samedi 14 octobre 2006

Où les entrants grattaient la boue de leurs semelles

Après Singuliers regards (CFC, 2000), consacré aux regards de chaussée,  et Puits, cachettes et passages (Ed. Syllepse, 2002), le poète  Werner Lambersy et le plasticien Didier Serplet  continuent leur quête urbaine dans Gratte-pieds de Bruxelles,  paru récemment chez les excellentes  éditions belges  CFC .

Brûle-parfums, bénitiers, troncs d'offrande publics, emblèmes de sectes, abreuvoirs pour oiseaux, pièges, niches pour rats, lampes de trottoir,  le mystère s'épaissit au fil de belles pages oblongues où sont portés à notre hauteur ces trous de façades, que d'autres auraient laissés inaperçus.  Voilà une manière enthousiasmante de " secouer la poussière du vieux manteau de cette habitude que nous avons de traverser la vie comme les villes sans rien voir de ce qu'on vient pourtant de regarder".  Un hommage secret à Ruavista. Une vision digne du héros du court roman de Walter de La Mare,  A première vue, qui, affigé de naissance d'un mal qui l'empêche de lever les yeux, se voit condamné à observer le monde réduit à moins de son tiers inférieur.
 

" Le gratte-pieds  interdit muré comme une crypte un sanctuaire une grotte ou la chambre mortuaire d'un pharaon et sur l'enduit perpétuant la tradition des pierres de rêves des miniatures orientales et des paysages perdus au fond des scènes bibliques d'un primitif flamand ou florentin un rivage mystérieusement apparu où l'on semble aborder non sans risque d'orage ou de tempête sur l'île des morts d'un Böcklin.      

Petite machinerie théâtrale du temps qui inscrit son passage dans l'art baroque des lèpres et de la pourriture pariétale.
 
Il faut pour s'en convaincre une âme de flaneur de promeneur sans but qui donne aux rues l'attention nécessaire à la lecture des signes voulus ou non laissés au pied de l'ambitieuse  architecture des villes"



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vendredi 13 octobre 2006

Kuma Kuma et les autres

Des craies grasses, des pastels, des crayons de couleur, le trait est flou et les teintes, posées comme  sur un buvard, brillent d'un éclat poreux.  Depuis quelque temps, on discerne aisément un style japonais dans les rayonnages des livres pour enfants. Porté par de jeunes illustratrices telles que Keiko Maeo, Kazue Takahashi ou la très talentueuse Komako Sakai, il contraste avec les images de leurs prédécesseurs, aux contours plus acérés, à la pointe éprise de détails (je pense en particulier au grand Mitsumasa Anno).  Formées à l'illustration, mais aussi au design textile, elles partagent de nombreux points communs avec des stylistes de leur pays. Naomi Ito ne saurait mieux représenter cette confluence des surfaces, elle qui peint, dessine, imprime, fabrique  menus objets et robes d'enfants.


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Keiko Maeo

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Komako Sakai

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Aquarelles de Naomi Ito

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Tissus et habits  de Naomi Ito

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jeudi 12 octobre 2006

Flûte enchantée

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Sortis de la chambre noire de William Kentridge, contemplée à la galerie Marianne Goodman,  les  décors en clair-obscur de la Flûte enchantée se livreront à nouveau aux regards européens au mois de juin, après avoir fait les délices des New-Yorkais, pour dix représentations au  théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles.  (Réservations à partir du 28 avril 2007)

« J'ai choisi le début du XIXe siècle pour illustrer les ambiguïtés entre le clair et l'obscur  en utilisant la référence aux chambres noires des premiers appareils photographiques.  La Flûte  est une belle démonstration sur les limites des Lumières, le «siècle des Lumières» comme on l'appelle. Il montre comment l'homme se réalise finalement lui-même par sa propre vie, par son expérience. Pour moi, c'est Pamina qui est le centre de l'opéra, c'est elle qui évolue du début à la fin, déjouant les dangers, naviguant entre la lumière de Sarastro et la Reine de la nuit. »



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mardi 10 octobre 2006

La Galante et le Singe

Lillian Williams a conçu depuis son enfance dans l'Ouest américain une passion pour le XVIIIe siècle français. Aujourd'hui, dit-elle, elle vit sa vie imaginaire, entièrement entourée de tableaux, de meubles, d'objets, de vêtements, de parures, d'ornements de ce siècle. Collectionneuse acharnée, elle a amassé bien des trésors dans ses diverses demeures,  à Paris, sur l'Ile-Saint-Louis, et au pavillon de Bidaine en Provence.  Sa pièce la plus belle, sa préférée, est un costume complet, gilet, culotte, veste en soie, fabriqué pour un singe. Sur une maquilleuse en bois peint, un porte épingles brodé, objet parmi les plus importants du XVIIIe siècle car les beaux vêtements étaient épinglés chaque matin sur la personne.  Ailleurs,  des souliers posés en désordre sur le sol :   compte tenu de l'état des rues d'alors, elle s'extasie d'avoir pu trouver intacts des exemplaires qui n'ont rien de luxueux.  De manière générale, elle s'étonne de la capacité des Français à tout conserver, même les housses des fauteuils.

Son extraordinaire collection, Lillian Williams la prête volontiers aux musées. En 2005,  les vêtements qui la composent ont  été  pour la première fois exposés dans leur entier au musée de la toile de Jouy, à Jouy en Josas,  à l'occasion d'une exposition intitulée La Galante.  Peu de temps auparavant, elle avait envoyé certaines pièces au Metropolitan Museum pour la très belle exposition Dangerous Liaisons : Fashion and Furniture in the Eighteenth Century, où, dans les salles françaises du musée, étaient reconstituées des scènes évoquant la nouvelle érotique de  Jean-François de Bastide, La petite maison. Celle-ci avait également bénéficié d'apports de l'Institut du costume de Kyoto, venus compléter le legs Irene Lewisohn.

Pour ceux qui se prendraient à rêver de porter de tels habits, une commande auprès du trio français de Chenilles et Papillons s'impose. 


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Mantelet de déshabillé vers 1780

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Manteau de robe à dos plissé à l'anglaise, retroussé à la polonaise vers 1780

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Nouvelles merveilles de Miss Clara

Le monde s'illumine de nouveaux trésors de papier de Claire Guiral !



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lundi 9 octobre 2006

Lumières

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Bougies flottantes,  à Hoi An,  Vietnam. @mekongpictures

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dimanche 8 octobre 2006

Etiquettes et emballages

Le  Prince Florizel me rappelle à l'ordre : il ne serait pas assez question de cigares au Divan Fumoir Bohémien.  Je m'empresse de combler cette lacune en vous invitant à rendre visite au site cerebro.com où sont vendues  des centaines d'anciennes étiquettes de boîtes de cigare, extérieures et intérieures, mais aussi d'emballages de graines, de cageots de fruits et légumes, de paquets de biscuit. Un feu d'artifice !


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crackers

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Afternoon tea à Paris

scones sandwich


Grâce à l'Epicerie anglaise, fournisseur du salon de thé The  Tea Caddy, il est désormais possible d'acheter de la clotted cream à Paris, denrée qui a échappé jusqu'ici à la diffusion hors du Royaume-Uni tant elle est délicate à conserver.  Pour préparer des scones,  plongez dans le délicieux livre de John Bentham, Avec un nuage de lait, publié cette année chez Minerva, qui est aussi un hommage au Liberty.  Ensuite, à vous de trancher cette question essentielle :  doit-on mettre la confiture de fraise d'abord ou après la crème ?


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samedi 7 octobre 2006

Soleil de minuit à Versailles

Lors des fastueuses fêtes du Roi soleil, les parfumeurs de la cour s'affairaient à parfumer bassins et fontaines. Pour les   Nuits blanches à Versailles , le parfumeur Francis Kurkdjian renoue avec cette tradition. Le bassin de l'Orangerie devient une immense orange fluorescente, sorte de soleil de minuit qui dégage la lumière irréelle d'un fruit mûri à l'imaginaire du compositeur de fragrances. Son parfum est une fleur d'oranger à tonalité solaire et légèrement gustative pour rêveurs nocturnes. Les effluves, portés par les mouvements de l'eau jaillissante, se promènent au gré des caprices du vent et de la nuit.

Versailles___Orangerie___brume

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vendredi 6 octobre 2006

La bannière cachée

Voici ce que vous devriez voir, en haut, à la place de la bannière écrite.  Mais le Prince Florizel ne m'a encore donné les instructions nécessaires pour la faire apparaître, sans doute est-il occupé,  avec le Colonel Géraldine, à résoudre un nouveau mystère.  Vous aurez reconnu le dessin qu'a bien voulu prêter William Morris.

cigardivanbanni_re_petite

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