Le Divan Fumoir Bohémien

Placé sous le patronage du Prince Florizel de Bohème, héros de Stevenson, ce blog se veut flânerie dans une boutique hétéroclite où le curieux pourra déambuler dans des rayons divers et variés, se reposer, s'absorber et se sustenter.

vendredi 2 mai 2008

Ridotto


ridottospionico



Par cette ouverture secrète pratiquée dans les carrelages de marbre, imperceptible depuis l'extérieur, Elena Priuli, épouse du procurateur Federico Venier, se plaisait à observer les personnes qui entraient dans son ridotto (un refuge, un abri, qui nous a donné le mot "redoute")  Les initiés savaient qu'il suffisait de lever la tête en signe de connivence. Loin de son austère Palazzo dei Gesuati, la procuratesse rassemblait ses amis en ce lieu de plaisir mêlant les joies de la conversation, du jeu et de l'amour.

Quatre pièces ordonnancées comme un palais miniature : un salon d'entrée, autour duquel s'ouvraient, par des portes de palissandre,  cuisine et salle à manger, petit salon et salle de jeu. Un liago, balcon fermé d'où espionner les allées et venues sur le pont dei Baretteri et les calle avoisinants ; une pièce pour les musiciens, séparée, munies de grilles en hauteur pour faire passer le son des instruments en préservant l'intimité de l'assemblée. Sur les murs, le rose, le vert, l'ivoire de précieux stucs rococo où oiseaux, fleurs, guirlandes et rubans rivalisent de légèreté. Des fresques, des allégories et surtout des miroirs, petits et grands.

Des bougies, l'irréelle multiplication des reflets.  Des guéridons où sont posés gants, éventails  et masques. De petites tables de jeu, des boîtes à chinoiseries, des jetons et des cartes en désordre. Des rafraîchissoirs à "sampagna". Les reliefs d'un souper fin. Des éclats de rire. Des recoins obscurs où les voix se font chuchotements. Le parfum du citronnier du balcon. Un fauteuil déplacé d'un geste rapide. Des banquettes recouvertes de soie où glissent les robes des dames. La nuit, le petit matin. Les cloches de la Basilique.


 

ridottomiroirs



si vous trouvez la bonne porte,
de charmantes jeunes filles  vous ouvriront

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jeudi 1 mai 2008

Une bague Codognato


codognato


" Apocalypse joyeuse dans un amoncellement de minuscules têtes de morts. Rangés sur des chatons d'émail, on pourrait croire qu'une pyramide de fruits est montée pour la fête. Et ces mignons crânes d'or, nus ou couronnés. Orbites  de diamant, de saphir, mâchoires riant à l'éternité de leurs dents bien rangées.  Ils ornent des bagues mises à l'index. Ces squelettes, chevilles enchaînées et bracelets de force, pendent aux sourdes oreilles des belles. Qui osera glisser un petit cercueil au doigt de sa maîtresse ?  Seule, elle découvrira le mécanisme secret. Le couvercle pivote pour que se dresse une miniature de phallus éternel. Fasse que la petite mort toujours l'emporte. "

Un texte ciselé par Marie-Odile Beauvais
pour le  catalogue Codognato




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mercredi 30 avril 2008

Vert lagune


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Sur un volet,  l'eau et l'air tout ensemble.


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mardi 29 avril 2008

Donatus



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Le Palazzo Donà delle Rose, sur les Fondamente Nove, est l'un des très rares palais de Venise encore habité par les descendants de ses fondateurs. Mais il n'est pas seulement une demeure familiale, il abrite aussi un merveilleux atelier de fabrication de tissus  : Donatus.  Inspirés de l'histoire des relations commerciales entre Venise et l'Orient, des tableaux de Fra Angelico ou  Lorenzo Veneziano, ou encore des costumes des doges et nobles vénitiens de la Renaissance , les motifs sont  imprimés ou peints à la main sur du lin et du velours de soie. Le nom des couleurs suffit à donner une idée de la rare poésie de ces créations : Brouillard, Aurore, Orage, Tempête, Redentore.

Venise comme on en rêve.



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Donatus, Palazzo Donà, 5101 Cannaregio.
Entrée par le ramo Donà


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lundi 28 avril 2008

Un manteau vénitien


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Parmi les milliers de figures et emblèmes qui ornent les murs de Venise, il y en a toujours un ou une, en particulier, pour  appeler votre regard et vous faire signe  à travers la ville.

La madone de la miséricorde a ainsi fait miroiter les plis de son grand manteau le jour de mon arrivée et je l'ai cherchée jusqu'à la fin, des fondamente Zorzi Bragadin à la Madonna dell'Orto (aussi nommée Santa Maria Odorifera).

 

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madoneguggmadonefrarimu
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madoneortomadonegesuati
madoneabazziamadoneanzolomadonerialto
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vendredi 11 avril 2008

D'autres cieux







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lundi 24 mars 2008

Giardini


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Juste une envie de rêver à Ninfa




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via Giardini di Ninfa-  groupe Flickr

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jeudi 6 mars 2008

Impériale fantaisie

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Des travaux de restauration menés par Bodo Ebhardt au Haut-Koenigsbourg, les historiens de l'art se plaisent désormais à souligner la rigueur scientifique. Mais on peut continuer à se délecter de ses pièces de pure fantaisie que sont les fresques murales, les ferronneries ou les blasons de Guillaume II.

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Carcasses



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Il m'a fallu séjourner dans une ferme du XVIIe siècle, démontée et remontée à des kilomètres de son lieu d'origine, pour comprendre tout le génie des maisons alsaciennes. Ce qui paraît être un aimable décor un peu trop coquet, frisant parfois la disneylandisation (cf Riquewihr), est en fait le résultat d'un entretien permanent de structures anciennes. Dans le Sundgau, où de nombreuses maisons remontent au XVIIIe siècle, affleurent souvent entre les bois des murs extérieurs les matériaux du torchis (argile, sable, paille, crin), l'élément mobile des maisons qu'il est loisible de consolider et de repeindre pour faire paraître neuve n'importe quelle bâtisse multicentenaire. Entre le dur et le mou, la carcasse et le remplissage, se nourrit un flot imperceptible de changements dans la continuité : un rapport au passé tout différent que dans les pays de maisons de pierre.




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Deux planches issues du célèbre album de Hansi
Mon Village : ceux qui n'oublient pas (Floury, 1913)
qui a contribué à fixer durablement les clichés d'une Alsace éternelle


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mercredi 5 mars 2008

Bâle dans une bouteille

zzzpaveskeinem
zzzgeheim

zzzrhin


Depuis quelque temps déjà, Bâle m'attirait. Un peu pour les Holbein du Kunstmuseum, un peu pour le Schaulager de Herzog et de Meuron, mais surtout pour les encres Abraxas. C'est à partir de leurs cachets de cire, de leurs étiquettes calligraphiées, de leurs teintes subtiles que je me suis mise à me représenter la ville :  rues pavées, toits pentus, façades peintes.  Une imagerie naïve que les promenades dans la vieille ville, après les panoramas sur les usines pharmaceutiques, ne sont pas parvenues à conforter.

J'aime ces moments de flottement où le voyageur doit peu à peu délaisser ses fantasmes géographiques. Mais j'aime aussi me souvenir des visions forgées dans les rêveries des préparatifs.


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