vendredi 6 juillet 2012

Une robe fantôme

 

 

 

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Au musée Carnavalet, un tableau d'un petit maître du XVIIIe siècle, Pierre-Louis Dumesnil, représente une servante habillant des enfants. Une scène de genre parmi d'autres. Mais il y a ce détail troublant de la robe qui attend la petite fille en train d'être revêtue de son linge de corps. Elle ne git pas par terre, informe ; elle se tient comme si elle était habitée par un être invisible : présence-absence du corps de l'enfant en devenir,  nous voici devant une petite peau de mue serpentine. Qui n'a pas ressenti l' impression de tenir une chrysalide entre ses mains en rangeant des habits devenus trop petits ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la mode enfantine au XVIIIe siècle, voir le remarquable site Les petites mains, histoire de mode enfantine, régal d'érudition et festin iconographique.

Pierre-Louis Dumesnil. Servante habillant des enfants. 1730. Musée Carnavalet

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Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Une robe fantôme

    Ce sont sûrement les "baleines" intérieures qui la font tenir,mais c'est troublant effectivement. Il ya forcément un ses là-dedans; tout était émantique, et je pense que ton interpétation st la bonne!

    Posté par Anne, samedi 7 juillet 2012 à 09:15 | | Répondre
  • Même si c'est les baleines intérieures comment expliquer le genou et le creux du coude qui retient les tissus ! Très troublant ! D'autant que la petite est masquée par le tissus. J'espère que ce n'est pas la fille du peintre !
    Bisous et bon dimanche que je t'espère ensoleillé.

    Posté par Claudine, samedi 7 juillet 2012 à 21:00 | | Répondre
  • Merci

    Je ne sais pas si Les Petites Mains méritent ces compliments. Mais ils me touchent d'autant que je suis moi-même lectrice fervente du Divan.

    Appliquer ainsi via l'ellipse les principes modernes de l'art conceptuel à cette représentation d'une banale scène quotidienne du XVIIIe siècle, l'associer à notre propre nostalgie du temps qui vide les armoires de nos enfants... c'est fort !

    Posté par Popeline, lundi 9 juillet 2012 à 14:55 | | Répondre
  • Je vous ai écrit un premier message, que je pensais soumis à modération, mais il semble qu'il ne soit pas passé. Je disais à peu près que je ne suis pas sûre que Les Petites Mains méritent vos compliments, mais qu'ils me touchent. Je suis moi-même lectrice du Divan dont j'apprécie l'esprit "cabinet de curiosité".

    J'aime beaucoup votre lecture de cette représentation d'une banale scène quotidienne du XVIIIe siècle que vous reliez à notre propre nostalgie du temps qui vide les armoires de nos enfants. Vous y appliquez l'ellipse à laquelle l'art moderne nous a habitués pour en faire une lecture personnelle très sensible. Bravo.

    Posté par Popeline, jeudi 12 juillet 2012 à 11:56 | | Répondre
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