Le Divan Fumoir Bohémien

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jeudi 22 octobre 2009

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Cheminer par monts et par vaux sur la carte de Cassini








via la Datcha  de Louise

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mardi 19 mai 2009

Blitz



whitechapel

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Quiconque marche quelque temps dans l'Est de Londres peut ressentir dans les discontinuités et les trous du tissu urbain les traces des bombardements allemands. En cherchant une carte des dégâts causés par le Blitz, j'imaginais trouver de vastes zones blanches  comme autant de morceaux arrachés à la ville, "rayés de la carte", comme on dit. En découvrant les Bomb damage maps éditées par le London County  Council juste après la guerre, j'ai été naïvement étonnée de constater que les destructions étaient représentées non par impact mais  maison par maison, par un dégradé subtil de couleurs, allant du noir pour la destruction totale au vert clair pour les démolitions légères, selon un procédé en tous points semblable aux fameuses cartes de la pauvreté établies par Charles Booth, un demi-siècle plus tôt.

Ces cartes  figurent non pas le vide, le néant, malgré le paysage de désolation de la ville, mais des creux à remplir :  non la destruction mais la reconstruction en marche. Quelle nation prendrait le risque de se représenter détruite ? La destruction, ce sont ceux qui l'infligent qui la représentent.


Détail de la carte des destructions à Whitechapel
photo de William Vandivert pour Life, septembre 1940

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mercredi 13 mai 2009

Antiquiteiten

 

 

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roelofplan

roelof






Chez Heremijntijd, decoratieve antiquiteiten

7 Roelof Hartstraat, Amsterdam sud


 

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mardi 31 mars 2009

Les mouettes de Whistler




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Fils d'un  major  devenu ingénieur ferroviaire, James McNeill Whistler passa deux ans à West Point sans succès. Il se plaisait à raconter que  s'il n'était pas devenu général, c'était à cause de son échec à un examen de chimie. Ses talents artistiques furent néanmoins repérés par le professeur de dessin de l'académie militaire et il put entrer en 1854 sur sa recommandation à l'U.S. Coast Survey, chargé d'établir une cartographie  des côtes à l'usage des marins.

Employé au service du dessin topographique, où il ne fit pas vraiment preuve d'une grande rigueur mathématique, il fut ensuite transféré au service de la gravure. Après un premier essai, il élabora cette gravure de l'île d'Anacapa mais, passant outre toutes les conventions de représentation qui prévalaient, il ne put s'empêcher d'ajouter plusieurs groupes de mouettes en vol et prit un soin maniaque à individualiser chaque brin d'herbe en haut de la falaise balayée par le vent.



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Il fut congédié peu après. Sans doute à cause de ses libertés artistiques mais aussi en raison de sa nonchalance  roublarde (il avait fait l'achat de deux chapeaux identiques pour pouvoir en laisser un accroché dans son bureau, afin de rassurer ses supérieurs sur sa présence, tandis qu'il se gobergeait à la taverne du coin). 

Les mouettes furent bien vite effacées des cartes maritimes. Lui-même finit par bannir tout souci du détail de sa peinture.





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Une partie du ciel du Nocturne in Black and Gold, Falling Rocket, Detroit Institute of Arts





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jeudi 3 janvier 2008

Trouver son chemin

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1851, carte imprimée sur cuir par George Shove (The National Archives of the United Kingdom)

Une ingénieuse carte imprimée sur des gants pour permettre aux dames de se frayer un chemin de Crystal Palace vers les principaux monuments londoniens en cette année d'exposition universelle. Exposée dans le cadre de Maps : Finding Our Place in the World au Field Museum de Chicago.




via Bioephemera


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lundi 2 avril 2007

Terre !

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Assemblages de papiers colorés par le thé, de dessins, de gravures, les œuvres de l'artiste chilienne Emma Malig, inspirées des cartes-portulans et des insulaires,  sont autant de variations autour de l'utopie : des terres, encore vierges au regard, découvertes puis oubliées, effacées de la mémoire des hommes.

 

emma_malig_destierros

"Il y a les couleurs terre, terre de Sienne, terre d'Ombre, terre d'Ombre Brûlée, terre de Cassel, tous les Sépias et puis il y a Tierra-bruna, celle du sud, la pleureuse la bien aimée..."

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mercredi 21 février 2007

Déplacements urbains

Gilles Esposito Farese, quand il ne se consacre pas à l'astrophysique, aime à se livrer à de multiples exercices oulipiens. Le plus admirable, en tout cas le plus spectaculaire, est sans doute cette carte du métro parisien, où chaque nom de station a été transformé par anagramme. D'autres bien sûr s'y étaient essayés avant lui et de nombreuses expériences étrangères (Londres, Cleveland, Amsterdam, Montreal, Berlin, Chicago, Mexico, etc) l'ont précédé. Mais cette systématisation des plus réjouissantes nous donne vraiment de quoi réfléchir sur nos repères spatiaux : le Parisien le plus aguerri aura sans doute du mal à se retrouver dans ce réseau de mots étranges et devra se reporter au plan original. Parfait pour donner des rendez-vous secrets ou métamorphoser ses trajets quotidiens en poèmes aléatoires.



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Signalons dans la même logique d'"estrangement", une des nombreuses parodies que le fameux plan du métro de Londres a suscitées : "If England had lost the war".



london_untergrund_klein

Pour finir, une merveille de clarté et de synthèse : un panneau d'arrêt de bus, londonien encore,  comme une invitation à choisir entre plusieurs chemins, avec durées et distances vous séparant de votre point d'arrivée.

 

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lundi 22 janvier 2007

Ludovicus Rex Orbis Terrae

La bibliothèque nationale de France présente sur son site une exposition virtuelle sur les globes de Coronelli qui viennent d'être à nouveau offerts à la curiosité du public, après avoir été remisés dans des caisses pendant presque tout le XXe siècle. Dans des feuilletoirs (quel beau mot !), vous pourrez tout à loisir contempler leurs détails peints d'une extraordinaire richesse : zodiaque, constellations, faune, bateaux, habitants.  Ici, quelques cartouches issus du globe céleste,  "boule de nuit bleue cerclée de cuivre,  peuplée de créatures mythologiques" et du terrestre,  " sphère bigarrée de mots, blasonnée d’histoires", selon les mots d'Olivier Rolin dans sa malicieuse Invitation au voyage, où il imagine, à Marly,  un Louis XIV rêvant devant les sphères tournoyantes, assis sur un trône volant, et une Madame de Maintenon transformée en Sheherazade cosmographe.

"Fines cursives serrées, sobres capitales, majuscules tressées de rinceaux pourpres, dorés, outremer, les lettres couvrent la terre d'un filet de lignes entrecroisées. Leurs caravanes s'étirent le long des fleuves vermiculés, se croisent au coeur des déserts, enjambent les montagnes rangées comme des taupinières. Les côtes sont frangées de noms qui font comme des cils sur le bleu des mers, les lettres voguent sur les gouffres parmi les flottes et les monstres, les lettres sont la chair du monde, on les voit paraître sous sa peau, lorsque la soulève, comme une plaie, l'échancrure d'un cartouche. Le globe est une galerie de tableaux, aussi, et un cabinet de curiosités. "


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lundi 4 décembre 2006

Hiver russe

Cette "carte figurative des pertes successives en hommes de l'armée française pendant la campagne de Russie 1812-1813" que l'ingénieur des ponts et chaussées Charles Joseph Minard élabora en 1869 est l'un des graphiques les plus raffinés jamais élaboré avant l'informatique.  Il synthétise pas moins de six données. Sur une carte de Russie, munie de repères chronologiques, la grande bande rose indique la taille de l'armée française, forte de422 000 hommes à l'origine et réduite à 100 000 hommes à son arrivée à Moscou. La bande noire inférieure figure les pertes successives lors de la retraite où l'armée finit à 10 000 hommes. Les lignes verticales renvoient à une échelle de températures avec les records de froid atteint pendant l'hiver (- 30 degrés le 6 Xbre).  Une vertigineuse ingéniosité !


 

Minard_carte_figurative

Cliquez pour agrandir


Extrait des papiers du Capitaine de la Grande Armée, Jean-Baptiste Villeminot :

Noms des villes et des villages
où j’ai passé à la retraite de Russie

  • Le 18 octobre 1812, à 7 heures du matin, à la Saskowa, grand houra.
  • Le 19 et le 20, à Wornowo et devant le château de M. Rotopschin, gouverneur de Moskou.
  • Le 21, à Formineskoé, où j’ai appris par un officier italien la révolution qui avait eu lieu à Paris.
  • Le 22, à Borovsk, sur la Protwa (rivière), ville aux oignons.
  • Le 23 et 24, près de Malojaroslavetz. Grande bataille par le corps italien.
  • Le 25, à 7 lieu[es] de Kaluka.
  • Le 26, à Ouvarovskoé, en pleine retraite.
  • Le 27, à Alferewa, petite ville qui a été entièrement brûlée. .
  • Le 28, à Mitiaewa.
  • Le 29, à Ouspeuskoué, où j’ai perdu mon dernier cheval.
  • Le 30, à Prokorefo, Guillemot a eu son porte-manteau de volé.
  • Le 31, à Giot, un très jolie ville (toute brûlé[e]).
  • Le 1er novembre, à Velistschewo, (grand froid et grande neige).
  • Le 2, à Foederowskoé, sans pain ni viande et couché en plaine.
  • Le 3, à Wiasma, très jolie ville où il y avait de très jolis édifices, mais tout a été brûlé.
  • Le 4, à Roulkeki. .
  • Le 5 et 6, Jalkow, rien...
  • Le 7, à Zazelé, dans les bois, je me suis couché dans mon manteau, à mon réveil j’avais au moins six pouces de neige sur moi et je ne me suis pas ressenti du froid.
  • Le 8, à Stoboda.
  • Le 9, dans les bois.
  • Le 10, soi-disant à Doukovchtchina.
  • Le 11, à Wolodemerowa où j’ai eu environ un quart de livre de pain pour 6 francs, que nous avons partagé à quatre personnes; il y a neuf jours que je n’en avais vu.
  • Le 12 et 13, à Smolensk.
  • Le 14, à Toubna, à 2 lieues de Smolensk.
  • Le 15 et 16, à Krasnoé, grand houra. .
  • Le 17, à Piadoui, dans la forêt.
  • Le 18, à Doubrowna avec un colonel de lanciers, du pain pris des Juifs à force d’argent.
  • Le 19, à Orcha.
  • Le 20 et 21, à Kokhanowo, rien.
  • Le 22, dans le bois où la 2e division de cuirassiers. Grand houra.
  • Le 23, à Toloczin, rien.
  • Le 24, à Bobr, forêt.
  • Le 25, à Nalscha, près d’une chapelle dans la forêt.
  • Le 26, à Nemonitza, nous avons trouvé à force de bras (car la terre était extrêmement gelée), quelques carottes dans la terre.
  • Le 27, à Weselowo, près la Bérézina.
  • Le 28, à Zembin. C’est le 28 que nous avons passé la Bérézina. C’est dans cet rivière où il a péris beaucoup de misérables qui se sont jetés dans la glace pour se sauver de l’ennemi.
  • Le 29, à Kamen.
  • Le 30, à Zowichino où nous avons trouvé le commencement des pommes de terre.
  • Le 1er décembre, à Hia.
  • Le 2, à Molodetschino, plus de misère.
  • Le 3, à Markovo, chez les Juifs, pain, vin, etc.
  • Le 4, à Smorgoni.
  • Le 5, à Joupronoul, où le fils de M. le major Dubin est mort.
  • Le 6, arrivé à Vilna, ayant fait 16 lieue[s].C’est le 5 et 6 décembre où il a fait les plus grands froids et où il a perri le plus de monde; il y avait 28 degrés de froid. (Un charnier de grognards a été retrouvé dans la banlieue nord de Vilnius, les fouilles, menées par le CNRS, ont permis de mettre au jour la présence de très jeunes adolescents et bien sûr de femmes parmi les soldats).
  • Et le 7, 8 et 9 inclus, Villena.
  • Le 10, à Evé, petit village dans les bois.
  • Le 11, à Zismovi.
  • Le 12, à Kowno. Ici finissent nos peines.

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Aquarelle anonyme, Musée de l'armée, Paris.



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mardi 14 novembre 2006

Cartes de soie

Durant la seconde guerre mondiale furent mises au point les premières cartes imprimées sur tissu, dont l'invention revient à Christopher Clayton Hutton. Membre du MI9, sous-section de la British Military Intelligence créée en décembre 1939, il contribua grandement à remplir les cinq missions dévolues à cet organe : faciliter les évasions, aider au retour des évadés, collecter et diffuser l'information sur les évasions, empêcher l'ennemi d'en tirer parti  et maintenir le moral des prisonniers de guerre britanniques.

A l'origine, Hutton fut engagé pour créer des équipements nécessaires aux évasions. Son attention fut attirée sur les cartes par une remarque du Field Mashall  Gerald Templar,  sur le fait qu'il était "au mieux difficile, au pire imposible de s'évader sans carte". 

A l'hôtel Métropole de Londres, siège des quartiers généraux du MI9, Hutton commença à se pencher sur la question. C'était un inventeur et non un géographe. Il entra donc en relation avec John Bartholomew, de la grande dynastie écossaise de cartographes, qui leva les droits de reproduction sur toutes les cartes de sa maison d'édition concernant les pays d'Europe afin de payer sa part  à l'effort de guerre. Assuré des sources documentaires, il se mit à réfléchir au support sur lequel imprimer les cartes : d'un pliage aisé, résistant à la pluie, facile à cacher dans de tout petits endroits. Après de multiples tentatives d'impression sur soie, il était prêt à abandonner quand il pensa à ajouter une sorte de cire dans la composition de l'encre afin qu'elle ne se dissolve par sous la pluie ou dans l'eau de mer. Il continua ses recherches autour d'autres supports, en particulier le papier de feuilles de mûrier. Papier hybride à la texture des pelures d'oignon, d'une durabilité extrême, il pouvait se plier très facilement et se cacher dans des objets aussi petits d'une pièce d'échec.

En novembre 1942,  un petit contigent d'officiers de l'American Intelligence vinrent en Angleterre pour prendre connaissance des dernières trouvailles britanniques. Ils se virent remettre un petit livret intitulé Per Ardua Libertas où étaient détaillés tous les types de supports pour les cartes d'évasion. Après cette réunion, les Etats-unis commencèrent eux aussi à produire leurs propres escape maps.

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Dos d'une carte de France

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Détail de la carte de l'Allemagne

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Etui

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Instructions pour les personnes recueillant un aviateur

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Kit d'evasion
Il est possible de se procurer un facsimile d'Escape kit
à l'Imperial War Museum de  L ondres

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Cliquez sur  l'image pour découvrir les autres inventions de Clayton-Hutton que Lizzie Ridout,
lors de son fellowship pour la British Library, a compilées dans son scrapbook.
Official Secret - The Remarkable Story of Escape Aids -
Their Invention, Production and the Sequel; Clayton Hutton;
Max Parish; 1960; cote 9196.1.22

 

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