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Une "collection de collections", c'est ainsi qu'Electra Havemeyer Webb (1889-1960) richissime héritière de la côte Est , fille d'un magnat du sucre, épouse d'un rejeton Vanderbilt, décrivait  son grand œuvre, le Shelburne Museum fondé en 1947 dans le Vermont, immense musée de plein air regroupant  des dizaines d'édifices transportés depuis divers états de la Nouvelle-Angleterre  : maisons de bois, église, ateliers, moulin, gare, école, general store, prison, pharmacie, pont couvert, bateau à roue à aube, manège, grange. Il ne s'agissait pas pour elle de reconstituer un village dans un souci historique mais d'abriter sa collection d'objets du quotidien simples et utilitaires que très peu de personnes considéraient alors comme des objets d'art.

Son goût très précoce pour les americana était totalement excentrique dans son milieu et pour son époque. Quand , à dix-huit ans, en 1907, elle rapporta dans la maison familiale de Park Avenue une sculpture publicitaire de squaw  achetée dans une boutique de tabac perdue dans la campagne, sa mère fut horrifiée : " Comment diable Electra, toi qui a été élevée parmi les Rembrandt et les Manet, peux-tu t'intéresser à cette camelote américaine ? ".

Elle fut une épouse conventionnelle, assistant patiemment aux interminables parties de polo de son mari, mais une pionnière inégalée dans sa folie collectionneuse, aiguillonnée par le sens du beau : attelages, enseignes, chevaux de manège, certificats de baptême calligraphiés, figures de proue, ivoires sculptés, girouettes, marquoirs, leurres sculptés, quilts, outils, jouets, etc, objets d'art populaire aujourd'hui extrêmement recherchés.




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Une journée ne suffit pas à explorer tous ces trésors, surtout lorsqu'on commence à entrer dans la Hat and Fragrance Textile Gallery et que l'on découvre la collection de boîtes à chapeau....

 


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... et autres bandboxes, boîtes en bois recouvertes de papier peint à la gouache, imprimé manuellement ou mécaniquement, ayant connu une vogue immense dans le deuxième quart du XIXe siècle, parallèlement au développement des transports modernes.




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Dans sa charmante monographie de 1960, Lilian Baker Carlisle explique que ces boîtes servaient à transporter les chapeaux mais aussi à ranger les rubans, fleurs artificielles, ornements, petites pièces d'habillement, peignes, bijoux, et "the thousand and one bagatelles so dear to the feminine heart".   Les jeunes ouvrières des usines textiles, fort bien payées, en faisaient des folies, toujours à l'affût d'un nouveau motif ou de nouvelles nuances. Elles voyageaient en s'entourant d'un amas de boîtes "comme des satellites autour du soleil" selon un auteur de l'époque.

Et dans l'intimité de leurs colifichets résonnait la rumeur du monde : l'intérieur des boîtes était doublé de coupures de journaux.




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