. Elle marcha toute la nuit, jusqu’à ce qu’elle rencontrât une grande forêt. Comme elle était exténuée de fatigue, elle se blottit dans un arbre creux et s’y endormit."
Frères Grimm. Peau de mille bêtes. Allerleirauh.
Als nun die Königstochter sah, dass keine Hoffnung mehr war, ihres Vaters Herz
umzuwenden, so fasste sie den Entschluss zu entfliehen. In der Nacht, während alles
schlief, stand sie auf und nahm von ihren Kostbarkeiten dreierlei, einen goldenen Ring,
ein goldenes Spinnrädchen und ein goldenes Haspelchen; die drei Kleider von Sonne, Mond
und Sternen tat sie in eine Nussschale, zog den Mantel von allerlei Rauhwerk an und machte
sich Gesicht und Hände mit Russ schwarz. Dann befahl sie sich Gott und ging fort, und
ging die ganze Nacht, bis sie in einen grossen Wald kam. Und weil sie müde war, setzte
sie sich in einen hohlen Baum und schlief ein.
Voir l'excellent Maerchenlexikon et son index thématique.
L'univers tout entier
mercredi 16 mai 2007
Tire la chevillette et la bobinette cherra

Quelle merveille d'inventivité que cette illustration où l'on voit la maison de la grand-mère en coupe, envahie par une végétation qui descend raréfiée jusqu'aux profondeurs des tombeaux ! On la doit au graveur Louis Marvy pour le recueil Les contes du temps passé publié en 1843 par le grand éditeur romantique Léon Curmer. De la mise en page à la typographie des titres, des illustrations aux culs-de-lampe, tout y est d'une rare beauté.

vendredi 12 janvier 2007
Atelier Daguerre
Deux créations de l'Atelier Daguerre, une petite entreprise animée par Abigail Hamilton et Richard L. Thompson, à Bainbridge Island, dans l'état de Washington, aux Etats-unis.

"Il prit sa petite boîte et l'ouvrit. Immédiatement en sortit une foule de petites hommes, pas plus grands que des abeilles qui emplirent la chambre. Ils se mirent au travail avec une telle rapidité qu'en moins d'un quart d'heure, ils avaient construit et meublé une magnifique maison au milieu d'un adorable jardin, entouré d'un bois épais d'un côté, et d'une magnifique prairie, de l'autre. "

"Chère Princesse, je vous prie d'attendre un peu. Je vous apporterai moi-même un cheval digne de vous. Quelques instants plus tard, le Prince charmant apparut, guidant un sublime cheval, blanc comme la neige. Sa selle, de velours bleu, était brodée de perles et les brides étaient faites d'or et de perles. Quand le princesse voulut monter, le cheval s'agenouilla et se releva tranquillement quand elle eut fini de prendre place sur la selle".


