vendredi 30 mai 2008
Suspensions




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Couverture du 33 tours de Come To Milton Keynes du Style Council.
Buanderie de la Maison Autrique, Bruxelles.
Giuseppe Crespi. La chercheuse de puce. Musée des Offices
Réserves du Bath Museum of Costume, via Ulla
François Kollar (?), salle des pendus, vestiaire de mineurs.
Paravent à décor de kimonos de type tagasode
"Beauté, à qui sont ces manches". Musée Guimet.
Boutique Polux, Mott Street, New York
Pièce de Martin Margiela automne-hiver 97/98
exposée dans le cadre de Rrripp-Paperfashion, Atopos, Athènes


Arthur Hughes, Beauty and the Beast. Peter Nahum at Leicester Galleries
Dessin d'inspiration warholienne, origine inconnue

Une photo de Tim Walker
que vous retrouverez à l'expostion Pictures
au Design Museum de Londres
lundi 26 mai 2008
Une sieste

Raghu Rai.
Un conducteur de rickshaw faisant la sieste
au marché de Jama Masjid à Delhi
2005.
Magnum photos
vendredi 23 mai 2008
Bond bound

Les couvertures dessinées par Michael Gillette pour l'édition du centenaire de la naissance de Ian Fleming chez Penguin Books. (Sortie le 28 mai, jour de sa naissance)
Un style inspiré des génériques des films de Maurice Binder, tout en contraste avec la couverture du premier James Bond, Casino Royale (1953), imaginée par Ian Fleming et louée pour son “exquisite symmetry and absolute chastity”.

Ian Fleming aimait à contrôler l'imagerie de son univers. A la fin des années cinquante, il demanda à Richard Chopping , recommandé à sa femme par Francis Bacon, de dessiner les couvertures des éditions reliées. Pour ces aquarelles en trompe-l'oeil d'une parfaite anglicité, le peintre dut travailler sous la férule d'un Ian Fleming "charming but horrid".




Bangkok Rare Books
En 1957, il commanda à John Mc Lusky le portrait de son héros en vue de la publication en bandes dessinées dans un quotidien. Pour les adaptations cinématographiques, il accepta à regret de voir Sean Connery (ancien camionneur et écossais) incarner sa créature - il lui aurait préféré David Niven - pour ensuite y voir l'acteur idéal, au point d'inventer dans ses romans un père écossais à 007.

"First name: JAMES. Height: 183 centimetres; weight: 76 kilograms; slim build; eyes: blue; hair: black; scar down right cheek and on left shoulder; signs of plastic surgery on back of right hand ; all-round athlete; expert pistol shot, boxer, knife-thrower; does not use disguises. Languages: French and German. Smokes heavily (N.B.: special cigarettes with three gold bands); vices: drink, but not to excess, and women. Not thought to accept bribes Fight with tenacity and has a high tolerance of pain.'" Données issues d'un dossier secret soviétique dans From Russia with Love.
Fleming mourut en 1964, son dernier et treizième ouvrage publié fut Octopussy, en 1966, toujours avec une couverture de Chopping. De son vivant, le succès immense de ses romans avait cependant vite fait émerger un marché de l'édition de poche, sous les auspices de Pan Paperbacks, avec des couvertures d'un style profondément différent, ancré dans l'imagerie populaire des pulps. Au-delà des logiques commerciales, était-il allé jusqu'à façonner leur apparence comme une façon de marquer l'écart entre l'élite et les masses ?


Edition reliée (1960) et édition de poche (1962) de For Your Eyes Only.
Toujours est-il que juste après son décès, les couvertures des poches changèrent de façon radicale, ressemblant davantage aux éditions originales. Le nom du héros occupait désormais presque toute la couverture. James Bond n'avait du reste plus besoin de Fleming pour vivre, d'autres se chargeraient de ses aventures et couvertures.

Bond Bound : Ian Fleming and the Art of Cover Design.
The Fleming Collection, Londres
Jusqu'au 28 juin.
voir { feuilleton }
mercredi 21 mai 2008
Art de la reprise

Patène :
Rome, Ier siècle avant ou après JC, ou Bas-Empire (?);
Monture: Cour
de Charles le Chauve, 2e moitié du IXe siècle;
Trésor de l'abbaye
de Saint-Denis. Musée du Louvre
"Art de la reprise : remplois, détournements, assemblages". C'est le titre du colloque qui aura lieu au Louvre le 23 et 24 mai prochains. Là seront explorées, à partir de cas historiques spécifiques, les façons dont un même objet peut être réutilisé pour former une autre entité, par simple assemblage, montage ou réagencement. Un exemple fameux de cet art est le vase égyptien que Suger, abbé de Saint Denis, fit enchâssé dans une monture en or à figure d'aigle, avec l'inscription :
"Cette pierre méritait d'être sertie dans l'or et les pierres
précieuses. Elle était de marbre, amis ainsi, elle est plus précieuse
que le marbre". Recontextualisations, recyclages, déplacements de sens, détournements d'usage, frontières de l'authenticité et remise en cause de la notion d'auteur seront tour à tour invoqués.
La question du remploi sera aussi posée à travers un cycle de films, avec notamment la pratique des stock-shots (images empruntées à des documents d'archives, documentaires ou fictionnels, et réinsérées dans un autre métrage) illustrée par l'hallucinant Turkish Star Wars.

La Madone Sixtine repise par Kurt Schwitters dans son
Wenzel Kind
lundi 19 mai 2008
Nuages


Schreiber, 1892
Planches de théâtres de papier issues du très beau site Geheugen van Nederland (Mémoire des Pays-Bas)
via Agence Eureka
vendredi 16 mai 2008
Métamorphoses d'un lieu


Me délectant des charmants décors de l' adaptation sucrée d'Orgueil et Préjugés de Joe Wright, je regardais les bonus inclus dans le DVD avec les lieux choisis pour le tournage. Pour Longbourn, la demeure des Bennet, Groombridge Place, un manoir jacobéen en briques dans le Kent. Un détail intriguant : sur le carreau d'une fenêtre, l'une des filles des anciens propriétaires avait gravé à la fin du XVIIe siècle "si vous lisez ceci, souvenez-vous de moi". Mes recherches d'une photo ont été vaines. Mais j'ai découvert que ce manoir était loin d'être inconnu puisqu'y a été tourné Meurtre dans un jardin anglais (The Draughtsman's Contract), quelque vingt-trois ans auparavant par Peter Greenaway. Méconnaissable. Il est vrai que dans un cas, le manoir est simple décor de ce qui se veut reconstitution historique et que, dans l'autre, il est le personnage principal d'une intrigue où l'artifice est poussé loin de tout souci de vraisemblance.

Les portraits de la demeure de la main de Mr Neville
mercredi 14 mai 2008
Monsieur Personne

Quelques pages de Monsieur Personne, premier album et chef d'œuvre de l'illustratrice polonaise Joanna Concejo, traduit aux éditions du Rouergue après avoir été publié l'année dernière par le découvreur de talents Topipittori.

Quelques images de son exposition "Attorno al giardino" à Bologne, ici
Un autre livre, Grand et Petit, vient de paraître à l'Atelier du poisson soluble.
Ses dessins pour Lignes nues et Transparences de Rafaël Concejo, là.
Merci à Anna
lundi 12 mai 2008
Phantom

Pendant deux ans, l'artiste écossaise Alison Watt a peint dans un studio installé au sein de la National Gallery. Artiste en résidence, elle a pu assouvir sa passion pour l'acte de peindre chez les maîtres anciens et exercer sa fascination pour la représentation du tissu en peinture. Petite fille, son père l'avait emmenée devant le portrait de Madame Moitessier par Ingres : elle avait été happée par les effets de texture du tissu, dont les reliefs et les anfractuosités contrastaient tant avec la peau lisse et glacée du modèle. Elle a poursuivi son cheminement avec le Saint François de Zurbaran et le portrait de Jacobus Blauw de David.
Chaque jour, elle s'est absorbée dans la contemplation des vêtements dans les tableaux, jusqu'à ce qu'ils lui paraissent séparés de ceux qui les portent, détachés de tout ancrage historique, comme animés d'une existence propre les propulsant dans la non figuration. Six mois lui ont été nécessaires pour commencer à affronter sa peur de peindre. Deux ans pour déployer sept tableaux gigantesques (de plusieurs mètres de hauteur) où, à travers les infimes nuances de l'ocre, du jaune de cadmium, du terre de sienne, elle a exploré les limites entre le matériel et l'immatériel - plis, nœuds, vides, replis, creux - jusqu'à se sentir entièrement enveloppée dans la toile. L'écouter parler de la peinture comme expérience physique est un régal.

Détail de Pulse et Phantom © The National Gallery, London.
Courtesy Alison Watt / Ingleby Gallery, Edinburgh.
Exposition "Phantom" jusqu'au 29 juin à National Gallery
La Traversée des faux plis

Née de la rencontre d'une marionnettiste, Mélanie Mazoyer, et d'une chorégraphe, Edwine Fournier, La Traversée des faux plis modèle " à travers les explorations de chaque matière étendue, comme des masques à l’échelle du corps, une danse porteuse de ce qui se cristallise à l’abri des replis du linge : les faux plis,le passé, les histoires et les espoirs de chacun."
Inspiré du maître-livre de l'ethnologue Yvonne Verdier Façons de dire, Façons de faire. La laveuse, la couturière, la cuisinière, (Gallimard, 1979), le spectacle est construit autour d'un immense étendoir à linge, "deux femmes au bord de la rivière du quotidien, brassant, lavant, essorant tous ces petits coins de vie qui se glissent entre les plis. Deux femmes sur les montagnes de plis cherchant le juste repli ; jusqu’à se laisser déployer par les vagues de l’âme. Deux femmes sur l’échelle d’une journée, d’une vie. La femme du dehors, du quotidien et de ses petites manies ; celle du dedans et de ses insomnies».
Les costumes sont de Manon Gignoux, qui connaît comme nulle autre les secrets du linge.
Représentations le 15 mai et le 16 mai au théâtre de la Cité internationale, à Paris,
dans le cadre de la septième édition des Scènes ouvertes à l'insolite.
jeudi 8 mai 2008
Pièges de verre

Piège à rongeurs, 2007
Maïssa Toulet élabore des boîtes hermétiquement closes mais toujours transparentes. Fermées et ouvertes tout à la fois. Elle n'y cache nul secret, elle n'y scelle nul trésor ; elle ordonne pour l'éternité de menus objets, selon des logiques empruntées aux dispositifs muséographiques et aux pratiques votives. La vue sans le toucher.
Que nous donne-t-elle à voir que nous ne saurions atteindre ? Ne s'agirait-il pas de l'activité de la pensée même, de son mouvement saisi pour toujours. Plus que des univers miniatures ou des collections, des cages à rêves, des pièges à associations d'idées, des prisons pour pensées fugitives. Il ne nous reste plus qu'à imaginer le bonheur de celui qui les trouvera intacts.

Prisonniers, 2007
"Dans les murs on avait creusé des cavités où étaient posés des vases de verre transparents remplis d'alcool coloré ou d'une fumée bleutée. Sur le sol, il y avait deux grands coffres de verre placés l'un en face de l'autre qui excitèrent immédiatement sa curiosité. En s’approchant de l'un d'eux, il vit à l'intérieur une belle construction semblable à un château entouré de dépendances, d'écuries et de granges, ainsi que d'une foule d'autres choses de ce genre. Tout était petit mais exécuté avec infiniment de soin et d'élégance et paraissait sculpté par une main habile avec une extrême précision. Il aurait contemplé‚ encore longtemps ces merveilles si la voix ne s'était pas à nouveau fait entendre. Elle l'engageait à se retourner et à regarder l'autre coffre de verre. Quel ne fut pas son étonnement d'y voir une jeune fille de la plus grande beauté ! " Extrait du Cercueil de Verre des frères Grimm.

L'atelier de Maïssa se situe
89, rue de Charonne dans le 11ème arrondissement à Paris.
Si vous voulez prendre rendez-vous avec elle,
vous pouvez la contacter à cette adresse : mtoulet@yahoo.fr,





















