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Canopy, 1958



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Red Umbrella, 1957


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Walking with Soames (sa compagne d'une vie), 1957


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Cracks, 1957

"Fragments de souvenir d'un monde inachevé", c'est ainsi que Saul Leiter désigne ses propres photos. Devenu célèbre tardivement, sous l'étiquette de  "pionnier de la couleur",  il cultive la modestie et l'indifférence à l'égard d'un succès qui a mis fin à ce qu'il appelle le "privilège d'être ignoré",  après une belle carrière de photographe de mode où il s'est distingué par son absence affichée d'ambition. Dans son appartement, entre ses gouaches aux couleurs acidulées et ses dessins, des cartons en pagaille recèlent des centaines et des centaines de photos non développées et des diapositives. Une accumulation de moments, de sensations pour la plupart captés dans sa ville d'adoption, New York, dans le flux de ses activités quotidiennes, souvent juste en bas de chez lui.

Ressentir l'harmonie du monde sur le coin d'un trottoir en attendant le bus, tout le monde en a fait l'expérience. Condenser ce moment fugitif en une image, peu y sont parvenus. Simplement, Saul Leiter est une sorte d'athlète du regard, qu'il a exercé d'abord en contemplant des centaines et des centaines de livres d'art à la bibliothèque de l'université de Pittsburgh.  "Je crois que j'ai appris à regarder ce que les autres ne voient pas, à réagir aux choses. J'ai regardé le monde pas vraiment préparé à quoi que ce soit".  C'était aux textes, aux mots que son enfance l'avait préparé : son père rabbin souhaitait ardemment voir ses fils faire des études théologiques et prendre sa suite. Pour Saul Leiter, il en fut tout autrement  : une déception irrémédiable pour ses parents.

Souvent, il insiste sur le caractère non intentionnel de ses cadrages, très particuliers mais absolument pas formalistes ou  systématiques. Saul Leiter dit n'avoir jamais vraiment rien attendu, il a laissé les choses advenir, aimant à leur découvrir a posteriori un sens. Mais une chose est sûre, le souci de la beauté l'a toujours aiguillonné.

"Je dois avouer que je ne suis pas un admirateur du moche. J'ai beaucoup de considération pour la beauté. Elle est plaisante ! Certains photographes pensent qu'en traitant de la misère, ils s'attaquent à quelque chose de profond. Je ne crois pas que la misère soit plus profonde que le bonheur" (extraits d'une interview avec  Sam Stourdze)

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Pour accompagner ces photos, Lonely Woman d'Ornette Coleman, un morceau que Saul Leiter avait choisi pour la première grande retrospective qui lui a été consacrée : " In Living Color" au Milwaukee Art Museum.


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Times Square, 1950

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Saul Leiter à la Fondation Cartier-Bresson,

17 janvier-13 avril 2008

Un étage consacré au noir et blanc, le deuxième à la couleur,
ainsi qu'à ses peintures et travaux pour la presse

Les épreuves sont pour un tiers des tirages modernes.



toutes les photos proviennent du site de la Howard Greenberg Gallery,
qui a entrepris un énorme travail de  classement de ses  oeuvres .