Une robe fantôme

Au musée Carnavalet, un tableau d'un petit maître du XVIIIe siècle, Pierre-Louis Dumesnil, représente une servante habillant des enfants. Une scène de genre parmi d'autres. Mais il y a ce détail troublant de la robe qui attend la petite fille en train d'être revêtue de son linge de corps. Elle ne git pas par terre, informe ; elle se tient comme si elle était habitée par un être invisible : présence-absence du corps de l'enfant en devenir, nous voici devant une petite peau de mue serpentine. Qui n'a pas ressenti l' impression de tenir une chrysalide entre ses mains en rangeant des habits devenus trop petits ?
Sur la mode enfantine au XVIIIe siècle, voir le remarquable site Les petites mains, histoire de mode enfantine, régal d'érudition et festin iconographique.
Pierre-Louis Dumesnil. Servante habillant des enfants. 1730. Musée Carnavalet
Commentaires sur Une robe fantôme
- MerciJe ne sais pas si Les Petites Mains méritent ces compliments. Mais ils me touchent d'autant que je suis moi-même lectrice fervente du Divan.

Appliquer ainsi via l'ellipse les principes modernes de l'art conceptuel à cette représentation d'une banale scène quotidienne du XVIIIe siècle, l'associer à notre propre nostalgie du temps qui vide les armoires de nos enfants... c'est fort ! - Je vous ai écrit un premier message, que je pensais soumis à modération, mais il semble qu'il ne soit pas passé. Je disais à peu près que je ne suis pas sûre que Les Petites Mains méritent vos compliments, mais qu'ils me touchent. Je suis moi-même lectrice du Divan dont j'apprécie l'esprit "cabinet de curiosité".

J'aime beaucoup votre lecture de cette représentation d'une banale scène quotidienne du XVIIIe siècle que vous reliez à notre propre nostalgie du temps qui vide les armoires de nos enfants. Vous y appliquez l'ellipse à laquelle l'art moderne nous a habitués pour en faire une lecture personnelle très sensible. Bravo.















