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Déception au musée du quai Branly devant Jardin d'amour,  l'installation de Yinka Shonibare. Nous l'imaginions, certes naïvement, en plein air : elle est plongée dans un clair-obscur aux néons au rez-de-chaussée du musée. D'interminables haies de plastique, ne formant pas même un labyrinthe, mènent à trois petits groupes, inspirés de la série Les progrès de l'amour de Fragonard. Le wax est toujours là, dans sa splendeur, avec ses effets de motifs et ses alliances de couleurs virtuoses mais cela a beau être une création, Shonibare semble se répéter, jusqu'aux explications qu'il donne dans le mince catalogue à propos de l'utilisation des tissus. Il indique également que, référence au sort de l'aristocratie sous la Révolution, les têtes ont été ôtées ( mais c'est le cas de la plupart de ses oeuvres précédentes ) pour suggérer de manière "plus subtile" (sic) que derrière les bonnes choses du jardin, " il y a un problème". Il s'agit pour lui d'amener le public à réfléchir afin de lui "faire comprendre qu'il y a toujours un prix à payer pour le plaisir" et de l'inciter à cesser de "jouer de la lyre pendant que Rome brûle".  Au cas où vous n'auriez pas  compris : passez vite les grilles du jardin et foncez voir les masques de Nouvelle-Irlande.


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Fragonard. Le couronnement de l'amour. Frick Collection, New York.

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