Le Divan Fumoir Bohémien

Placé sous le patronage du Prince Florizel de Bohème, héros de Stevenson, ce blog se veut flânerie dans une boutique hétéroclite où le curieux pourra déambuler dans des rayons divers et variés, se reposer, s'absorber et se sustenter.

lundi 12 mai 2008

Phantom



phantomi


Pendant deux ans, l'artiste écossaise Alison Watt a peint dans un studio installé au sein de la National Gallery. Artiste en résidence, elle a pu assouvir sa passion pour l'acte de peindre chez les maîtres anciens et exercer sa fascination pour  la représentation du tissu en peinture. Petite fille, son père l'avait emmenée devant le portrait de Madame Moitessier par Ingres : elle avait été happée par les effets de texture du tissu, dont les reliefs et les anfractuosités contrastaient tant avec la peau lisse et glacée du modèle.  Elle a poursuivi son cheminement avec le Saint François de Zurbaran  et le portrait de Jacobus Blauw de David.

Chaque jour, elle s'est absorbée dans la contemplation des vêtements dans les tableaux, jusqu'à ce qu'ils lui paraissent séparés de ceux qui les portent, détachés de tout ancrage historique, comme animés d'une existence propre les propulsant dans la non figuration. Six mois lui ont été nécessaires pour commencer à affronter sa peur de peindre. Deux ans pour déployer sept tableaux gigantesques  (de plusieurs mètres de hauteur) où, à travers les infimes nuances de l'ocre, du  jaune de cadmium, du terre de sienne,  elle a exploré les limites entre le matériel et l'immatériel - plis, nœuds, vides, replis, creux - jusqu'à se sentir entièrement enveloppée dans la toile. L'écouter parler de la peinture comme expérience physique est un régal.


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   Détail de Pulse et Phantom © The National Gallery, London.
Courtesy Alison Watt / Ingleby Gallery, Edinburgh.

Exposition "Phantom" jusqu'au 29 juin à National Gallery

Posté par florizelle à 14:04 - carton à dessins - Commentaires [6] - Permalien [#]

La Traversée des faux plis

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Née de la rencontre d'une marionnettiste, Mélanie Mazoyer, et d'une chorégraphe, Edwine Fournier, La Traversée des faux plis modèle " à travers les explorations de chaque matière étendue, comme des masques à l’échelle du corps, une danse porteuse de ce qui se cristallise à l’abri des replis du linge : les faux plis,le passé, les histoires et les espoirs de chacun."

Inspiré du maître-livre de l'ethnologue Yvonne Verdier Façons de dire, Façons de faire. La laveuse,  la couturière, la cuisinière, (Gallimard, 1979), le spectacle est construit autour d'un immense étendoir à linge, "deux femmes au bord de la rivière du quotidien, brassant, lavant, essorant tous ces petits coins de vie qui se glissent entre les plis. Deux femmes sur les montagnes de plis cherchant le juste repli ; jusqu’à se laisser déployer par les vagues de l’âme. Deux femmes sur l’échelle d’une journée, d’une vie. La femme du dehors, du quotidien et de ses petites manies ; celle du dedans et de ses insomnies».

Les costumes sont de Manon Gignoux, qui connaît comme nulle autre les secrets du linge.



Représentations le 15 mai et le 16 mai au théâtre de la Cité internationale, à Paris,
dans le cadre de la septième édition des  Scènes ouvertes  à l'insolite.


 

Posté par florizelle à 00:02 - Scènes - Commentaires [2] - Permalien [#]



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