Le Divan Fumoir Bohémien

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mardi 20 octobre 2009

L'album de Barbara



 

 


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A partir de l'âge de huit ans, Barbara Johnson, (1738-1825), fille du révérend Woolsey Johnson et de la merveilleuse Jane Johnson, s'appliqua à tenir une sorte de journal de sa vie à travers ses vêtements : sur un livre de comptes - dont on ne sait comment il lui fut transmis -, elle épinglait les échantillons de tissu - avec l'indication du prix, du métrage, du nom de la personnage lui ayant éventuellement offert le tissu, la destination du vêtement - et collait des gravures de mode issues des Pocket Books, petits ouvrages reliés en cuir contenant des pages blanches, mois par mois, utilisées comme  agenda, mais aussi des pas de danses, des recettes de cuisine, des énigmes, des petites histoires, des poèmes, des listes de prix et une sorte de guide des dernières modes.

Femme cultivée et gaie, toujours soucieuse de la mode du jour, elle ne se maria jamais mais vécut parmi parents et amis jusqu'à l'âge de 85 ans, marquée par des deuils successifs comme autant de taches noires dans son album bigarré.




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Barbara ne fut pas la seule femme de son époque à collecter des memorabilia de sa garde robe. Laetitia Powell habilla vingt-trois poupées, de 1754 à 1832, à son effigie. Une autre dame anglaise, restée anonyme, dessina à l'aquarelle 49 esquisses de robes, de 1784 à 1805, accompagnées d'annotations très fournies. La propre nièce de Barbara, Harriet Dalrymple, confectionna un album de dessins de mode de 1797 à 1799.


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L'album, acheté à une vente aux enchères de Christie's en 1973, est aujourd'hui conservé au Victoria and Albert Museum.

Il a fait l'objet d'une édition en fac-similé, aujourd'hui épuisée,  chez Thames and Hudson, en 1987. Barbara Johnson's Album of Fashion and Fabrics.Natalie Rothstein, ed.

 

 

lundi 19 octobre 2009

Revival




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Photos de William Selden,  style de Katie Shillingford
pour le numéro de novembre 2009, "Imagination Issue",  de Dazed and Confused









Grâce à la précieuse Artemis

mercredi 30 septembre 2009

Conversation pieces







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Francis Torond.




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Isacc III Taylor







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deux pièces du prolifique Augustin Edouart, vers 1830







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Anonyme, vers 1840



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conversation avec une  lettre, vers 1850












Archives de la maison Bonhams

Voir Emma Rutherford. Silhouettes ou l'art de l'ombre. Citadelles-Mazenod, 2009

lundi 21 septembre 2009

Petits arrangements avec la mode

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"Les dépenses d'habillement à Cranford étaient principalement consacrées à l'article auquel je viens de faire allusion. Si les têtes étaient enterrées dans d'élégants  nouveaux bonnets, les dames, telles des autruches, ne prêtaient pas attention à ce qu'il advenait de leurs corps. Vieilles robes, vénérables cols blancs, broches en nombre, en haut, en bas, un peu partout ( certaines avaient des yeux de chiens peints, d'autres étaient comme des petits cadres avec des mausolées et des saules pleureurs soigneusement exécutés et des cheveux à l'intérieur, d'autres encore comportaient des miniatures de messieurs et de dames se souriant avec douceur au travers d'un nid de mousseline). De vieilles broches pour un ornement permanent et de nouveaux bonnets pour suivre la mode du jour : les dames de Cranford s'habillaient toujours avec une élégance chaste et appropriée, comme Miss Barker le dit un jour joliment.

C'est avec trois nouveaux bonnets et le plus grand nombre de broches jamais vues ensemble en une seule fois à Cranford que Mrs Forrester, Miss Matty et Miss Pole apparurent en ce mémorable mardi soir. J'ai moi-même dénombré sept broches sur la robe de Miss Pole. Deux étaient négligemment accrochées à son bonnet (l'une était un papillon en galets d'Ecosse, qu'une vive imagination aurait pu prendre pour un vrai), une troisième était fixée à son cache-col, une autre à son col, l'une ornait le devant de sa robe, à mi-chemin entre la gorge et la taille, une autre la pointe de sa pièce d'estomac. Où la septième se trouvait-elle ? Je l'ai oublié mais elle était quelque part sur elle, j'en suis certaine."

Elizabeth Gaskell. Cranford (1851-1853). Ch VII. "Your Ladyship".






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Album de Henry Cole. 1850
Victoria and Albert Museum


Broches présentées par les Three Graces

jeudi 23 juillet 2009

Small Hythe





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A Small Hythe, ferme élizabethaine d'Ellen Terry, sont exposés, serrés dans de petites vitrines, des objets  ayant appartenu à la grande actrice. Ses accessoires de théâtre comme mille vies incorporées en elle :

- chapelet utilisé dans Romeo et Juliette

- fermoir porté dans le rôle de Cordelia

- collier porté dans The Medecine Man

- coraux portés dans Olivia

etc

Un bijou m'a particulièrement intriguée : un collier composée d'une trentaine de perles différentes en céramique ou pâte de verre posé sur un coussin de velours avec pour chaque perle, une étiquette portant le nom d'une personne qui ne m'a pas semblé appartenir au domaine de la fiction. Un chapelet d'amitiés ?






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mardi 30 juin 2009

Chagrins et nerfs



rose

 

vert

mauve

marbrures

chartreuse






En 2006, la photographe Veronica Bailey a été invitée à  explorer la bibliothèque  rassemblée au milieu du XIXe siècle  par la richissime héritière et philanthrope  Angela Burdett-Coutts pour parfaire l'éducation du personnel de Coutts & Co, l'une des plus anciennes banques londoniennes.

De ces heures de lecture et de manipulation sont issues deux magnifiques séries de grands formats  : Hours of Devotion, portraits  individuels entrant dans l'intimité des pages feuilletées par des centaines et des centaines de mains, et Shelf Life, où  les volumes "anonymisés" (les titres ont été effacés digitalement) sont réduits à une alternance de bandes de couleurs,  hommage aux Cantos de Barnett Newman , afin de mieux révéler les marques de  l'usure et de l'usage.



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via Indigoalison

samedi 21 mars 2009

Le corail de Darwin




tree1837




Dans un carnet, désormais appelé le Notebook B, Darwin a dessiné un beau jour de 1837 à la plume une forme ramifiée, connue  pour être le troisième diagramme de l'évolution. Au-dessus, on peut lire les mots :  "I think"," je pense".

Ce pourrait être le parfait résumé du livre d'Horst Bredekamp, Les coraux de Darwin. L'auteur, historien de l'art et philosophe, adepte d'une approche multidisciplinaire, marquée  par l'histoire de la culture visuelle,  s'est intéressé comme un limier à une part négligée de l'œuvre du grand savant : ses dessins et esquisses dans les moindres recoins des manuscrits, même en pointillés ou sous forme du plus évanescent des traits de crayon,  parfois même à la loupe. A priori, cette quête obsessionnelle pourrait paraître rebutante mais il n'en est rien car elle est supportée par une idée forte :  l'image n'est pas illustration de la pensée scientifique, mais support du processus intellectuel, accélératrice d'idées.  Autrement dit, suivre le tracé des dessins de la main de  Darwin permettrait de saisir le mouvement de sa pensée et d'entrer dans le laboratoire de ses idées. C'est dans l'"alternance tâtonnante" des notes et des esquisses que réside l'origine de ses audaces.


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Illustration de Peter Sis pour  The Tree of Life.


Je ne m'emploierai pas ici à retracer le cheminement subtil et sinueux du raisonnement de l'auteur (dont bien des pages m'ont échappé). Mais son attachement à discerner la puissance créatrice des images et les contradictions internes dont elles sont la source m'a paru passionnant.

Le darwinisme est largement associé à l'image de l'arbre, dont les ramifications représenteraient l'évolution des espèces. Or ce modèle était au départ absent des recherches de Darwin. A  l'arbre de vie, marqué par l'ancienne tradition de la représentation des lignages et enfermé dans une dynamique temporelle orientée vers une fin, il préféra lors de ses premiers travaux le modèle du corail. Bredekamp fait remonter sa fascination à un échantillon de petite algue coralliforme, l'Amphiroa Orbignyana,  rapportée de son voyage sur le Beagle. Très tôt, ses esquisses montrent une prédilection pour cette forme  circulaire, anarchique et irrégulière. Le corail avait cette vertu de permettre de visualiser l'action du temps en rendant visible d'un seul coup d''œil la séparation entre les espèces vivantes et les espèces mortes, représentées par les branches pétrifiées. Il fournissait un modèle spatial des processus temporels particulièrement adéquat à sa pensée de l'évolution des espèces. 

Or, en 1858, Darwin met fin de manière brutale à ses tentatives. Et pour une raison simple, nous explique Bredekamp : dans un contexte de lutte scientifique intense, il redoutait de perdre la paternité de ses recherches et devant les avancées menaçantes de Wallace, grand utilisateur de la métaphore de l'arbre, il se hâta de publier ses résultats. Toutefois si l'Origine des espèces fait clairement de l'arbre de vie un modèle de l'évolution reste sous-jacente l'image du corail dans  l'immense diagramme qui accompagne l'ouvrage. C'est ainsi qu'un conflit non résolu s'ouvrit chez le grand savant entre le langage et l'image.

A l'instar du combat adaptatif des êtres vivants, il y a des vainqueurs et des vaincus dans le monde des idées, et le darwinisme reste aujourd'hui étroitement associé à l'image de l'arbre de vie. Ce n'est pas l'une des moindres vertus du livre de Bredekamp que de réactiver les possibles contenus dans la métaphore du corail en écrivant l'histoire  des sciences du point de vue des perdants.

De manière plus triviale, le corail ne pourrait-il pas aussi nous aider à  représenter autrement notre propre histoire  familiale et les frontières de la parenté  ? Imaginez en lieu et place de l'arbre généalogique figé dans sa verticalité hiérarchique entre le bas des ancêtres et le haut des descendants, un grand cercle ouvert de toutes parts, dans un foisonnement multidirectionnel de branches en recomposition. Il ne s'agirait plus alors de raisonner en termes d'enracinement mais d'origine commune.



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Anne Siems. Choral Apples, 2007.







Horst Bredekamp, Les coraux de Darwin, Presses du Réel, 2008


Parmi les dix projets sélectionnés pour le concours du Darwin's Canopy au Natural History  Museum ,

c'est une œuvre en forme d'arbre, de Tania Kovats,  apparemment sans grand intérêt qui a été retenue.


voir aussi les événements liés au bicentenaire de la naissance de Darwin, Darwin200


vendredi 23 janvier 2009

Art de la repartie

egotist






Illustrations de George du Maurier  trouvées dans une vieille pile de Punch


ou l'art de mettre en scène le langage, la théâtralité de la vie quotidienne, les dialogues qui font mouche, les reparties acérées, les jeux de mots et les bons mots, mais aussi les dissonances de la conversation, les mots déplacés, les choses que l'on aurait aimé dire autrement,  les compliments désajustés,  les mesquineries suaves et les amabilités félines .










soeurs

[Voici "répartie" délesté de son accent malencontreux, sur les conseils d'Adoré Floupette, qui serait sans doute horrifié par le laxisme du Robert]

 

mercredi 12 novembre 2008

Dangereux voisinages



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On savait que les pieds de table ne pouvaient en aucun cas être découverts dans les foyers victoriens respectables mais la pruderie ne s'arrêtait pas là. Un  manuel de housekeeping de 1863, cité par Jacques Bonnet dans  Des bibliothèques pleines de fantômes ,  précisait ainsi qu'en matière de classement des livres :   

"La parfaite maîtresse de maison veillera à ce que les œuvres des auteurs hommes et femmes soient décemment dissociées et placées sur des rayons séparés. Leur proximité sauf à être mariés ne pouvant être tolérée." 









via Locus Solus


Photo de Tim Walker
dont les  "Tales of Unexpected"
viennent d'être publiés
dans le Vogue anglais de décembre

mercredi 15 octobre 2008

Lèche-vitrine


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rochester




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Construire une rue de papier en assemblant les cartes.


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Bodleian Library,
John Johnson Collection of Printed Ephemera
catalogue en ligne de l'exposition
A Nation of Shopkeepers

Posté par florizelle à 00:02 - Scènes - Commentaires [5] - Permalien [#]
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