vendredi 31 juillet 2009
Poudre d'escampette

Beaux voyages à tous,
chez vous ou ailleurs
. . .
mercredi 29 juillet 2009
De l'air


Si Hélène Segura et Tessa Poncelet ont choisi d'intituler leur site About : blank, c'est qu'il n'est pas à proprement parler sur quelque chose et surtout pas "sur" le Brésil comme un carnet de voyages qui tenterait d'épuiser les lieux, avec force détails pittoresques et évocations de lieux de visite incontournables. Ici, il n'est pas question de couleur locale mais de sensations insaisissables : la joie d'être en voyage dans un pays étranger, la stimulation que la nouveauté procure, le plaisir de créer ensemble. Libres comme l'air.
Signalons aussi leur exposition "Rêvons-nous ? " à Bargemon dans le Var du 1er au 30 août
lundi 27 juillet 2009
Glyndebourne


Dans la magnifique série, Un fantôme à l'opéra, de Gérard Uféras, deux photos prises au festival de Glyndebourne, en 1991 : Suzanne Johnston en Dorabella et des choristes à la fenêtre.
PM : Fairy Queen dirigé par William Christie sera repris en janvier à l'Opéra comique.
vendredi 24 juillet 2009
Charleston


















"C'était le moment où le timbre de voix changeait, se détendait, laissant passer la satisfaction d'une bonne journée de travail. Les adultes se rassemblaient comme des animaux autour de la mare, disposés aux échanges amicaux, prêts à saisir toute possibilité d'amusement, surtout lorsque que cela prenait la forme d'un potin ou d'un scandale, s'apprêtant à aller dîner et à savourer le plaisir de la conversation qui donne son sel à la vie. Depuis ma chambre, au dessus du salon, je les entendais s'éterniser après le repas, sans s'exciter ni s'emporter, sauf quand Virginia était là. En général, ils étaient amènes et réfléchis, jusqu'à ce qu'une remarque (qu'on ne pouvait généralement pas entendre) leur arrache des rires éclatant à travers les fenêtres , effrayant les hirondelles sous les avant-toit tandis que, depuis le jardin, une forte odeur de fleurs s'insinuait dans la pièce. Graduellement, les myriades de sensations de la journée tombaient comme des grains de sables, me laissant très haut bercée par la délicieuse fatigue des très jeunes, pour m'endormir avec un sentiment de sécurité que rien ne pouvait menacer."
Angelica Garnett (alias Pixerina pour Witcherina, i.e. V.W). Les deux coeurs de Bloomsbury. (The Eternal Moment). Le Promeneur, 2001, tr. revue par l'auteur.
La plupart des photos de l'intérieur de Charleston sont issues du n°12 de Bloom Magazine
Les photos en noir et blanc proviennent de l'album-photo personnel de Vanessa Bell, conservé à la Tate : Vanessa Bell, Duncan Grant et sa fille Angelica, petites filles de la summer school organisée par Marjorie Strachey, groupe avec Clive Bell, Roger Fry, Julian et Quentin Bell, Angelica posant dans le studio pour les fresques de l'église de Berwick, David Garnett et Maynard Keynes, les domestiques dont Grace Higgens
jeudi 23 juillet 2009
Small Hythe
A Small Hythe, ferme élizabethaine d'Ellen Terry, sont exposés, serrés dans de petites vitrines, des objets ayant appartenu à la grande actrice. Ses accessoires de théâtre comme mille vies incorporées en elle :
- chapelet utilisé dans Romeo et Juliette
- fermoir porté dans le rôle de Cordelia
- collier porté dans The Medecine Man
- coraux portés dans Olivia
etc
Un bijou m'a particulièrement intriguée : un collier composée d'une trentaine de perles différentes en céramique ou pâte de verre posé sur un coussin de velours avec pour chaque perle, une étiquette portant le nom d'une personne qui ne m'a pas semblé appartenir au domaine de la fiction. Un chapelet d'amitiés ?



Sissinghurst
Vita Sackville-West, lorsqu'elle visita pour la première fois le site de ce qui allait devenir son jardin, à Sissinghurst, découvrit "monceaux de vieux bois de lit, vieilles charrues, trognons de choux, grès ébréchés, toiles métalliques rouillées, boîtes de sardines en tas, le tout mêlé à un fouillis de ronces".
Aujourd'hui, tout est tiré au cordeau : trop propre, conclut son petit-fils, Adam, qui y vit, selon les termes de l'accord passé avec le National Trust par son père, Nigel.
mercredi 22 juillet 2009
Woodchurch
L'effet "carte postale" : vous êtes en voyage et les lieux portent en eux la quintessence de ce que vous attendez d'eux.
Une église entourée d'un ravissant cimetière, une petite maison posée sur le devant avec des mixed borders et des papillons, des dames à la voix haut perchée en train de préparer la décoration florale d'un mariage, des petits coussins en tapisserie commémorant l'anniversaire de mariage de la reine ou, comble du génie des lieux, représentant l'église elle-même. Bien sûr, non loin, il y a un terrain de cricket et un boucher tout droit sorti des années trente.




vendredi 17 juillet 2009
Vacances au château

Premier cahier. Dimanche.
La Boue. Le Lion de Belfort
Deuxième cahier. Lundi
L'eau. L'eau. 
Troisième cahier. Mardi.
Le feu. La cour du dragon

Quatrième cahier. Mercredi.
Le sang. Œdipe.

Cinquième cahier. Jeudi.
Le noir. Le rire du coq.

Sixième cahier. Vendredi.
La vue. L'intérieur de la vue.

Septième cahier. Samedi.
L'inconnu. La clé des chants.
"L'ennui en vacances peut être le meilleur stimulant de la création - surtout l'été, quand il fait trop chaud et que l'on ne sait à quoi s'occuper. Voyez Max Ernst en 1933. Est-ce une bonne idée d'aller passer trois semaines au château de Vigoleno, près de Piacenza ? L'invitation est tentante : l'antique castello médiéval avec tours et fresques, jadis fief de la famille Visconti, appartient alors à la duchesse Maria Ruspoli. On n'imagine pas plus chic que cette aristocrate amie des arts. La liste des invités de Vigoleno est glorieuse : le poète et agitateur Gabriele D'Annunzio, le pianiste Arthur Rubinstein, l'actrice Mary Pickford et même l'acteur Douglas Fairbanks, "The King of Hollywood" en personne.
Tout cela est parfait et on peut s'amuser à imaginer ce qu'aurait été la rencontre et la conversation de Fairbanks et d'Ernst sur un chemin de ronde ou dans un salon de marbres et de stucs - si elle avait eu lieu. Mais l'artiste dadaiste et surréaliste semble avoir passé l'essentiel des trois semaines dans sa chambre et dans la bibliothèque du château.
Dans la première, il travaille avec ce qu'il découvre dans la seconde. Celle-ci est riche en ouvrages du genre de ceux qu'Ernst préfère, les merveilleux gros volumes illustrés de planches en noir et blanc de la fin du XIXe siècle, récits de voyage, traités scientifiques, romans d'aventures, encyclopédies zoologiques ou botaniques."
Philippe Dagen. "Quand Max Ernst découpait les albums de la duchesse". Le Monde. 27 juin 2008
"Max Ernst. Une semaine de bonté. Collage originaux"
jusqu'au 13 septembre au musée d'Orsay
jeudi 16 juillet 2009
Objets narratifs

Tord Boontje. Armoire figuier. 2008
Une armoire arbre, un lit cabane, une chaise de princesse, un bateau baignoire, un tapis mare de sang. Des objets inventés autant pour être utiles et beaux que pour raconter des histoires.
Une tendance du design contemporain que le Victoria and Albert Museum met en lumière et en ombre dans l'exposition Telling Tales, Fantasy and Fear in Contemporary Design.

Niels van Eijk, Miriam van der Lubbe. Pantoufles taupes. 2004

Jurgen Bey. Linnenkasthuis. 2002
mercredi 15 juillet 2009
Morne plaine



Par la fenêtre, l'un des paysages les plus laids de France : plaine céréalière hérissée de lignes à haute tension, champs d'éoliennes, fermes hostiles, silos abandonnés, routes rectilignes, cités dortoirs.
Pouvait-il paraître plus beau à travers le petit trou poinçonné de mon billet de train ? Il m'a semblé que oui.
















