conradin allongé

conradin culte

 

toasts

 

 

 

 

Emma Molony, fervente admiratrice de Saki, a su saisir en quelques vignettes gravées l'élégance et la cruauté de l'une de ses plus belles nouvelles : Sredni Vashtar. Conradin, petit garçon condamné par la médecine, reclus dans la maison d'une vieille cousine glaciale, ne doit sa survie qu'à son "imagination aiguillonnée par la solitude". Dans cet environnement triste et morne, il a trouvé un refuge : "Dans un coin oublié de ce jardin, presque dissimulé par un buisson rabougri, se trouvait néanmoins une resserre à outils de proportions respectables qui, tenant à la fois de salle de jeu et de cathédrale  dans l'imagination foisonnante de Conradin, lui servait de havre". Il voue un culte secret à un furet, Sredni Vahstar le Magnifique :  tous les jeudis, il dépose devant le clapier transformé en autel des fleurs rouges en été et des baies écarlates en hiver et parsème le devant de poudre de muscade. Si vous voulez savoir comment Conradin se retrouve seul à déguster ses toasts sur la dernière vignette, je vous conseille vivement de lire ce chef d'oeuvre comme toutes les autres nouvelles de Saki (toutes vous feront sourire, certaines pleurer de rire) réunies dans une édition intégrale chez L'Age d'homme ou dispersées  dans deux volumes 10/18, La fenêtre ouverte et L'Omelette byzantine.

Emma Molony, passionnée par l'alliance de la narrativité et des motifs,  s'est également amusée à rassembler les créatures animales que l'on trouve de manière récurrente dans les nouvelles de Saki en un pan de papier peint  inspiré d'Anna Maria Garthwaite avec pour décor la demeure d'enfance de l'auteur dans le Devon.

 

 

 

 

beastly chronicles

 

 

 

 

 

 

 

Voir aussi le beau projet d'Emma Molony autour des domestiques de Preston Manor, Unravelling the Manor.

 

via Frolic