jeudi 8 avril 2010

Vues de la fenêtre de l'atelier



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"Dans l'arrière-cour d'un vieil immeuble, sous les grands marronniers, près d'un pommier rabougri, se dresse une petite cabane dont Josef Sudek a fait son atelier. Il vit ici, entouré des choses qu'il aime : les boîtes contenant les précieux négatifs sont empilées n'importe comment contre les murs, et seul Sudek est capable de s'y retrouver ; les profonds tiroirs de son minuscule bureau débordent d'objets de toutes sortes, les œuvres d'art y côtoient un bric-à-brac de fond de poche ; il y a aussi de grandes capes de photographes, noires et grises, un énorme appareil de prises de vues, des placards bourrés de disques ; les murs sont entièrement recouverts d'images, de tableaux, de statuettes, de carte, et le sol est encombré de débris de statues monumentales..." 

Vaclav Sivko cité par Colette Gourvitch





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Photos de la série "De la fenêtre de mon atelier" 1940-1954
Collections du Museum of Fine Arts de Boston.

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mardi 6 avril 2010

Villa Kinský







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Costumes traditionnels et objets votifs du Musaion, ancien pavillon d'été de la famille Kinský à Prague, où sont rassemblées les collections ethnographiques du musée national tchèque.

Les célébrations de Pâques à la campagne sont accompagnées de coquilles d'œuf et d'escargot,  de colliers faits de paille, de bouts de tissu,de papier et d'images pieuses,  de bâtons en osier tressé croulant sous les rubans de soie et de crépon à l'aide desquels les hommes fouettent symboliquement les femmes pour les rajeunir tandis qu'on arrose les jeunes filles pour les empêcher de se dessécher, ainsi que de mannequins de paille symbolisant l'hiver que l'on jette à l'eau pour mieux faire advenir le printemps.








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vendredi 2 avril 2010

Invitations au voyage



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Manèges, vélocipèdes, gondoles,  locomotives, chevaux, bateaux à vapeur, dirigeables, harley davidson, éléphants, jonques, montgolfières, échasses, voiliers, robes volière,  voitures, grande roue, tramways : invitations au voyage  aquarellées de Votsmush , alias Alexander Shumtsov.





dirigeable



 







via
FIELD & SEA

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jeudi 1 avril 2010

Pense-bêtes


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détail de la couverture du catalogue de l'exposition

 


La remarquable exposition La fabrique des images, visions du monde et formes de la représentation, pensée et organisée par Philippe Descola, professeur d'anthropologie au collège de France,   offre au visiteur le plaisir rare de s'approcher d'objets de cultures dont il est peu familier de façon autre que purement esthétique et de voir sa propre culture débarrassée du primat des notions qu'elle a forgées et imposées pour analyser les autres.

"L’objectif de l’exposition est de donner à voir ce qui ne se voit pas d’emblée dans une image, à savoir les effets que ceux qui l’ont créée cherchaient à produire sur ceux à qui elle était destinée. Dans certains cas, ces effets sont perceptibles par delà les siècles et la diversité culturelle : pourvu que ce qu’elles figurent soit reconnaissable, des images très anciennes ou très lointaines peuvent éveiller en nous le désir, la peur, le dégoût, la pitié, l’amusement ou même, plus simplement, la curiosité. Le plus souvent, toutefois, ces effets ne sont pas perçus, car les conventions qui guident leur mise en image restent opaques aux visiteurs d’un musée du XXIe siècle dont le regard a été façonné pour l’essentiel par la tradition de l’art occidental.", explique Philippe Descola dans sa présentation.

Il s'agit de faire comprendre la façon dont des cultures  très diverses figurent les ressemblances et les différences entre les humains et le reste des existants, autrement dit comment elles donnent à voir l'armature du réel à travers des images, comprises au sens large, et en quoi la mise en image constitue un défi intellectuel et pratique  impliquant l'élaboration de multiples stratégies. Le propos n'est évidemment pas de rendre compte de la production de toutes les images comme pourrait le laisser supposer le titre de l'exposition mais de montrer comment les "images rendent visible la variété des façons de vivre l'expérience du monde", visions structurées autour de quatre ontologies  qui forment les différentes sections de l'exposition : un "monde animé" pour l'animisme,  un "monde objectif " pour le naturalisme, un "monde subdivisé" pour le totémisme, un "monde enchevêtré " pour l'analogisme.




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Masque-plaque de chamane Yup'ik, Alaska, figurant les animaux à la périphérie du champ visuel du chasseur

 


Chaque cartel est enthousiasmant, fourmillant de concepts comme autant de conquêtes de l'esprit. A titre d'exemple, voici, dans la section dédiée à l'animisme, les commentaires de Philippe Descola consacrés à la dimension "pense-bêtes" perceptible dans les masques et les figurines en ivoire des peuples vivant en Sibérie et au nord de l'Amérique du Nord  dont le raffinement  est totalement incompréhensible sans explications.




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Masques asymétriques Yupik ( Alaska ) matérialisant les échanges de perspectives entre personnes humaines et personnes animales


" Certains masques yup’ik donnent à voir une thématique récurrente de l’animisme circumpolaire, que l’on peut appeler « garder les animaux à l’esprit ». C’est par exemple le cas des masques asymétriques où des animaux miniatures, figurant les « pensées de chasse », sont disposés tout autour d’un œil écarquillé, tandis que l’autre œil, à demi clos, n’accueille aucun ornement.[...] On peut penser au vu des indices livrés par l'ethnographie que l'oeil à demi clos figure celui de l'animal - qui est vu par le chasseur sans qu'il se voie lui-même - tandis que l'oeil grand ouvert  figure celui du yua de l'animal (son double spirituel) qui, lui, a déjà vu le chasseur  et regarde dans le yua de celui-ci pour voir s'il a bien "l'animal  à l'esprit". "


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figurine inuit en ivoire représentant l'esprit du morse (Québec)


"La manipulation des figurines animales est une autre façon de « garder les animaux à l’esprit ». Le grand réalisme du mouvement et l’extrême minutie de ces effigies miniatures invite à les considérer comme des incorporations matérielles de pensées au sujet des animaux : elles sont si microscopiques que l’on peut les retourner dans la main comme on retourne une image dans sa tête. Emmener avec soi des figurines animales pour un chasseur, cela permet non seulement d’avoir en permanence des animaux « à l’esprit », mais aussi de s’en servir comme des relais matériels dans la relation continue qu’il doit maintenir avec les esprits du gibier dont la générosité assure aux humains un approvisionnement régulier en viande. C’est pourquoi, porter des figurations d’animaux, sur soi ou sur ses armes, revient à s’attirer les bonnes grâces de l’animal et des esprits qui le protègent."


Que penserait donc un chasseur inuit projeté en ce premier avril dans les rues d'Europe des poissons collés sur le dos des passants ?




La fabrique des images,

jusqu'au 17 juillet
au musée du quai Branly

mardi 30 mars 2010

Lightscape




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light_fabrik

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Quelques images du service Lightscape créé par Ruth Gurvich pour la manufacture de Nymphenburg. La porcelaine traitée comme du papier avec ses plis, ses creux, ses froissures et sa porosité.



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Le hasard fait qu'en l'espace d'une semaine, je suis tombée sur trois variations  autour du suffixe -scape : objectscape (pour les compositions d'objets de Mrs Delany), soundscape (pour l'ambiance sonore des installations de Céleste Boursier-Mougenot), et lightscape (pour les paysages de lumière de Ruth Gurvich),  ce qui a de quoi forcer l'admiration pour la plasticité de la langue anglaise.

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The Lady Vanishes




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Comme certains d'entre vous, j'utilise bloglines pour mettre en mémoire mes blogs favoris et mes billets préférés, dans un rassurant ordre chronologique. L'autre jour, j'ai toutefois eu l'impression profondément troublante que cette femme à demi-cachée, trouvée parmi les trésors d'Éva Truffaut et archivée en bonne et due forme, avait purement et simplement disparu, ne laissant que cette scène vide :



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C'est alors que, contre toute raison,  je l'ai cherchée  avec véhémence dans les pages de  365 blanc et Archives et mythologies des lucioles. En  vain :  elle semblait s'être échappée de son cadre virtuel pour errer à sa guise dans l'obscurité du  www.

Quelques jours après, elle est réapparue ici , non loin du 20 Maresfield Gardens.  

Ainsi en va-t-il du pouvoir des lucioles.








Petite tricherie :
j'ai "sépiaïsé" les deux photos pour mieux les rapprocher. 
 

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lundi 29 mars 2010

Musique du hasard




From here to ear
de Céleste Boursier Mougenot,
5 guitares Gibson Les Paul, amplificateurs, pédales d'effet, 30 diamants mandarins, étuis de guitare, bois, sable, graminées,corde,  graines,  eau

"En conférant une égale importance à la musique en tant que « forme à écouter » et aux modalités de sa production et de sa présentation, Céleste Boursier-Mougenot nous invite à une écoute qu’il qualifie de « distraite ». Les bruits de notre environnement, les sons résiduels qui ne sont pas produits à des fins musicales recèlent un potentiel que ses dispositifs recadrent pour une « expérience d’écoute » qui associe le visible et l’audible et intègre temporairement la présence de « celui qui contemple » comme partie intégrante de l’œuvre. Le bruit d’une voiture qui passe, celui d’une chaise qu’on déplace, le bourdonnement familier des appareils électriques ou le tintement des bols de porcelaine qui flottent dans une piscine pour enfant; autant de données aléatoires, de matériaux à partir desquels il conçoit des dispositifs qui accompagnent le rythme physiologique de notre vie, prolonge les attentes d’une « musique d’ameublement »."

texte de présentation de la galerie xippas



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vendredi 26 mars 2010

Chemin faisant



sifnos




Des cailloux, de la ficelle armée : le "résumé d'une promenade" sur l'île de Sifnos. La sculptrice Catherine Willis accomplit son œuvre  chemin faisant, nourrie de cueillettes, de récoltes, de cette passion attentive aux moindres offrandes de la nature, à sa beauté savante, à ses pouvoirs colorés et à ses manifestations invisibles : parfums bruissants et mouvants, odeurs traquées  et piégées par qui sait reconnaître parmi les milliers de brins de blé fauchés l'effluve de coumarine d'une petite graminée et  flairer à des centaines de mètres de distance un vieil arbre venu d'Inde.



expo



Ses sculptures  sonores et parfumées  célèbrent les sensations ténues du promeneur.  L"épure alliée à un luxe de détails en amplifie l'acuité. Ce sont des bâtons de parole, des arcs  à parfums :   des  branches de coudrier courbées,   des bâtons de cèdre du Liban  entourés de bandes de soie plissée teintées de trois jaunes différents (celui de la Reine-des-Près, celui de l'écorce de grenade, celui de  la racine de berbéris), qui cachent une cavité où se logent des fragments odorants que feront vibrer les clochettes de danseuses de kathal accrochées à une fibre de carbone serpentine. Ce sont des écorces de pamplemousse déployées comme les ailes d'un aigle à l'intérieur d'un orbe étoilé de fèves tonka. A leur contact, on ressent un apaisement immédiat. Emettrices ou captrices,  leur circularité  nous détache du passé et du futur pour mieux nous ancrer dans le  moment présent,  l'étonnement du vivant et la joie d'être au monde.


pamplemousse


Pour finir, citons  Charles-Albert Cingria, l'un des auteurs dont Catherine Willis cultive la compagnie, aux côtés d'Italo Calvino, Vladimir Nabokov et Nicolas Bouvier.

"Vous cheminez depuis longtemps dans ces grasses terres argileuses craquelées - le poudreux velours d'infimes papillons imite cette teinte - et vous vous étonnez de ne pas découvrir la Loire. Elle est pourtant tout près, mais le chemin et tout ce pays est en contre-bas, et ce n'est que quand le chemin tourne, monte, et  c'est brusquement  - le chemin alors devient chaussée - que le frais d'une prodigieuse eau fauve vous arrive au visage, et il parle, et c'est ravissant. Donc comprenez qu'ici le visuel est secondaire. C'est moins un spectacle qu'une audition , et des plus raffinées qui puissent exister dans l'accès non prévu de sensations pareilles. C'est comme un roucoulement infinitésimal énorme que feraient cent milliards de colibris exténués à rendre l'âme. Et vous êtes là, je ne dirai pas étonné, mais intimidé par excès de ravissement ; comme si, à vrai dire, la marque de quelque vigilance ouvertement compatissante vous eût comblé au-delà de ce dont vous vous fussiez cru digne  : comme si vos pas, d'eux-mêmes situés sur l'ample déroulement d'un ténébreux tapis, vous eussent porté vers quelque mosquée ornée de tufs, de glaces ou quelque frais pavillon de l'Esprit".


"Vair et foudres" dans Bois sec, bois vert de Charles-Albert Cingria, coll. L'imaginaire, Gallimard.

 

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Catherine Willis expose en ce moment dans le cadre de l'exposition collective Natura femina,
à la galerie Joseph, 7 rue Froissart, 75003 Paris,
jusqu'au 28 mars.


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mercredi 24 mars 2010

Mrs Delany

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A l'âge de 72 ans, en 1772, Mary Delany, deux fois veuve, femme de goût aux multiples talents,  amie de Händel et de Swift, évoluant dans le cercle de la reine Charlotte, invente une "nouvelle manière d'imiter les plantes" , la mosaïque de papier, technique de papiers découpés et aquarellés grâce à laquelle elle composera une monumentale "Flora Delanica" qui fera l'admiration des plus grands botanistes.

Une exposition lui est consacrée au Soane Museum après le Yale Center for British Art : Mrs Delany and her Circle. Occasion d'éclairer le mélange, totalement étrange aujourd'hui, de mode, d'arts décoratifs et de science  qui, au XVIIIe siècle, a fait cohabiter dans un même espace social  broderie et classification botanique.

Dans la Breakfast Room, l'artiste Jane Wildgoose célèbre à travers une installation érudite et empathique, "Promiscuous Assemblage, Friendship and the Order of things' , l'amitié entre Mary Delany et la duchesse de Portland, nourrie par leur goût commun pour l'ordonnancement de la nature (elles étaient toutes deux passionnées de systématique linnéenne), la création d'assemblages décoratifs célébrant sa beauté et leur intégration dans un environnement domestique, celui des cabinets vitrés aux paysages d'objets  (objetscapes) régulièrement recomposés, où les tasses de porcelaine côtoyaient des collections de coquillages.




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Au Sir John Soane's Museum, jusqu'au 1er mai 2010

Something



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Les fresques au marqueur de Charlotte Mann dans un couloir de la boutique Something à Londres.





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