mercredi 21 novembre 2007

De l'art de cacher les vêtements dans les murs

doubletfr

Ceci est ce qui reste d'un pourpoint du XVIIe siècle, trouvé caché dans les murs d'un magasin de pompes funèbres à Reigate,  dans le Surrey. Il prend place aux côtés de toutes sortes de pièces d'habillement (chaussons de bébé,  tricornes et feutres divers, corsets, col de costumes marins, bonnets d'enfant, étoffes ) collectées à la faveur du Concealed Garments Project, lancé  en 1999 par le  Textile Conservation Centre de l'université de Southampton. Toutes semblent se rapporter à une pratique en cours depuis le Moyen-âge consistant à cacher des vêtements à l'intérieur de caches creusées dans les murs, en guise de talismans pour protéger les foyers.

Pour les historiens du costume, ces trouvailles sont des trésors inestimables : les vêtements de la Renaissance ou même du XVIIe siècle conservés jusqu'à nos jours sont ceux des plus riches. Là, ce sont au contraire les vêtements les plus humbles, portés et usés jusqu'à la corde,  qui s'offrent à leurs investigations, recouverts de la poussière des siècles et de la crasse du labeur. C'est presque à partir d'une boutonnière  que Sue Stanton, conservatrice à l'Ashmolean Museum, a pu reconstituer le pourpoint dont il ne restait que des lambeaux, à la manière d'un Cuvier déduisant tout  un squelette d'une seule dent. Là le fil d'un ourlet, le début d'une couture, le tissage grossier du lin, le fragment d'un emmanchement, les restes d'un lacet sont plus précieux que les broderies aristocratiques d'un pourpoint de duc ou de comte.








Via Scribblingwoman

Posté par florizelle à 00:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur De l'art de cacher les vêtements dans les murs

    Un velours vert mousse? Emouvant, il reste un côté macabre qui me gène un peu, même si je sais bien que ce n'était pas un vêtement trouvé dans une tombe...

    Posté par Delphine, mercredi 21 novembre 2007 à 09:16 | | Répondre
  • Très émouvant car c'eût été sans doute l'habit de la majorité d'entre nous.

    Posté par lasourceauxbois, mercredi 21 novembre 2007 à 09:16 | | Répondre
  • Comme ces témoins m'émeuvent, l'histoire du quotidien est plus palpable au travers de ces restes que nul autre objet !

    Posté par Pascale, jeudi 22 novembre 2007 à 10:57 | | Répondre
  • ça me rappelle l'histoire du frêne du jardin de mes parents, qui après avoir perdu une moitié de son arborescence, a "rendu", sans doute par des mouvements de racines pour se rééquilibrer (c'est ma théorie), un reste de chaussure sous la forme d'une semelle en cuir percée de traces de petits clous et quelques lambeaux de cuir encore accrochés. Vu son état et ses détails de fabrication, la chaussure n'avait pas plus de 50 ans selon une tante connaisseuse. Mais quel souvenir que cette découverte lorsqu'un ami allongé sous l'arbre s'est trouvé gêné par ce "caillou" sous sa tête… et l'arbre n'a rien rendu depuis.
    (encore une histoire d'arbre…

    Posté par sissi, jeudi 22 novembre 2007 à 13:57 | | Répondre
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