Le Divan Fumoir Bohémien

Placé sous le patronage du Prince Florizel de Bohème, héros de Stevenson, ce blog se veut flânerie dans une boutique hétéroclite où le curieux pourra déambuler dans des rayons divers et variés, se reposer, s'absorber et se sustenter.

mercredi 29 avril 2009

Glycine




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Hommage à  la glycine qui embaume Venise au printemps, une serviette de lin et de coton tissée et  frangée à la main de Chiarastella   Cattana sur un papier du relieur Renato Polliero.




 

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lundi 30 mars 2009

Repriser


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Marquoir anglais de points de reprise par Judith Jannings (11 ans en 1806)

d'autres marquoirs sur le blog de Margot Exantiquaire textile







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Home and School Sewing de Frances Patton, New York, Newson and Company, 1901

(admirons les ombres faites par le dessinateur à la manière même  des points de reprise)




Action de raccommoder une étoffe déchirée ou coupée ; ce qui se fait en réunissant les parties de l'étoffe à l'aide de fils passés en travers de cette déchirure et contrariés ; c'est-à-dire que l'aiguille prend quelques fils de l'étoffe, passe sur quelques autres, reprend quelques fils, et ainsi de suite ; puis, en revenant, le fil est passé très près du premier, et l'aiguille reprend les fils de l'étoffe qui n'ont pas été pris par le premier fil passé.

À ton revers j'admire une reprise, C'est encore un doux souvenir
, Berang.
Mon habit
.
Que cherchez-vous ? nous dit l'institutrice chargée de cette exposition. - Des reprises, des ravaudages ; en avez-vous ? Moniteur universel, 4 avr. 1868, p. 479, 4e col.

Reprise perdue, reprise faite en tirant les fils cassés et les remplaçant à l'aiguille ; on les fait partir plus ou moins loin de la déchirure, afin que l'oeil n'aperçoive pas la jointure des fils.

 

Définition du Littré



makedomend

Page du manuel de conseils d'économies domestiques  Make Do and Mend
publié pendant la guerre par le ministère de l'information anglais
afin de faire participer les ménagères à l'effort de guerre




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jeudi 19 mars 2009

Jardin anglais


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The Langage of Flowers, Magic Bloom, Roses in The Garden, In The Countryside, The Book of Wild Flowers, Butterflies : des volumes aux couleurs tendres et couvertures fanées d'une bibliothèque de maison de campagne anglaise ?

 

Mais voici  qu'une petite dame apparaît :  fée ou Alice égarée au pays des merveilles ?

 

Elle est bientôt suivie d'une myriade de jeunes filles botticelliennes, de soies vaporeuses vêtues.

 

Puis elle reste seule, seule parmi les livres. Un papillon blanc vient voleter au dessus de sa tête. Et tout se met en mouvement : la nature contenue dans les livres s'anime,  les feuilles et les fleurs se déplient comme dans un pop-up book victorien géant.

Tout cela n'est pas un rêve mais la mise en scène inventée par Antonio Marras pour la  présentation de la collection Kenzo  printemps-été 2009 en octobre dernier.





Découvrez  cette féerie ici (sélectionnez "Femme Printemps Eté", puis "défilé")



 

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Inspiré par Su Blackwell ?

D'autres exemples de l'inventivité scénographique d'Antonio Marras sur son site personnel et.



Réalisation du film d'animation par evostruct studio

samedi 7 mars 2009

111 boulevard Beaumarchais

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Une ancien bâtiment industriel boulevard Beaumarchais, fief autrefois des éditeurs de tissus, non loin des papiers peints panoramiques Zuber :  à l'intérieur trois étages baignés de lumière, une quincaillerie, une mercerie, une librairie, un café, un fleuriste, une parfumerie des robes pour petites et grandes filles, des meubles, de la vaisselle, du linge.  Un kaléïdoscope d'ambiances, où chaque détail semble constituer un univers à soi seul, baigné dans une douce harmonie à mille lieues de l'arrogance  agressive de Colette.

C'est merci, la nouvelle aventure de Bernard et Marie-France Cohen. Après avoir vendu la maison Bonpoint qu'ils avaient fondée en 1975 , ils se sont tournés vers une forme inédite de commerce : merci est un magasin dont les bénéfices sont consacrés, pour leur majeure partie, à une action humanitaire à Madagascar. Il a fallu attendre le décret d'application de la loi de modernisation de l'économie, en février,  pour que  l'entreprise puisse trouver  sa forme juridique adéquate : le fonds de dotation, inspiré d'un modèle américain, personne morale à but non lucratif  dont la gestion est beaucoup plus souple que la fondation et les possibilités financières beaucoup plus grandes que l'association.


La plaisir qu'ils ont pris, entourés de leur équipe, à construire cet espace et ce projet est palpable. C'est un subtil mélange de goût sûr, de savoir-faire et de maligne habileté à saisir l'air du temps, jouant des snobismes et de la bonne conscience de la consommation citoyenne.





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Voir l'article de Sybille Vincendon dans Libération

Pour mascottes, les créatures de l'incontournable  Apolline à Paris

le Paris de Vanessa  Atlan

l'identité graphique par be-pôles

le papier peint de Gaël Davrinche

quelques objets ici

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lundi 16 février 2009

Une vieille robe de chambre


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" Pourquoi ne l'avoir pas gardée ? Elle était faite à moi ; j'étais fait à elle. Elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner ; j'étais pittoresque et beau. L'autre, raide, empesée, me mannequine. Il n'y avait aucun besoin auquel sa complaisance ne se prêtât ; car l'indigence est presque toujours officieuse. Un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s'offrait à l'essuyer. L'encre épaissie refusait-elle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu'elle m'avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l'écrivain, l'homme qui travaille. A présent, j'ai l'air d'un riche fainéant ; on ne sait qui je suis.

Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d'un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l'eau. J'étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre ; je suis devenu l'esclave de la nouvelle.

Le dragon qui surveillait la toison d'or ne fut pas plus inquiet que moi. Le souci m'enveloppe.

Le vieillard passionné qui s'est livré, pieds et poings liés, aux caprices, à la merci d'une jeune folle, dit depuis le matin jusqu'au soir : Où est ma bonne, ma vieille gouvernante ? Quel démon m'obsédait le jour que je la chassai pour celle-ci ! Puis il pleure, il soupire.

Je ne pleure pas, je ne soupire pas ; mais à chaque instant je dis : Maudit soit celui qui inventa l'art de donner du prix à l'étoffe commune en la teignant en écarlate ! Maudit soit le précieux vêtement que je révère ! Où est mon ancien, mon humble, mon commode lambeau de calemande ?

Mes amis, gardez vos vieux amis. Mes amis, craignez l'atteinte de la richesse. Que mon exemple vous instruise. La pauvreté a ses franchises ; l'opulence à sa gêne.

O Diogène ! si tu voyais ton disciple sous le fastueux manteau d'Aristippe, comme tu rirais ! O Aristippe, ce manteau fastueux fut payé par bien des bassesses. Quelle comparaison de ta vie molle, rampante, efféminée, et de la vie libre et ferme du cynique déguenillé ! J'ai quitté le tonneau où je régnais, pour servir sous un tyran.

Ce n'est pas tout, mon ami. Écoutez les ravages du luxe, les suites d'un luxe conséquent.

Ma vieille robe de chambre était une avec les autres guenilles qui m'environnaient. Une chaise de paille, une table de bois, une tapisserie de Bergame, une planche de sapin qui soutenait quelques livres, quelques estampes enfumées, sans bordure, clouées par les angles sur cette tapisserie ; entre ces estampes trois ou quatre plâtres suspendus formaient avec ma vieille robe de chambre l'indigence la plus harmonieuse.

Tout est désaccordé. Plus d'ensemble, plus d'unité, plus de beauté."



Extrait des Regrets sur ma  vieille robe de chambre ou avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune

de Diderot (1772)








PL. XIV du volume 38 de l'Encyclopédie, "Arts de l'habillement"


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mercredi 4 février 2009

Accoustrements de senteur







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Accoustrements de senteur ou petites pièces d'orfèvrerie portées  au bout d'une chaîne, en pendentif ou à la ceinture, afin de recevoir dans leur grille ouvragée des parfums solides (musc, ambre gris, cannelle), à l'instar des pomanders offerts en présents du nouvel an  à Elizabeth.  La personne était ainsi enveloppée de volutes odorantes dès qu'elle se mouvait, créant un rempart invisible entre elle et les maladies. 






Détail du portrait d'Anne Fernely par Anthonis Mor van Dashorst (Rijksmuseum)

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mercredi 14 janvier 2009

Robes Fortuny





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Les robes Fortuny en papier d'Isabelle de Borchgrave ont voyagé de Venise au musée des tissus de Lyon où vous pourrez les toucher des yeux jusqu'au 26 avril.



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Photos prises à partir du catalogue édité par Skira

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vendredi 21 novembre 2008

Cieux hollandais





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Truike Verdegaal, extraordinaire joaillère hollandaise, crée des bijoux comme des tableaux où chaque élément prend sa place dans un réseau de significations très élaboré. Puisant son inspiration dans les œuvres du XVIIe siècle, elle  transforme ainsi les perles en nuages et les tessons de porcelaine en  nature morte sur table mise.



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Merci à Ana   pour ses trésors collectés durant
Des jours et des nuits


Détail d'un paysage de Harleem par Ruisdael (Rijksmuseum) +

un article amusant de météorologue fou  sur la réalité des formations nuageuses dans la peinture hollandaise

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vendredi 7 novembre 2008

Squelettes








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Quelle est l'essence d'une chemise ?

Pour le savoir, il faut couper tous les pans de tissu et ne laisser que les coutures.
Alors elle devient épure, voire squelette.

Une belle expérimentation  de Jean Shin.
















Grâce aux  Particules de Maïze

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vendredi 24 octobre 2008

Old English Costumes

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Un passé  récent devient matière à collection muséologique et l'Angleterre édouardienne le met en scène à sa propre mode.  En l'occurrence, il s'agit de la collection de Talbot Hughes : piètre peintre de genre  et passionné de mode ancienne, il vendit sa collection à Harrods,  qui en fit ensuite don au Victoria and Albert Museum.

On peut se plaire à imaginer une fraction de seconde un photographe introduit dans les failles du temps rapportant des clichés de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, quelques années seulement avant la première photographie, celle que Joseph Nicéphore Niépce, né en 1765, prit pendant l'été 1826 à la fenêtre de sa maison de campagne de Saint-Loup-de-Varennes.




brocart


spitalfields


revival


cavaliere


mousseline


etole












via The Costumer's Manifesto

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