Le Divan Fumoir Bohémien

Placé sous le patronage du Prince Florizel de Bohème, héros de Stevenson, ce blog se veut flânerie dans une boutique hétéroclite où le curieux pourra déambuler dans des rayons divers et variés, se reposer, s'absorber et se sustenter.

mercredi 31 janvier 2007

Fantômes de photographies

Né à Minsk en 1935, Boris Zaborov a quitté l'Union soviétique en 1978, où il menait une carrière de graphiste et de scénographe. En Europe occidentale, il découvre la photographie ancienne et commence à travailler autour de ses meurtrissures pour peindre des portraits : enfants,vieillards, adolescents, familles prennent la pose devant un objectif aveugle, fantômes de leur propre image,  évanouie à l'instant même de la prise de vue et désormais piégée sur l'avers de la toile.


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chapeaux


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mardi 30 janvier 2007

Fluides

"Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l'occultisme est agité par un débat opposant les adeptes du spiritisme à ceux de l'animisme. Les premiers sont persuadés que les phénomènes occultes trouvent leur origine dans l'au-delà, tandis que les seconds considèrent qu'ils résultent du pouvoir des médiums. Cette opposition favorise l'émergence d'une deuxième catégorie iconographique, après celle des esprits : la photographie des fluides. Celle-ci consiste à fixer, sans appareil, sur la seule plaque sensible, les fluides émanant du médium : la force vitale, l'âme, mais aussi les pensées, les émotions, ou les rêves. S'il est possible de faire remonter ce type d'expériences au début des années 1860, c'est surtout au tournant du siècle que la photographie fluidique se développe en se revendiquant de la légitimité scientifique des recherches sur les rayonnements : la radioactivité et les rayons X. En France, certains opérateurs tentent ainsi de photographier leur énergie vitale ou leurs pensées en apposant simplement sur la plaque sensible leurs doigts ou leur front. Malgré les multiples réfutations d'experts, démontrant que les traces obtenues ainsi ne sont en fait que des artefacts photographiques dus aux conditions mêmes de l'expérience, ces tentatives pour enregistrer le fluide humain perdurent tout au long du XXe siècle. "

cf Le troisième oeil, la photographie  et l'occulte. Exposition à la Maison européenne de la photographie. novembre 2004-février 2005 et au  Metropolitan Museum of Art.

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Le médium Stanislawa P. face à un phénomène de matérialisation, vers 1913
Institut für Grenzgebiete der Psychologie und Psychohygiene e.V, Freiburg

© Albert von Schrenck-Notzing

Dans le même temps, au tournant du siècle, plus précisément entre 1899 et 1901, Etienne-Jules Marey lance avec une redoutable ingéniosité une série d'expériences scientifiques sur les volutes de fumée : traînes, sillages, expansions, danses changeantes rendent désormais perceptible, avec la capture du mouvement de l'air, un nouvel univers de formes. C'est ainsi qu'il peut saisir le fluide deplacé par un battement d'aile d'oiseau, après avoir fixé quelques années auparavant, grâce à son fusil photographique, le mouvement lui-même de l'aile.

 

 

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Etienne-Jules Marey. Images obtenues grâce à une soufflerie aérodynamique. vers 1900

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lundi 29 janvier 2007

Blanc

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Adriano Cecioni. Interno con figura. Roma, Galleria nazionale d'arte moderna.


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Edmund Tarbell. Across the Room.

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Adolf von Menzel

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Philip Connard. Un matin de mai. Musée d'Orsay.

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Harold Gilman. The Kitchen. Wales Museum of Art.

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Elisabeth Nourse. Les volets clos. Musée d'Orsay

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E. Saglio. La buanderie. Musée des Beaux-Arts de Lille.

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Edmund Tarbell

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Felix Valloton. L'armoire. Coll. privée.


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Adolf von Menzel. Neue Pinakothek, Munich

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Peter Ilsted.

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William Orpen. The Night. National Gallery of Art, Washington.

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samedi 27 janvier 2007

L'étalement des choses en tableau

MGhagebutte MGSalz MGbuersten
 

MGkacheln MGspaghetti MGkumme

MGmarmelade MGBMGhandtuch

 MGBenzin MGtellerstapel MGhefeansatz 

 

Posez votre main sur la  sauterelle, elle vous guidera de ravissements en ravissements dans le monde poétique de Maria Grossmann. Styliste indépendante allemande, elle travaille à des mises en scène de natures mortes à Berlin, Hambourg ou  Paris, pour des magazines de grande diffusion ou de luxueuses revues confidentielles.


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MGeichenlaub


MGpanetone

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vendredi 26 janvier 2007

Dans le boudoir de Tinker Bell

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A quoi rêvent les petites filles ? Peut-être d'avoir un boudoir aussi beau que celui de la Fée Clochette.

"It was rough and simple, and not unlike what baby bears would have made of an underground house in the same circumstances. But there was one recess in the wall, no larger than a bird-cage, which was the private apartment of Tinker Bell. It could be shut off from the rest of the house by a tiny curtain, which Tink, who was most fastidious , always kept drawn when dressing or undressing. No woman, however large, could have had a more exquisite boudoir and bed-chamber combined. The couch, as she always called it, was a genuine Queen Mab, with club legs; and she varied the bedspreads according to what fruit- blossom was in season. Her mirror was a Puss-in-Boots, of which there are now only three, unchipped, known to fairy dealers; the washstand was Pie-crust and reversible, the chest of drawers an authentic Charming the Sixth, and the carpet and rugs the best (the early) period of Margery and Robin. There was a chandelier from Tiddlywinks for the look of the thing, but of course she lit the residence herself. Tink was very contemptuous of the rest of the house, as indeed was perhaps inevitable, and her chamber, though beautiful, looked rather conceited, having the appearance of a nose permanently turned up. "

JM. Barrie. The Adventures of Peter Pan. Chapter 7. The Home under the Ground.

"  C'était simple et sommaire et non sans ressembler à ce que des bébés ours auraient fait d'une maison souterraine dans de pareilles circonstances. Mais il y avait un recoin dans le mur, pas plus grand qu'une cage à oiseau, qui était l'appartement privé de Tinker Bell. Il pouvait être séparé du reste de la maison par un minuscule rideau que Tink, dans sa grande prudence, gardait toujours tiré quand elle s'habillait ou se déshabillait. Aucune femme, si grande fût-elle , n'aurait pu avoir un boudoir-chambre à coucher plus exquis. Le divan, comme elle l'appelait toujours, était un authentique Queen Mab, avec des pieds galbés.  Son miroir était de style Chat botté , dont seuls trois exemplaires intacts sont connus des antiquaires pour fées ; son meuble de toilette, aux bords chantournés, était réversible, sa commode du plus pur style Prince Charmant VI, la descente de lit et les tapis de la première époque (la meilleure) Margery et Robin.  Il y avait aussi un lustre Jeu de puce, juste là pour son allure, mais bien sûr, c'était elle-même qui éclairait sa demeure. Tink méprisait hautement le reste de la maisonnée, ce qui était en fait inévitable, et sa chambre, bien que belle, paraissait quelque peu apprêtée, comme si elle avait toujours l'air pincée ".

Eh bien, je peux leur dire où se procurer les plus délicieux meubles de fée du monde. Qu'elles aillent en Amérique, sur les bords de l'océan Pacifique, frapper à la porte  de la Sunflower House de Mrs Debbie Schramer, Fairy dealer. Elles auront peut-être la chance de dégotter le dernier exemplaire existant du miroir Chat-botté.   



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jeudi 25 janvier 2007

Erasme et la Lettre volée

Rendons hommage au merveilleux travail éditorial de la Maison d'Erasme, située à Anderlecht, ex rure Anderlaco, dans l'agglomération bruxelloise. J'appelle plus particulièrement votre attention sur le Glossarium Fragantiae, que Nicolas Krauss a rédigé pour expliquer les termes latins contenus dans le Parfum de Süsskind, le Hortus Erasmi , vade-mecum du visiteur du jardin philosophique et surtout Erasme ou l'éloge de la curiosité à la Renaissance, cabinets de curiosité et jardins des simples, passionnant et superbement mis en page.


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Une horticulture transcendantale

Ces ouvrages sont, pour la plupart, publiés  en collaboration avec l'audacieuse maison d'édition belge  La Lettre volée.

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mercredi 24 janvier 2007

Un ange part

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In memoriam Solveig Dommartin : 29 juillet 1958- 11 janvier 2007

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Jacques Hondelatte, architecte du merveilleux

A l'occasion de la publication des deux volumes d' Extra-Muros, architectures de l'enchantement, de Patrice Goulet et Brigitte Borsdorf ( Cité de l'architecture et du patrimoine/Editions Archibooks), mon attention a été attirée par les réalisations de l'architecte Jacques Hondelatte, mort en 2002, marquées par une imagination jubilatoire. Il est en particulier  le père,   avec le groupe Epinard Bleu, de la notion d' " objets mythogènes "   destinés à peupler des lieux aussi divers qu'une mairie, une   station thermale ou des logements collectifs. Parmi sa trentaine d'oeuvres, en voici deux spécialement réjouissantes.

L'appartement Cotlenko ou une caverne d'Ali Baba moderne


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Rien ne distingue ce petit immeuble du quartier des Chartrons à Bordeaux. Pourtant, dès qu’on pénètre dans l’appartement  du premier étage, la surprise est grande. A gauche, on trouve un grand salon typiquement néo-baroque XIXème, aux murs et  aux plafonds moulurés avec cheminée de marbre, et, à   droite, une sorte de jardin d’hiver (une ancienne cour couverte) au plafond des années 30, baigné d’une lumière égale et merveilleuse. Cette enfilade d’espaces - le salon  bourgeois, le hall d’entrée exotique, le jardin d’hiver-  aboutissent sans prévenir à un grand et très simple  volume caractérisé par la présence d’objets  inattendus qui semblent avoir atterri là comme par hasard, mais néanmoins avec précision et exactitude. Là, un long plan de travail qui s’écarte du mur auquel il s’adosse ; ici, une cage de verre qui perfore sol et plafond dont on comprend immédiatement  qu’elle renferme l’ascenseur qui relie comme une broche tous  les étages dont elle révèle la présence. Là  encore, un volume biseauté jaillit du rez-de-chaussée pour  mieux y conduire. Il contient un escalier qui, d’un trait, descend  vers un espace dont on ne sait s’il s’agit d’une cave (mais  il y a trop de lumière) ou du vrai niveau du sol (mais alors, pourquoi  la pièce du haut donne-t-elle sur un jardin) ? Dans l’ascenseur, trois boutons indiquent les étages qu’il   dessert : 22, 45, 67. Ainsi quand on le prend pour gagner ce qui n’est, bien entendu, que le rez-de-chaussée ou le second étage, on peut s’imaginer grimper au ciel comme dans un gratte-ciel ! Toute  l’architecture de Jacques Hondelatte est dans cet artifice. Changer ces chiffres ne coûtait rien, mais l’effet était foudroyant : ainsi, les actes les plus insignifiants peuvent-ils introduire le “  merveilleux ”.

Cet appartement est magique comme une caverne d’Ali-Baba où se télescoperaient styles et périodes. Cas rare, ce n’est pas seulement l’espace qui est étonnant, mais aussi les objets qui ont trouvé ici leur place, sculptures, tissus, vanneries venus   d’Afrique et d’Extrême-Orient, choisis avec un goût  très sûr par le propriétaire.

Une visite plus approfondie conduit au rez-de-chaussée, auparavant un chai, qui joue, aujourd’hui, parfaitement son rôle de coulisses,  transformé et rendu habitable par quelques micro-interventions,  alors que subsiste l’impression que rien n’a changé.  Les murs n’ont pas perdu leur tanin simplement fixé par une  couche de vernis mat, de grandes plaques de métal y introduisent des lueurs inattendues (elles cachent des locaux techniques et guident vers l’ascenseur dont la cage, en verre, attrape la lumière de l’étage supérieur). La lame de l’escalier, sans contremarche, laisse apercevoir le jardin bas créé  par la démolition d’une section de la dalle soutenant le jardin suspendu qui prolonge le séjour.
L’état des lieux après travaux est si naturel que personne  n’imagine une seconde qu’il a fallu tailler dans la masse pour  mettre à nu ce diamant. Il faut remonter le temps pour comprendre ce qu’Hondelatte a réussi ici, se souvenir des lieux tels   qu’ils existaient, sombres et clos, pour apprécier son habileté.  Sans la faille taillée dans la dalle de béton qui avait  remplacé la toiture du chais, le rez-de-chaussée seraittoujours une cave ; sans la démolition des cloisons côté  cour, jamais le soleil n’aurait illuminé l’enfilade des  pièces.

in Extra-muros n°003. Institut Français d'Architecture. Exposition « La caverne d’Ali-Baba », Institut Français de Düsseldorf.


Les dragons de Niort


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Christian Goubet

A Niort, en 1992, pour empêcher les voitures de stationner dans le centre-ville commerçant, il imagine quatre dragons dont la queue serpente sous l'asphalte.


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Papiers néo-gothiques

Signalons dans le numéro de février 2007 de World of Interiors cinq superbes constructions néo-gothiques, faites de papiers peints.


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stylisme : Jessica Hayns ; photo : Bill Batten

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mardi 23 janvier 2007

Frail Bodies and Other Fantasies of the Black Hole of Reason

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Voici le titre de ce dessin de  Rina Banerjee, très remarquée lors de la dernière Frieze Art Fair de Londres et actuellement  exposée à la galerie Nathalie Obadia,  à Paris.
 


canne

Tongues_Reach

Copie_de_Rina_Banerjee_Sulfur_Flower_2006

taj_vert

rina_banerjee

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Une installation de l'exposition Yankee Remix, au Massachussets Museum of Contemporary Arts
ou comment l'Occident s'est amusé à "jouer à l'Inde"


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