mercredi 7 octobre 2009
Nuques







Boucher. Étude. Louvre
Watteau. Études de têtes. Louvre
John Constable. Étude de jeune fille. Louvre et portrait de jeune fille, coll. part.
Onesipe Aguadao, Gilman Paper Company collection
Alfred Stevens. Tête de femme, musée Magnin, Dijon.
Degas. Étude. Louvre
Eugene Franck. Menuet. Camera Work, avril 1910
lundi 21 septembre 2009
Petits arrangements avec la mode
"Les dépenses d'habillement à Cranford étaient principalement consacrées à l'article auquel je viens de faire allusion. Si les têtes étaient enterrées dans d'élégants nouveaux bonnets, les dames, telles des autruches, ne prêtaient pas attention à ce qu'il advenait de leurs corps. Vieilles robes, vénérables cols blancs, broches en nombre, en haut, en bas, un peu partout ( certaines avaient des yeux de chiens peints, d'autres étaient comme des petits cadres avec des mausolées et des saules pleureurs soigneusement exécutés et des cheveux à l'intérieur, d'autres encore comportaient des miniatures de messieurs et de dames se souriant avec douceur au travers d'un nid de mousseline). De vieilles broches pour un ornement permanent et de nouveaux bonnets pour suivre la mode du jour : les dames de Cranford s'habillaient toujours avec une élégance chaste et appropriée, comme Miss Barker le dit un jour joliment.
C'est avec trois nouveaux bonnets et le plus grand nombre de broches jamais vues ensemble en une seule fois à Cranford que Mrs Forrester, Miss Matty et Miss Pole apparurent en ce mémorable mardi soir. J'ai moi-même dénombré sept broches sur la robe de Miss Pole. Deux étaient négligemment accrochées à son bonnet (l'une était un papillon en galets d'Ecosse, qu'une vive imagination aurait pu prendre pour un vrai), une troisième était fixée à son cache-col, une autre à son col, l'une ornait le devant de sa robe, à mi-chemin entre la gorge et la taille, une autre la pointe de sa pièce d'estomac. Où la septième se trouvait-elle ? Je l'ai oublié mais elle était quelque part sur elle, j'en suis certaine."
Elizabeth Gaskell. Cranford (1851-1853). Ch VII. "Your Ladyship".

Album de Henry Cole. 1850
Victoria and Albert Museum
Broches présentées par les Three Graces
jeudi 23 juillet 2009
Small Hythe
A Small Hythe, ferme élizabethaine d'Ellen Terry, sont exposés, serrés dans de petites vitrines, des objets ayant appartenu à la grande actrice. Ses accessoires de théâtre comme mille vies incorporées en elle :
- chapelet utilisé dans Romeo et Juliette
- fermoir porté dans le rôle de Cordelia
- collier porté dans The Medecine Man
- coraux portés dans Olivia
etc
Un bijou m'a particulièrement intriguée : un collier composée d'une trentaine de perles différentes en céramique ou pâte de verre posé sur un coussin de velours avec pour chaque perle, une étiquette portant le nom d'une personne qui ne m'a pas semblé appartenir au domaine de la fiction. Un chapelet d'amitiés ?



mercredi 8 juillet 2009
Ancien et nouveau mondes


Les objets précieux et les bijoux de De Vera
1 crosby street, New York
photos empty garden et Roland Bello



Les découpages et ephemera de John Derian
10 east second street, New York
photos de Martyn Thompson et Roland Bello






Les savants assemblages de chez Obsolete
222 main street, Venice
tableau de Lauren McInstosh
mercredi 4 février 2009
Accoustrements de senteur

Accoustrements de senteur ou petites pièces d'orfèvrerie portées au bout d'une chaîne, en pendentif ou à la ceinture, afin de recevoir dans leur grille ouvragée des parfums solides (musc, ambre gris, cannelle), à l'instar des pomanders offerts en présents du nouvel an à Elizabeth. La personne était ainsi enveloppée de volutes odorantes dès qu'elle se mouvait, créant un rempart invisible entre elle et les maladies.
Détail du portrait d'Anne Fernely par Anthonis Mor van Dashorst (Rijksmuseum)
dimanche 1 février 2009
Abeille en collier

Ou comment la légèreté allusive des illustrations d'André Pécoud
ajoute au régal du sadisme appuyé de la comtesse de Ségur
- - o O o - -
« Je vais lui couper la tête, se dit-elle, pour la punir de toutes les piqûres qu'elle a faites. »
En effet, Sophie posa l'abeille par terre en la tenant toujours à travers le mouchoir, et d'un coup de couteau elle lui coupa la tête; puis, comme elle trouva que c'était très amusant, elle continua de la couper en morceaux.
Elle était si occupée de l'abeille, qu'elle n'entendit pas entrer sa maman, qui, la voyant à genoux et presque immobile, s'approcha tout doucement pour voir ce qu'elle faisait ; elle la vit coupant la dernière patte de la pauvre abeille. Indignée de la cruauté de Sophie, Mme de Réan lui tira fortement l'oreille.
Sophie poussa un cri, se releva d'un bond et resta tremblante devant sa maman.
« Vous êtes une méchante fille, mademoiselle, vous faites souffrir cette bête malgré ce que je vous ai dit quand vous avez salé et coupé mes pauvres petits poissons.
SOPHIE. J'ai oublié, maman, je vous assure.
MADAME DE RÉAN. · Je vous en ferai souvenir, mademoiselle, d'abord en vous ôtant votre couteau, que je ne vous rendrai que dans un an, et puis en vous obligeant de porter à votre cou ces morceaux de l'abeille enfilés dans un ruban, jusqu'à ce qu'ils tombent en poussière.»
Sophie eut beau prier, supplier sa maman de ne pas lui faire porter l'abeille en collier, la maman appela la bonne, se fit apporter un ruban noir, enfila les morceaux de l'abeille et les attacha au cou de Sophie. Paul n'osait rien dire; il était consterné quand Sophie resta seule, sanglotant et honteuse de son collier, Paul chercha à la consoler par tous les moyens possibles; il l'embrassait, lui demandait pardon de lui avoir dit des sottises, et voulait lui faire croire que les couleurs jaune, orange, bleue et noire de l'abeille faisaient un très joli effet et ressemblaient à un collier de jais et de pierreries. Sophie le remercia de sa bonté, elle fut un peu consolée par l'amitié de son cousin mais elle resta très chagrine de son collier. Pendant une semaine, les morceaux de l'abeille restèrent entiers; mais enfin, un beau jour, Paul, en jouant avec elle, les écrasa si bien qu'il ne resta plus que le ruban. Il courut en prévenir sa tante, qui lui permit d'ôter le cordon noir. Ce fut ainsi que Sophie en fut débarrassée, et depuis elle ne fit jamais souffrir aucun animal."
"L'abeille", Les malheurs de Sophie, (1859)
Photo prise sur les quais juste après l'hôtel de ville, en remontant la Seine, chez un bouquiniste (belle tête barbue, écharpe mitée rivalisant avec les frusques de Miroslav Tichy ) dont la boîte recèle en ce moment de superbes manuels scolaires des années 30
jeudi 8 janvier 2009
Coffret de papier

Une page du Kleinodienbuch de la duchesse Anna de Bavière (vers 1550), livre de bijoux dans lequel Hans Mielich a peint plus de soixante-dix pendentifs, broches et châtelaines sur fond de couleur foncée rehaussé de cadres décoratifs aux entrelacs subtils.
Découverte de l'inestimable Peacay de Bibliodyssey.
(conservé à la Bayerische Staatsbibliothek)
dimanche 7 décembre 2008
Diamants et lipizzans : métamorphoses

Où l'on découvre ce qu'un diamant bleu et un lipizzan blanc ont pu être dans une vie antérieure
{.........................................}
PARIS (AFP) 18 novembre 2008 — Le mythique diamant bleu de la Couronne dérobé pendant la Révolution française et le diamant Hope exposé à la Smithsonian Institution de Washington ne seraient qu'une seule même pierre, sauvagement retaillée, selon des chercheurs du Muséum d'histoire naturelle, qui doutent qu'elle revienne un jour à la France.
La rocambolesque histoire du "diamant bleu", rapporté des Indes par un aventurier français, vendu à Louis XIV et magnifiquement taillé en "rose de Paris", connaît un nouveau rebondissement avec la récente découverte d'un modèle en plomb au Muséum d'histoire naturelle à Paris.
Les joailliers avaient alors l'habitude de fabriquer une réplique en plomb, verre ou céramique de leurs gemmes, pour en garder une trace ou à des fins d'enseignement, explique François Farges, chercheur au département Histoire de la terre du Mnhn, qui a retrouvé ce modèle le 8 décembre 2007 dans l'inventaire de la collection de minéralogie. Le plomb correspond parfaitement au célèbre diamant bleu de 69 carats, chef-d'œuvre de joaillerie baroque d'un bleu foncé exceptionnel, avec sa double symétrie impaire (triangulaire d'ordre 7). Les sept facettes forment un soleil à sept rayons, probablement un symbole du Roi soleil en personne, monarque de droit divin, selon l'étude publiée dans la Revue de gemmologie.

Le diamant bleu de la Couronne, serti sous Louis XV dans le grand insigne de l'ordre de la Toison d'or, sera porté une dernière fois par Louis XVI aux états généraux en 1789. Il est volé au cours de son exposition au public avec d'autres biens royaux, en 1792. "Quelques guillotines, un empereur et vingt ans après, un diamant bleu de 45,5 carats réapparaît outre-Manche", racontent les chercheurs. Cette apparition intervient curieusement 20 ans et deux jours après la mise à sac du garde meuble royal, soit "deux jours après la prescription légale du vol", notent-ils. Le premier propriétaire véritablement reconnu de ce "nouveau" diamant bleu est Henry Philip Hope, banquier londonien. Pour de nombreux historiens, le "diamant Hope", qui passe de main en main avant d'être donné à la Smithsonian Institution de Washington n'est autre que le diamant bleu retaillé.
Restait à apporter des preuves. La comparaison numérique du diamant bleu reconstitué et du diamant Hope a permis d'établir que ce dernier "rentre parfaitement dans l'autre au centième de millimètre près", explique M. Farges. Le poids recalculé du modèle en plomb correspond également au fameux diamant bleu.
Parallèlement à l'étude numérique, François Farges et son équipe internationale ont mené une véritable "enquête policière" à la poursuite du diamant bleu. Ils ont ainsi découvert que le catalogue du Muséum mentionne le "modèle d'un diamant remarquable par sa limpidité, appartenant à Mr Hoppe de Londres". De Hoppe à Hope, il n'y a qu'un pas. Pour le chercheur français, ce "faisceau de convergences" renforce la thèse du vol et de la vente du diamant retaillé au banquier anglais. Une autre thèse voudrait que "Danton ait organisé le vol des joyaux de la couronne pour payer les troupes austro-prussiennes lors de la bataille de Valmy, afin qu'ils ne livrent pas bataille", résume M. Farges.
La France pourrait-elle récupérer le diamant bleu ? "Non", tranche M. Farges : retaillé, le diamant qui se trouve à la Smithsonian "est une pierre complètement différente". "Si on me demandait de dire devant un tribunal que je suis sûr à 100% qu'il s'agit du même diamant, je ne le pourrais pas, car la nature et la composition chimique du diamant bleu d'origine n'ont jamais été documentées", ajoute-t-il. Et puis, aux yeux de ce passionné, le plomb a "plus de valeur culturelle et historique que le diamant Hope, si mal taillé que c'est vraiment une pièce de charbon".

{.........................................}
"Sous votre pureté d'enfant de chœur et vos accents de sérieux professionnel, seriez-vous avec votre complice (pardon, avec votre client) en train de faire allusion à l'étrange particularité des chevaux lipizzans, qui naissent noir comme jais et ne blanchissent qu'avec l'âge, particularité ayant conduit à baptiser de leur nom un type original de compte bancaire conçu par mon défunt père bien-aimé, l'éminent et décoré Edward Amadeus Brue, qu'à bien des égards je continue de vénérer comme le pilier même de la probité bancaire, durant ses dernières jeunes années à Vienne, quand l'argent sale d'un empire du Mal en pleine chute s'échappait par camions entiers à travers un rideau de fer en plein effilochage ? "
John le Carré. Un homme très recherché, Seuil, 2008,
tr. par Mimi et Isabelle Perrin de A Most Wanted Man

Johann Georg von Hamilton. Lipizzaner Museum, Vienne
vendredi 21 novembre 2008
Cieux hollandais
Truike Verdegaal, extraordinaire joaillère hollandaise, crée des bijoux comme des tableaux où chaque élément prend sa place dans un réseau de significations très élaboré. Puisant son inspiration dans les œuvres du XVIIe siècle, elle transforme ainsi les perles en nuages et les tessons de porcelaine en nature morte sur table mise.

Merci à Ana pour ses trésors collectés durant
Des jours et des nuits
Détail d'un paysage de Harleem par Ruisdael (Rijksmuseum) +
un article amusant de météorologue fou sur la réalité des formations nuageuses dans la peinture hollandaise
samedi 8 novembre 2008
Faire-part
Nouvelle inespérée, Miss Clara ouvre à nos yeux ébahis ses carnets :
vous y ferez de bien surprenantes découvertes sur ses activités et
l'attente de ses nouveaux billets sera une torture délicieuse !

Tandis qu'une autre belle dame brune, en son grand-duché, nous fait entrer dans
la belle saison.
N'y fleurissent que les espèces les plus rares et les mots les plus choisis.
A n'en point douter ma saison préférée.



"Un parfum violent monta jusqu'à lui, un
parfum de cassolette orientale, de benjoin, d'encens ;
un parfum connu,et que cependant il ne parvenait pas à identifier.
Prudemment, du bout
de l'ongle, il écarta le lit de sciure :
de petits œufs jaunâtres
apparurent, brillants et poussiéreux.
Et tout à coup le passé lui sauta
au visage : ces grains jaunes...
Le collier d'ambre et de musc !
Le
collier de Rachel. "
Roger Martin du Gard. Les Thibault, La belle saison.












