samedi 21 février 2009
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Une image empruntée aux Art Sparklets de Lizzie Ridout,
catégorie :"Visible pauses, hesitations, delays"
Immeuble berlinois : travelling et panoramique
1027. Plan général (extérieur jour)
Prise de vue aérienne. S'en détache la tour de télévision e Berlin.
Après un demi-cercle, la caméra survole le champ de foire
et se rapproche d'un alignement de vieilles bâtisses situées de l'autre
côté de l'autoroute qui traverse Berlin.
1028. Plan général à plan rapproché, intérieur jour
Dirigée vers le champ de foire et l'autoroute, la caméra
recule et pénètre par le fenêtre d'un appartement de construction
ancienne. Un jeune garçon, assis contre le dos d'un fauteuil,
regarde la télévision. Une femme aveugle relève la tête
comme si elle sentait la présence de l'ange (et de la caméra).
1029. Plan américain, intérieur jour.
(Travelling arrière). Partant d'une radio portative posée
sur un appui de fenêtre, la caméra pénètre dans une pièce
où une femme est occupée à poncer un mur.
Elle s'interrompt dans son travail et contemple son nouveau
royaume.
1030. Plan général à plan rapproché.
Un jeune homme en trench coat pénètre dans le salon
de sa mère morte. Des lettres et des photos sont étalés
par terre, toutes bien classées dans des cartons et des enveloppes.
Le jeune homme traverse la pièce et s'assoit dans un fauteuil.
La caméra se tourne vers un piano à queue, au premier plan, sur
lequel sont étalées des photos, parmi elles, un image de l'homme enfant.
1031. Plan américain à plan général. extérieur, intérieur jour.
La jeune femme qui vient de poncer le mur est maintenant appuyée à une échelle.
Elle fume. La caméra recule et sort par la fenêtre ans une arrière-cour tout en se dirigeant
vers le sol où quelques enfants jouent à chat. Puis elle remonte en panoramique vertical
et se dirige vers une fenêtre de la maison d'en face. De la musique bruyante sort de la pièce.
Un jeune homme est assis sur le bord de son lit et regarde fixement devant lui.
1032. Plan américain à plan rapproché. Intérieur jour.
(travelling et panoramique). La caméra part d'un porte munie d'une pancarte
"silence", d'où provient la musique bruyante du jeune homme et fait le tour
d'une pièce sombre où un homme d'un certain âge est assis devant la télévision,
perdu dans ses pensées. La caméra finit par s'arrêter juste dans l'axe du regard
du vieil homme, qui la fixe comme s'il s'agissait d'un poste de télévision.
1034. Demi-ensemble à plan américain. Intérieur jour.
(travelling et panoramique) La pièce avec le vieil homme devant
le poste de télévision, vue de l'autre côté, par-dessus l'épaule de '
l'homme qui arrête maintenant l'appareil avec la télécommande.
La caméra sort à reculons de la salle de séjour et se dirige vers la cuisine,
où la femme du vieil homme est assise à une table, en train de remuer son
café et de soupirer. Puis la caméra continue à reculer, jusqu'à la cage d'escalier
où se trouve encore un sapin dépourvu d'aiguilles et elle "traverse " le mur. ..
1035. Plan américain, intérieur jour.
(travelling)...pour se retrouver dans une pièce exigue où trois garçons
sont assis evant un poste de télévision, occupés à jouer à un jeu vidéo.
1037. Demi-ensemble, intérieur jour.
Une chambre d'enfant. Une mère est agenouillée devant le lit et fixe
une attelle à la jambe de son enfant handicapée.
La fillette se retourne d'un coup et fixe la caméra.
1038. Plan américain, intérieur jour.
Damiel qui sourit à la petite fille.
1039. Plan rapproché. Intérieur jour.
La petite file, qui regarde la caméra derrière ses verres de lunettes épais,
avec un grand et large sourire.
1041. Plan américain à plan général.
(travelling et panoramique) La fillette se redresse soudain et
regarde par la fenêtre. La caméra glisse le long de la jambe
qui porte l'attelle, vers les animaux en peluche posés par terre,
et passe ensuite en revue la caravane es animaux et des jouets,
jusqu'à la fenêtre : au dehors, une ambulance passe sur l'autoroute.
FONDU ENCHAINE.
Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin). Wim Wenders, 1987
Indications tirées du scénario publié chez Jade-Flammarion en 1988(tr. Bernard Eisenschitz)
Captures d'écran effectuées à partir du DVD édité par Arte vidéo
Immeuble parisien : profondeur


"Ma femme ne m'attend pas. Va-t-elle être contente ? "
Mises en scène parues dans le numéro de décembre 1830 et janvier 1831 de l'hebdmodaire satirique La Caricature de Charles Philipon, plus connu pour les caricatures de Louis-Philippe en forme de poire par Daumier.


Cinquième étage : ménage parisien
(illustration de Menut)
Division des arts graphiques de l'université de Princeton
jeudi 19 février 2009
Immeuble new-yorkais : verticalité
Peter Newell. The Rocket Book. New York : Harper & Brothers. 1912
Library of Congress
lundi 16 février 2009
Les yeux de Rosen



Trois illustrations de Jonathon Rosen autour de l'œil :
- un récent dessin pour un article du New York Times sur les larmes
The Muddled Tracks of All Those Tears (2 février 2009)
- l' œil de Katrina dans le journal d'Ichabod Crane pour le Sleepy Hollow de Tim Burton
- une illustration pour une édition spéciale du cahier Sciences du New York Times
consacré au sommeil accompagnée d'une vidéo
D'autres vidéos et projets ici
Une vieille robe de chambre

" Pourquoi ne l'avoir pas gardée ? Elle était faite à moi ; j'étais fait à elle. Elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner ; j'étais pittoresque et beau. L'autre, raide, empesée, me mannequine. Il n'y avait aucun besoin auquel sa complaisance ne se prêtât ; car l'indigence est presque toujours officieuse. Un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s'offrait à l'essuyer. L'encre épaissie refusait-elle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu'elle m'avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l'écrivain, l'homme qui travaille. A présent, j'ai l'air d'un riche fainéant ; on ne sait qui je suis.
Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d'un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l'eau. J'étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre ; je suis devenu l'esclave de la nouvelle.
Le dragon qui surveillait la toison d'or ne fut pas plus inquiet que moi. Le souci m'enveloppe.
Le vieillard passionné qui s'est livré, pieds et poings liés, aux caprices, à la merci d'une jeune folle, dit depuis le matin jusqu'au soir : Où est ma bonne, ma vieille gouvernante ? Quel démon m'obsédait le jour que je la chassai pour celle-ci ! Puis il pleure, il soupire.
Je ne pleure pas, je ne soupire pas ; mais à chaque instant je dis : Maudit soit celui qui inventa l'art de donner du prix à l'étoffe commune en la teignant en écarlate ! Maudit soit le précieux vêtement que je révère ! Où est mon ancien, mon humble, mon commode lambeau de calemande ?
Mes amis, gardez vos vieux amis. Mes amis, craignez l'atteinte de la richesse. Que mon exemple vous instruise. La pauvreté a ses franchises ; l'opulence à sa gêne.
O Diogène ! si tu voyais ton disciple sous le fastueux manteau d'Aristippe, comme tu rirais ! O Aristippe, ce manteau fastueux fut payé par bien des bassesses. Quelle comparaison de ta vie molle, rampante, efféminée, et de la vie libre et ferme du cynique déguenillé ! J'ai quitté le tonneau où je régnais, pour servir sous un tyran.
Ce n'est pas tout, mon ami. Écoutez les ravages du luxe, les suites d'un luxe conséquent.
Ma vieille robe de chambre était une avec les autres guenilles qui m'environnaient. Une chaise de paille, une table de bois, une tapisserie de Bergame, une planche de sapin qui soutenait quelques livres, quelques estampes enfumées, sans bordure, clouées par les angles sur cette tapisserie ; entre ces estampes trois ou quatre plâtres suspendus formaient avec ma vieille robe de chambre l'indigence la plus harmonieuse.
Tout est désaccordé. Plus d'ensemble, plus d'unité, plus de beauté."
Extrait des Regrets sur ma vieille robe de chambre ou avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune
de Diderot (1772)
PL. XIV du volume 38 de l'Encyclopédie, "Arts de l'habillement"
vendredi 13 février 2009
Textures

Une page arrachée à l'album "Textures and Objects" de Paintwithbrushes sur Flickr.
Si j'ai bien compris, il s'agit de fournir des supports pour des manipulations digitales. Les matières premières semblent toutefois bien plus belles que l'usage qui en est fait.
jeudi 12 février 2009
Victorian snapshots




Scènes londoniennes par Paul Martin, entre 1890 et 1905
En découvrant ces photos de Paul Martin sur Vintage Photographs, j'ai été saisie par l'exceptionnelle impression de vie qui s'en dégage. Ces Londoniens de la fin du XIXe siècle apparaissent non pas comme de rigides fantômes mais comme des hommes et des femmes en mouvement, marchant, courant, riant dans le flot de la grande ville. Certaines photos, comme celle du Caledonian Market avec ces jeunes garçons assis sur le trottoir entre ombre et soleil, donnent même la sensation de l'instant.
Certes d'autres photos de rue prises au XIXe siècle nous sont connues. Mais elles sont composées, soigneusement cadrées, voire mises en scène, à des fins commerciales comme pour le New York de la Byron Company ou à des fins politiques propres au réformisme social. Pensons aux quartiers pauvres de l'East Side de Jacob Riis ou aux rues de Londres de l'admirable Street Life in London (1877) de John Thomson et Adolphe Smith dont la photographie illustrant le chapitre" The Crawlers" est devenue une icône.
Si les photos de Paul Martin sont empreintes d'une telle spontanéité, c'est pour une raison très simple : elles n'ont jamais été posées mais toujours prises sur le vif grâce à appareil qu'il dissimulait sous son bras, camouflé en paquet, pour être précise un Facile de chez Fallowfield. D'un maniement aisé, cette ingénieuse boîte en bois ne nécessitait pas d'être ouverte pour le changement des plaques et un simple glissement de volet permettait de découvrir l'objectif .
Photographe amateur puis professionnel, graveur sur bois de formation, Paul Martin consacrait ses heures libres et ses vacances à sa passion, l'instantané, autrement dit "les gens et les choses tels que les voit l'homme de la rue". Dans son livre, Victorian Snapshots, il décrit le frisson d'excitation qui le parcourut la première fois qu'il prit en photo des gens sans être vu et le soulagement de ne pas être suivi par un petit gamin des rues ("street urchin") lui demandant de le prendre à nouveau : "Take me, guv'nor". Contre les hiérarchies de l'époque, qui plaçaient à leur sommet la photographie pictorialiste, pris dans les contraintes financières qui l'éloignaient d'une pratique luxueuse de la photographie, il revendiquait cette suprême liberté de ne pas contrôler ses sujets pour mieux se placer au plus près de la vie.



Le fonds Paul Martin est désormais la propriété de Getty Images
Attention : Vintage Photographs est un blog collectif russe [livejournal ] présentant des photos anciennes, privées ou publiques, presque toujours passionnantes mais certains envois ne sont pas exempts d'un voyeurisme complaisant (photos de camps, de prisonniers, de victimes du Ku Klux Klan, d'enfants morts entre autres)
mercredi 11 février 2009
Blossom

"Une voix si petite qu'elle aurait pu difficilement atteindre le deuxième étage d'une maison poupée", selon le mot du critique Whitney Balliett, une voix de lutin, une voix de porcelaine de Limoges, oui, une voix délicieuse vient de s'éteindre.
lundi 9 février 2009
Vol 295 pour Johannesburg

Quelque vingt ans après, d'une tragédie personnelle, Lyndi Sales a fait une œuvre polyphonique et poétique d'une grande puissance construite autour de la catastrophe aérienne du Helderberg : parti de Taïwan avec 140 passagers, dont son père, et 19 membres d'équipage, le vol 295 de la South African Airlines s'abîma au fond de l'océan Indien, non loin de Maurice, le 27 novembre 1987, dans des circonstances hautement controversées (selon certaines hypothèses, l'avion transportait des matières inflammables, en toute illégalité, compte tenu des sanctions internationales anti-apartheid). Aucun corps ne fut retrouvé.
Autour d'un matériau, le papier, et d'une technique de prédilection, le découpage et le collage, elle a construit des variations subtiles dans la répétition, qui déplacent le point de vue dans une discontinuité voulue.
C'est d'abord sous le signe du hasard, du destin, de la probabilité que Lyndi Salles a voulu placer son œuvre, établissant un parallèle entre les chances au jeu d'argent, les techniques de voyance et les risques de mort. D'où l'utilisation de deux corpus de papiers : l'un ramenant à la catastrophe elle-même ( coupures de presse, cartes géographiques, consignes de sécurité, cartes d'embarquement), l'autre au jeu ( billets de loterie, cartes à jouer, billets de banque).

Tous ces papiers ou presque, passés au découpage laser, sont nervurés, voire légèrement brûlés, comme soumis à une corrosion ultime. La métaphore du réseau est omniprésente et résonne d'accents lugubres.
Vaisseaux sanguins et capillaires pulmonaires des cadavres font douloureusement écho aux algues et coraux.

Ailleurs, les cartes d'embarquement ciselées dessinent les routes aériennes comme autant de chemins de vie entre un point de départ, la naissance, et un point d'arrivée, la mort.


Seules deux œuvres, peut-être les plus réussies, sont exemptes de nervures.
La première est un assemblage de 159 cerfs-volants (un pour chaque mort), recouverts d'images pieuses et votives variant au gré des origines des passagers, retenus par des ficelles rouges. C'est une référence directe à la tradition chinoise selon laquelle le chagrin de la personne endeuillée peut s'envoler dans le ciel pour laisser place à d'heureuses pensées.


La seconde, d'apparence très naïve, est une série de découpages colorés recréant des fonds sous-marins comme s'ils avaient été vus de l'intérieur de l'avion, à travers un hublot. Une manière pour Lyndi Sales de susciter l'image de son père vivant en même temps que de lui construire un tombeau ?


Photos issues du site de la Bell-Roberts Gallery
et de la Galerie Maria Lund
où les œuvres de Lyndi Salles sont exposées jusqu'au 8 mars
48 rue de Turenne, Paris IV







































